Pour lors, après quelques mois de pouvoir, Macronaparte 1er s'appelle encore Emmanuel MACRON... Mais il est probable que la confrontation aux dures réalités en fasse, avant la fin du quinquennat, un Emmanuel... MICRON !

En attendant, les Normands se voient affligés d'un nouveau spectacle consternant les concernant puisqu'ils sont aux premières loges: un nouveau ballon d'essai  est actuellement envoyé dans le ciel déjà bien encombré de la prospective nationale! Il s'agit, plutôt, de l'énième tentative de regonflage d'une vieille baudruche couverte de rustines d'un Grand Paris courant à la mer, ou, si l'on veut, un "MACRON-PARIS" gonflé à l'hélium de la flatulence verbale avant qu'il ne devienne... MICRO tout en se dégonflant faute de finances car notre nouveau Napoléon pratique un néo-jacobinisme sans moyens réels: il n'y a pas pire illégitimité politique que celle qui procède d'une posture autoritaire qui n'a pas plus le pouvoir d'agir ou de se faire craindre.

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Il y a des mongolfières plus sympathiques que la baudruche du Macron-Paris: la mongolfière du milliardaire américain Forbes, figurant un célèbre château normand, vole ! Pas celle du "président des riches"...

Lundi 16 octobre 2017, dans son discours introduisant la réunion plénière du conseil régional de Normandie à Caen, Hervé Morin l'a rappelé avec fermeté: l'Etat central jacobin, pyramide complexe, empêtrée dans sa complexité, avec, à son sommet, un chef phraseur (un "diseux" comme on dit chez nous) sans moyens réels d'agir, ne marche pas.

Le moment politique girondin est donc venu: celui de confier le pilotage, le gouvernement et le financement des grands enjeux nationaux de la France aux territoires où ces enjeux se déploient avec les acteurs qui les mettent concrètement en oeuvre.

73 ans après les ruines de la Libération, 60 ans après une reconstruction et une nationalisation dans une division régionale aux conséquences désastreuses qui a confondu l'intérêt général normand avec l'intérêt général parisien sous prétexte que Paris c'est la France et la France c'est Paris, les Normands qui pourraient être les organisateurs du rayonnement de la France maritime, en ont marre !

Les Normands ne veulent plus être les enfants d'un paternalisme jacobin parisien maltraitant:

Le moment d'un "laissez nous faire" des Normands est arrivé !


L'Etoile de Normandie vous propose de lire l'analyse une fois de plus très pertinente proposée par Yves Loir, président de l'Union pour la Région Normande au sujet de l'Axe Seine et du Grand Paris diffusé aussi par la feuille d'informations Normandie XXL:

http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2519

Normandie parisienne : la continuité Macron …met la Normandie en grand péril

Dernière mise à jour 17/10/2017 Le grand Paris de Grumbach va jusqu'au Havre...dès lors clap de fin pour la Normandie

Idées. Le 23 octobre Emmanuel Macron présidera la conférence territoriale du « Grand Paris », un projet qu’il entend reprendre en mains et dont les limites géographiques « mangent » la Normandie. Le « Grand Paris inclut volontiers l’Eure et la Seine-Maritime dans l’Ile-de-France, autrement procède à un dépeçage de l’intégrité normande. Si telle était l’option retenue, Hervé Morin, Président de la Région, n’hésite pas à dire « qu’il faudra sortir les fourches et les faux, car une telle hypothèse est totalement inacceptable ». En attendant Yves Loir de l’Union pour la Région Normande vous permet de comprendre la genèse de cette folle histoire. G.B.

Il y a près de deux ans, le 16 janvier 2015 le « Délégué interministériel au développement  de la Vallée de la Seine », François Philizot , flanqué des préfets de « basse » et de « haute » Normandie présentait publiquement ce qu'il est convenu d'appeler le « Schéma stratégique Vallée de Seine » document qu'il avait été chargé de rédiger le 22 avril 2013 par le Premier Ministre de l'époque J.M Ayrault. A la lecture de son contenu, il apparaît que le véritable intitulé du document aurait du être le suivant «  Comment dissoudre l'ex « haute » Normandie (Seine maritime et Eure) dans une néo région dominée par Paris » et ce, à une échéance fixée par le délégué lui même puisque le sous-titre du « Schéma » précisait que celui-ci constituait «  Un projet de développement à l'horizon 2030 ».

Dépendant directement du Premier Ministre donc de l'Etat, on aurait pu croire que celui-ci mettrait au moins les moyens, notamment financiers, pour réaliser les équipements qui intéressaient au premier chef la Normandie et qui étaient formellement listés et promis par le « Délégué » dans le Schéma (pages 51-52) , entre autres : la LNPN « opération déclarée prioritaire par le Premier ministre (…) qui permettra une interconnexion directe et rapide entre les différents pôles d'emploi, de recherche et d'innovation et garantira la dé saturation de l'axe ferroviaire historique » (p.51), « l'accès fluvial à Port 2000 pour consolider la croissance des trafics » « les accès nautiques au port de Rouen grâce à l'arasement du chenal de navigation » ( p. 52) Le délégué promettait également la réalisation de la « Liaison A28 / A13 avec la desserte de plateformes logistiques multimodales du Sud de Rouen » (contournement routier de Rouen). Concernant cette infrastructure le « Schéma » précise que « Cette opération est déclarée d'intérêt national retenue comme prioritaire par le Premier ministre en juillet 2013  améliorera les conditions d'accès du port de Rouen (…) et facilitera les échanges avec les autres territoires nationaux et européens en particulier pour les flux nord- sud » (p. 52)

L'ensemble des équipements promis par le  « Délégué interministériel » dans le « Schéma » requérait un besoin de financement de plus de 10 milliards d'euros suivant une évaluation de Philippe Duron dans le cadre de la Commission « Mobilités 21 » qu'il présidait (juin 2013).

Face à ce besoin de financement pour des équipements déclarés officiellement « d'intérêt national » et « prioritaire » quelle a été l'implication de l'Etat ?

La réalisation de la LNPN a été reportée aux calendes grecques par la prolongation indéfinie des « études » la concernant et qui devaient initialement se terminer fin 2015 selon la SNCF, ce report permettant à l'Etat de n'annoncer aucune implication de sa part dans son financement.

La facture du contournement de Rouen dont l'Etat a annoncé la mise en concession  (coût supérieur à 1 milliard d’euros) « d'intérêt national et européen » (voir plus haut) a été présentée aux Normands qui le paieront sous deux formes (subvention d'équilibre  à la société concessionnaire (50 % du coût global) + péages).

Quant aux équipements fluviaux nécessaires aux ports du Havre et de Rouen non seulement l'Etat n'a aucunement respecté ses promesses  mais il s'est défaussé de ses obligations financières envers les ports concernés  ainsi que l'a révélé un Rapport particulier de la Cour des Comptes concernant le port de Rouen.

Concernant le « Contrat de plan interrégional Etat régions » (C.P.I.E.R) qui devait constituer la « déclinaison » financière du « Schéma » selon ses propres termes, il ne faut pas hésiter à le qualifier de « farce » dans la mesure ou la plus grande partie des financements qu'il prévoit provient des régions elles-mêmes (dont les deux Normandie de l'époque) et marginalement de l'Etat : c'est en quelque sorte un « cadeau » que les Normands se font à eux-mêmes.

Bref, concernant « l'aménagement » de la Vallée de la Seine, l'Etat, par la voix du délégué interministériel, a beaucoup promis  mais ce sont les Normands qui paient.

La Normandie et l’alternance politique de 2017

Concernant l'Axe-Seine, sous quels auspices s'est ouvert le 6 mai dernier avec l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, le nouveau quinquennat ? Tout d'abord qu'est-il advenu du Délégué interministériel et de son « Schéma stratégique » ?

Un décret d'Emmanuel Macron du 29 juin 2017 maintient dans ses fonctions de délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine François Philizot et le reconduit dans celles de conseiller du gouvernement, cependant que le 30 juin les services du Premier ministre Edouard Philippe précisaient que Mr  Philizot poursuivait la mise en œuvre du « Schéma stratégique vallée de Seine »

Cette double reconduction est en elle même suffisamment éloquente de la volonté du nouveau président de s'inscrire dans la continuité du précédent quinquennat dans ce domaine mais depuis, d'autres signes sont intervenus qui confirment cette continuité. Peu après son élection, Emmanuel Macron réunissait le 16 juillet une « Conférence nationale des territoires » qui se veut une instance pérenne de « concertation » entre l'Etat  et les collectivités territoriales. La première de ces conférences a eu lieu le 17 juillet dernier au Sénat avec la présence d'Emmanuel Macron, la seconde de ces conférences aura lieu fin octobre et sera complétée par une conférence sur le Grand Paris.

Un projet de loi doit voir le jour début 2018 intégrant dans une loi les décisions de M. Macron dans ce domaine. Des « fuites » dans la presse nationale révèlent que dans le cadre de la réorganisation administrative projetée par Emmanuel Macron et notamment de la promotion de Paris-Métropole, le Grand-Paris, nouvelle version, intégrerait dans son périmètre d'influence la vallée de Seine normande dans une vision  coïncidant exactement avec celle  du « Schéma Vallée de Seine »  et dans la logique  du projet de l'Urbaniste Grumbach quelques années plus tôt.

Trois conséquences désastreuses pour la Normandie

La poursuite de la mise en œuvre du « Schéma vallée de Seine » aurait trois conséquences négatives majeures pour la Normandie :

1 une partie de la Normandie, celle circonscrite à la vallée de la Seine, se trouverait intégrée de facto à la région parisienne. Cet état de chose très néfaste en lui-même induit à son tour deux conséquences redoutables pour l'avenir de la Normandie :

Il reconstitue dans les faits la division normande du passé entre une « haute » Normandie,  « prolongement » (selon le propre terme du « Schéma ») de la région parisienne et l'ancienne « basse » Normandie qui en serait alors réduite à se tourner vers le Grand ouest ligéro-breton

3 Rouen, qui ambitionnait d'être, outre la métropole de la Normandie, celle du nord-ouest de la France, entre Lille et Rennes, redeviendrait une ville à statut de facto banalisé.

En effet, le précédent du Schéma d'aménagement de la Basse Seine (1969) première tentative de l'Etat pour intégrer la vallée de Seine normande dans la région parisienne a montré que l'Etat, à cette occasion, ne pouvait s'accommoder de l'existence pour la Vallée de la Seine d'une métropole autre que Paris: c'est pourquoi la DATAR (crée en 1963) décida d'exclure Rouen de la liste des métropoles dites « d'équilibre » qui, partout ailleurs en France, étaient destinées à faire contrepoids à l'hypertrophie parisienne.

Le même scénario se reproduit actuellement avec quelques variantes dans la forme. La lecture du « Schéma » de M. Philizot est révélatrice à ce sujet: alors que tout est prévu dans les moindres détails  sur ce qui doit être mis en œuvre dans le cadre de la future néo-région « Vallée de Seine » aucun mot, parmi les 80 pages du document  n'est consacré au statut de la métropole normande de Rouen, et pour cause:


 

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R. I. P. pour... ROTOMAGUS REQUIESCAT IN PACE


 La future néo-région en gestation « prolongement » de la région parisienne ne saurait comporter qu'une seule métropole, Paris.

La « dévalorisation » de Rouen, résultante de cet état de choses est bien entendu une des causes majeures de son décrochage parmi les métropoles françaises  constaté à travers toutes les études comparatives consacrées aux métropoles françaises depuis deux ans par des cabinets spécialisés. Il est vrai que ce « décrochage » est conforme au constat décrit comme une fatalité par le « Schéma Vallée de Seine » (p.17) selon lequel « le tissu économique normand se trouve fragilisé à plusieurs titres : surreprésentation des fonctions d'exécution et faiblesse des fonctions supérieures (…) Ces déséquilibres, évidents en ce qui concerne les activités industrielles sont aussi très marqués pour les activités tertiaires ».

Bien entendu, aucun point du « Schéma vallée de Seine » n'est consacré à la manière dont devrait être enrayé cet état de chose, et pour cause, puisque ce document implique que la métropole de la néo-région vallée de Seine comme cela vient d'être souligné sera bien entendu Paris.

Il est à noter que l'absence de véritable métropole normande apte à entraîner la Normandie comme cela se manifeste dans d'autres régions est un facteur d'affaiblissement pour la Normandie toute entière, que cette absence concerne Rouen (seule ville normande à avoir le statut officiel de métropole) ou une éventuelle métropole tripolaire Rouen-Caen-Le Havre telle qu'elle est préconisée par certains.

Ainsi il apparaît que la poursuite en 2017 par Emmanuel Macron et son gouvernement du projet engagé par l'Etat le 22 avril 2013 met en jeu en réalité, la pérennité même de la Normandie fut-elle réunifiée.

Le caractère néfaste de cette politique est de, plus en plus, perçu par divers élus normands.

Le « clap de fin » pour la Normandie ?

Il n'est pas douteux que la perspective peu gratifiante de n'être que le « prolongement » de la région parisienne avec les conséquences qui viennent d'être exposées suscite une opposition grandissante en Normandie.  La constitution de « Caen Normandie Métropole » regroupant les entités urbaines de Normandie occidentale en février 2015 depuis Alençon jusqu'à Cherbourg, quelques semaines après la présentation publique du « Schéma vallée de Seine » par M. Philizot a pris en compte, au moins partiellement, cette préoccupation.

Dernièrement, le 17 septembre, la puissante Communauté d'agglomération du Cotentin, forte de ses 132 communes et de ses 182.000 habitants (4e intercommunalité de Normandie) par la voix de son président, Jean Louis Valentin vient de rejoindre « Caen Normandie métropole ».

D'autres voix, en Normandie, se font entendre aujourd'hui. C'est ainsi que le Président du Conseil départemental du Calvados, Jean-Léonce Dupont a exprimé le 2 octobre 2017, après l'annonce des projets Macron, ses fortes inquiétudes quant au devenir de notre région en posant la question suivante « Déjà le clap de fin pour la Normandie ? » Après avoir rappelé les projets du Président de la République évoqués précédemment et leurs conséquences, Jean -Léonce Dupont conclut ainsi : «amputer la « jeune » Normandie de l'Eure et de la Seine Maritime reviendrait à reléguer le Calvados, la Manche et l'Orne dans les limites exactes de l'ancienne Basse Normandie .Est ce là une solution pour l'avenir et le développement de nos départements ? » Ce serait également – comme l'a souligne le Président du Conseil départemental du Calvados lui-même - « Le clap de fin pour la Normandie »

Les conditions d’un sursaut normand

Si nous ne voulons pas que la Normandie, après une prestigieuse histoire millénaire et les perspectives de renaissance que laissent entrevoir sa réunification récente, disparaisse, un puissant sursaut venant d'elle-même doit voir le jour. Il doit s'appuyer sur les points principaux suivants :

1 La région Normandie doit être le seul interlocuteur de l'Etat concernant l'aménagement de la Basse Seine. Les autres collectivités normandes (départements, agglomérations...) doivent donc reconnaître cette prérogative exclusive à la Région.

2 Le Schéma Vallée de Seine élaboré sous le quinquennat précédent à une époque où la Normandie était divisée en deux collectivités, doit être considéré comme CADUC pour deux raisons : il programme à terme la disparition  de la Normandie comme région autonome et bien identifiée et n'a pas été suivi d'un quelconque engagement  financier de l'Etat dans les équipements d'infrastructures de transport qu'il promettait pour la vallée de la Seine.

3 Dans ses discussions avec l'Etat concernant la Vallée de Seine, la Normandie doit avoir une stratégie propre s'appuyant notamment sur les atouts maritimes qui sont les siens notamment dans le domaine portuaire avec les deux grands ports du Havre et de Rouen. Afin d'optimiser ces atouts, la Normandie doit exiger de l'Etat (qui revendique d'une façon récurrente -au moins en paroles- une vocation maritime pour la France) une implication significative dans le financement de dessertes  massifiées (ferroviaires et fluviales) permettant l'accès des ports normands au cœur de l'Europe en contournant le cul de sac  parisien par le Nord ainsi qu'un mode de gouvernance décentralisée (s'inspirant du modèle hanséatique des ports du Nord)   allant à l'encontre de celle préconisée par Mr Philizot le 6 juin 2017 devant le CESER de l'Ile de France, selon laquelle l'Etat doit continuer à piloter les grands ports.

4 A partir de la définition d'une stratégie autonome pour la Normandie et partant du fait -nouveau- que la Normandie est réunifiée donc plus forte pour négocier avec l'Etat, établir avec celui-ci les conditions d'un dialogue équilibré tournant le dos au passé et faisant valoir les intérêts  normands.

Union pour la Région Normande - Caen le 16 octobre 2017

www.union-region-normande.com - contact tel. : 02 33 54 52 80-- 06 32 24 41 71

DOCUMENTS  DE  REFERENCE

-Décret n° 2013-336  du 22 avril 2013  relatif au délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine

-Schéma stratégique Vallée de Seine (2015)

-Contrat de plan  interrégional -Etat-régions (C.P.I.E.R) Vallée de Seine 2014-2020)

-Rapports sur les métropoles françaises ( Cabinet PwC- décembre 2015 –-France-stratégie -février 2017- Cabinet Arthur Loyd – octobre 2017

-« Le plan Valls-Philizot pour l'Axe-Seine : un marché de dupes pour la Normandie » 7 février 2016 -site : www.union-region-normande.com

-La  métropole rouennaise et la décentralisation – Contribution CESER – Haute Normandie- Mars 2014

-La Normandie- Une région sans métropole -Arnaud Brennetot- 2013

-L'axe Seine -65 ans d'études normandes – Revue « Etudes normandes » n°2 -2016

-Rouen, la métropole oubliée?- Coordination Yves Guermond- Ed. L'Harmattan- 2007


 Commentaire de Florestan:

LE GRAND PARIS NE MARCHE PAS.

IL FAUT OSER LE GRAND PARI NORMAND.

IL FAUT NORMANDISER L'AXE SEINE !