On connait bien le proverbe normand: "mieux vaut un petit chez soi qu'un grand chez les autres".

On se souvient aussi que ce proverbe fut souvent utilisé par les localistes de tout poil opposés à la réunification de la Normandie craignant que le retour à la vraie Normandie ne soit surtout l'occasion de se perdre dans une "grande" Normandie avec la question sensible de redonner une fonction et un sens aux confins de notre région qui doivent se penser non pas comme des carpettes posées devant les régions ou les métropoles voisines mais comme des portes d'entrées normandes.

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Voici donc le cas du Tréport et de son port, là-haut, tout en haut de notre Normandie, dans ce pays du Petit Caux ancien pays normand du Talou d'une Normandie qui se poursuivait, jadis, sur l'autre rive de la Bresle avec la possession, quelques temps durant, du comté du Vimeu.

Aujourd'hui c'est le contraire: le Tréport est à ce point au Nord de la Normandie, placé si haut, qu'il se trouve, de fait, remisé dans la nouvelle région des "Hauts-de-France" puisque le port normand du Tréport dépend d'une CCI qui a son siège à Calais tandis que son avenir, notamment éolien, se décide âprement au conseil régional de ladite région: là-bas, à Lille, où l'on cultive l'art de la frite, le Tréport est devenue une pauvre patate chaude de la surenchère anti-éolienne.

Quoique l'on puisse penser de la pertinence économique, écologique et paysagère du projet de parc éolien au large du Tréport et il y a, légitimement, matière à débats pour que le projet soit sérieusement amélioré (les options des éoliennes flottantes ou d'un parc plus éloigné en mer n'ont pas encore été explorées), il est proprement SCANDALEUX que l'avenir du port du Tréport et d'une partie notable du littoral Normand fasse l'objet d'une bataille politicienne dans l'enceinte d'un conseil régional situé à Lille !

Cette lamentable affaire démontre, a contrario, le cauchemar territorial et politique qu'aurait été la création d'un grand machin néo-régional étendu du Mont St Michel à la frontière belge tel que l'avait désiré un certain Laurent Fabius au printemps 2014: raison de plus pour EXIGER que le pilotage du port du Tréport et de son avenir soit rapatrié en Normandie au sein de la structure de Ports Normands Associés.

Manifestement, la réunification de la Normandie n'est pas terminée!

Lire, ci-après, ces extraits de la Chronique de Normandie, n°513 datée du 6 novembre 2017... Edifiant! Et surtout: consternant!

 

Le Tréport 1

Le Tréport 2

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