Au delà de la question mémorielle et historique de célébrer un nouvel anniversaire ici proposé par notre ami David NICOLAS l'excellent maire normand d'Avranches sur sa page Facebook que nous relayons bien volontiers ici même...

https://www.facebook.com/david.nicolas.58511?hc_ref=ARTC2j7uqOZS7RjMKoZ4MWEy8OuM_hMJYnr7Bl7FoNeOemknWSM230iMqm523ppDllc&pnref=story

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Il y a l'idée plus fondamentale d'une prospective et d'une réflexion stratégique de long terme qui s'impose pour le tout nouveau pouvoir régional normand: parce que précisément, la Normandie vient de loin, de très loin de par une géo-histoire aussi vieille que celle de la France, un pouvoir régional normand ne saurait se limiter, dans sa réflexion ou dans ses ambitions, qu'à la gestion du robinet "régional" dans la tuyauterie complexe d'un Etat central français officiellement... décentralisé. La Normandie est un objet politique massif sous utilisé, mal utilisé.

Depuis des lustres, il nous manque le "AR" du sigle "DATAR":

La "direction à l'aménagement du territoire": on voit assez bien de quoi il pouvait s'agir. Une autoroute par ci. Une centrale nucléaire par là. Et d'une manière générale: la promotion, par des délocalisations et des déconcentrations ciblées, d'un archipel de petits Paris de province reliés à Paris selon la logique de l'étoile qui remonte à "l'universelle araigne" qui a fait la redoutable réputation du Roi Louis XI réorganisant et réaffirmant le pouvoir central français après les épreuves de la Guerre de cent ans...

Quant à "l'action régionale": on voit hélas moins bien de quoi il pourrait s'agir lorsque la haute fonction publique parisienne rechigne aux transferts de compétence ou de finances vers les collectivités territoriales régionales, départementales, intercommunales et communales qui ont, pourtant, marqué les trente dernières années d'une authentique décentralisation et qui a permis, plus que tout autre politique publique de l'Etat central, le maintien sinon le progrès de la prospérité générale du pays.

Un chiffre: 70% de l'investissement public pour assurer le fonctionnement du présent et la préparation de l'avenir provient des collectivités territoriales qui ont l'obligation de bien utiliser l'argent de poche (la fameuse Dotation Globale de Fonctionnement) que leur alloue l'Etat central car, contrairement à ce dernier, les collectivités doivent voter des budgets en équilibre.

Le pacte de décentralisation est désormais rompu!

Aujourd'hui du sigle "DATAR" nous n'avons plus le "DAT" et encore moins le "AR". D'ailleurs, la DATAR n'existe plus, l'idéal d'un aménagement équilibré du territoire républicain ayant été sacrifié sur l'autel de la compétitivité et de l'adaptation du pays à la mondialisation.  Puisque le Monde fonctionne à partir d'un archipel de mégalopoles compétitives et concurrentielles, la France se doit de faire la même chose pour elle-même quitte à se trahir elle-même dans son essence même:

La France ne serait donc plus qu'un archipel urbain sur lequel concentrer les investissements pour tirer tous les territoires par une locomotive métropolitaine. Cette métaphore ferroviaire déraille rapidement dès que l'on observe le plancher des vaches tel qu'il est: c'est faire une grave erreur d'analyse du côté de la fumeuse et très orwellienne CGET (pour: "Commissariat Général à l'Egalité des Territoires" sic!) que de considérer que la France serait comme un convoi ferroviaire constitué de wagons inertes plus ou moins plombés qui ne bougeraient que par la force lointaine d'une métropole poussive qui tombe en panne aux approches de Paris alors que chaque territoire est doté d'un moteur qui pourrait faire que chaque territoire puisse être sa propre locomotive...

Là encore, la symbolique d'un logo dit tout:

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Les deux barres de l'Egalité font penser aux mors d'un étau dans lequel sont tenus prisonniers les territoires français, à moins qu'il ne s'agisse du plafond ou du plancher entre lesquels nous sommes tous condamnés à ramper...

En attendant la CONFERENCE GIRONDINE POUR L'EQUITE DES TERRITOIRES (CGET)...

C'est en Normandie que l'on met en place les premiers éléments d'une authentique politique publique de souveraineté régionale qui pourrait être constitutive d'un fédéralisme à la française aussi raisonné que raisonnable puisque l'art si français de la conversation porté jusqu'à la perfection au XVIIIe siècle, à la veille de la Révolution, était fondé sur le concours et la coopération de toutes les intelligences selon le principe que l'on est moins stupide quand on pense et agit avec les autres plutôt que seul: et à vouloir être trop solitaire dans la réflexion et l'action, l'Etat central français prend le risque de faire de Paris la capitale de la... bêtise !