Dans la perspective des prochaines des Assises de la Mer (ou de l'amer...) qui auront lieu en novembre 2017 au Havre en présence de son ci-devant maire désormais Premier ministre, Madame Elizabeth Borne, la ministre des transports, a passé sa journée du vendredi 27 octobre 2017 sur le port du Havre. Paris-Normandie, dans son édition du même jour, publiait un entretien exclusif avec la ministre dans lequel on apprendra surtout que le Premier ministre ne veut pas entendre parler ni de fusion des deux grands ports maritimes normands ni même de régionalisation de leur gouvernance, ces deux options qui sont proposées et défendues par Hervé MORIN président de la région Normandie qui souhaite, à juste titre, expérimenter non pas une Normandie utile parisienne mais un Axe Seine normand utile à la Nation.

Bois flotté

Bien entendu, à la lecture de cet entretien, on pourra constater que la langue de bois... flotte comme une épave entre deux eaux:

Par exemple lorsque la ministre nous demande d'arrêter de penser le pays "en terme de concurrence" quand est évoqué le Canal Seine Nord qui se trouve relancé grâce à une "gouvernance locale et un financement innovant et local" que l'Etat jacobin semble ne pas être disposé à accorder à Hervé Morin le Normand qui demande un droit à expérimenter pour "redynamiser" (sic!) HAROPA et un Axe Seine portuaire et logistique de plus en plus concurrencé par les ports du Nord de l'Europe malgré "une infrastructure routière efficace" (sic et re-sic! ). Quant à "renforcer l'efficacité de la desserte ferroviaire" on en sera d'accord: quand on est tombé à 4% des conteneurs débarqués au Havre qui transitent par la voie ferrée il y a, en effet, une belle marge de progression!

En outre, se prévaloir du Contrat de Plan Interrégional Etat Régions (CPIER) signé en 2014 et associé à un schéma stratégique pensant une Normandie utile "dans le prolongement" de la région parisienne est très inquiétant pour nos affaires normandes car cela signifie que les Normands devront s'offrir des cadeaux à eux-mêmes (la part de l'Etat dans un CPIER à 950 MILLIONS d'euros est de 300 millions à peine...) tandis que l'Etat central planifiera pour notre avenir et notre intérêt une Normandie vidée de sa substance!

Enfin, pour revenir à  l'enjeu politique du moment, à savoir, la régionalisation de la gouvernance des grands ports maritimes (question subsidiaire: y en a-t-il de trop en France?) on notera que la ministre pense "que les acteurs portuaires attendent que l'on travaille avec eux". Traduisons: ils aimeraient que le haut-fonctionnaire ingénieur nommé tous les trois ans en conseil des ministres à Paris à la tête du grand port maritime cesse d'ignorer ceux qui n'ont qu'une voix consultative au directoire portuaire.

On aurait envie de leur rétorquer:

Prenez vous-mêmes en mains la direction de votre port dans le cadre de la régionalisation proposée par Hervé Morin !

Mais il est vrai que lorsque le vent du large souffle un peu trop fort, le réflexe de confort consiste à s'attacher à une... borne. Jacobine de préférence!  Et tant pis si la borne jacobine soit aussi un boulet qui envoie l'économie maritime française par le fond si l'on doit faire le constat qu'un port municipal belge puisse être, à terme, le premier port français!

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Car à lire entre les lignes de cet entretien on en déduira qu'il n'y a qu'Hervé MORIN à vouloir prendre le large au Havre.

Le président normand a prévu de s'exprimer sur la question de la vallée de la Seine et son enjeu national portuaire en lien avec le Grand Paris, sujet existentiel pour la Normandie, le 15 novembre 2017.

Des consultations sont actuellement en cours pour préparer ce rendez-vous politique important qui sera la réponse normande à la feuille de route que présentera le président Emmanuel Macron le 6 novembre prochain quant à l'avenir du Grand Paris.

C'est ainsi que des parlementaires normands (tant à l'Assemblée Nationale qu'au Sénat) ont rencontré le président de région, mardi 24 octobre à Paris. Le même jour, Hervé Morin rencontrait, en soirée, la ministre des transports: la question de la régionalisation portuaire ne pouvait être qu'au menu de la rencontre... parmi d'autres sujets. Enfin, deux moments de consultation ont été organisés par la région à la demande d'Hervé Morin avec quelques grands décideurs de la société civile "normande"... Mais les échos qui nous en sont parvenus nous obligent à dire que l'on perd un temps précieux avec quelques grands boutiquiers qui se voient déjà en Normandie parisienne pour la continuité de la prospérité de leurs affaires actuelles: inutile de demander à un boutiquier de penser plus loin que le bout de son pas-de-porte!

Nous avons écrit dans une lettre récemment envoyée à l'adresse du président de région, que le moment était venu d'informer et d'associer plus fortement le grand public normand: face à certaines "élites" économiques aussi normandes qu'un boutiquier breton dans la Grand rue du Mont Saint Michel, il est grand temps d'élargir le soutien politique nécessaire à cette grande affaire de faire exister un enjeu national normand par une base plus... populaire.

Le moment est venu d'expliquer au grand public normand le projet politique normand.

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