09 novembre 2017

Le jacobinisme hautain ET le parisianisme méprisant ne doivent pas faire dérailler le SERQUEUX-GISORS!

Dans l'affaire d'intérêt national de la future ligne de fret ferroviaire Serqueux-Gisors indispensable au désenclavement du Grand Port Maritime du Havre, la question de la maîtrise d'usage du projet et de son acceptabilité sociale et environnementale est essentielle:

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Des efforts importants ont déjà été faits par la région Normandie présidée par Hervé Morin à l'égard du pays de Bray qui bénéficie d'un traitement de faveur comme jamais il n'avait pu en connaître sous la satrapie du très méprisant Le Vern ci-devant président d'une demi-région haut-normande pensée comme une carpette de la région parisienne.

Un contrat de développement territorial a été signé avec des facilités fiscales (zone franche rurale) pour les entreprises brayonnes, le serpent de mer de la déviation de Gournay en Bray est enfin financé par la région Normandie. Il est évident qu'il faudrait aller plus loin mais cela ne dépend plus directement de la bonne volonté de la région normande.

Car le point de désaccord principal des riverains et des élus brayons qui suscite leurs craintes et leur colère c'est le projet technique lui-même et l'insuffisance des dispositifs de compensation en conséquence de la suppression de nombreux passages à niveau pour d'évidentes raisons de sécurité qu'une actualité récente a tragiquement rappelées: les Brayons craignent, non sans raison, une coupure de leur territoire vécu avec des déviations routières trop longues pour contourner la voie ferrée et le manque de moyens aloués pour remplacer un maximum de PN supprimés par des ponts ou  des tunnels ou pour équiper les traversées villageoises par des écrans phoniques suffisants. On rappellera que "l'effacement" d'un seul PN coûte entre 3 et 13 millions d'euros...

Le problème n'est donc pas l'insuffisance de la bonne volonté d'Hervé Morin et de la région Normandie à l'égard des élus brayons. Le problème c'est l'arrogance des haut-fonctionnaires ingénieurs de SNCF Réseaux qui refusent de prendre au sérieux l'idée d'une maîtrise d'usage démocratique du projet qu'ils ont pondu en toute arrogance.

Tout le problème est là: la suffisance techno jacobine pourrait faire dérailler un projet d'intérêt général avec la complicité du mépris grand parisien pour les questions d'intendance et de logistique!

En effet, pour la conduite de ce projet, la Normandie ne peut que compter sur elle-même et sur un arbitrage favorable au plus haut sommet de l'Etat avec un maire du Havre devenu Premier ministre. Il y a plus d'un an, en septembre 2016, La région Ile de France avait décidé de ne pas participer au financement du Serqueux-Gisors à en croire cette archive du quotidien Le Parisien:

http://www.leparisien.fr/ableiges-95450/ligne-de-fret-serqueux-gisors-la-region-dit-non-07-09-2016-6101983.php

 Cela n'a pas pour autant empêché le projet d'avancer sur des voies que l'on espère bonnes puisque SNCF Réseau a décidé de renforcer ses équipes d'ingénieurs pour affiner plus encore l'insertion du projet dans les territoires traversés.

http://www.mobilicites.com/011-6578-Serqueux-Gisors-fait-un-pas-de-plus.html

Fret : un pas de plus vers le démarrage de Serqueux-Gisors

Le projet de modernisation d'une infrastructure tournée – une fois n'est pas coutume – vers le fret ferroviaire, Serqueux-Gisors, vient de franchir une nouvelle étape. SNCF Réseau a renforcé l'équipe d'ingénierie chargée de ce projet qui doit, en principe, être achevé en 2019.

Tandis que de grands projets d'infrastructures sont en suspens (Bordeaux-Toulouse, A45, canal Seine-Nord, etc.), un autre – moins médiatique et de taille plus modeste (295 M€ HT) – avance à petits pas.

Destiné à améliorer la desserte ferroviaire du port du Havre, le chantier de modernisation du tronçon de ligne Serqueux-Gisors a franchi une nouvelle étape. Setec, qui assiste le maître d'ouvrage SNCF Réseau, vient de désigner un autre acteur du secteur de l'ingénierie pour conduire l’ordonnancement, le pilotage et la coordination (OPC) des travaux.
 
"Edeis va assister, pendant trois ans, le maître d’ouvrage, SNCF Réseau, et Setec Organisation, mandataire de maîtrise d’ouvrage, dans les études d’exécution, les procédures administratives (procédures de consultation des entreprises et d’attribution des marchés de travaux) et les travaux de ce projet", a fait savoir ce groupe d'ingénierie français le 6 novembre 2017. Edeis ne précise pas le montant du contrat.
 
Le projet de modernisation de la ligne Serqueux-Gisors (double voie non électrifiée longue de 50 kilomètres) consiste à créer un itinéraire de fret alternatif à celui longeant la vallée de la Seine, et entièrement électrifié, avec un passage par Rouen et Mantes-la-Jolie.

Un plan de travaux annoncé
 
Les travaux, qui devaient initialement démarrer cette année pour s'achever en 2019, prévoient :
- la création d’un raccordement direct d’environ 1,5 kilomètre au sud de Serqueux entre les lignes Rouen-Amiens et Gisors-Serqueux ;
- l'électrification de la ligne Serqueux-Gisors ;
- la  suppression de passages à niveau et le rétablissement des liaisons ;
- la  mise en place d’une signalisation automatique et la création de postes de signalisation ;
- la mise en place de systèmes de télécommunication GSM-R ;
- la mise en œuvre de protections acoustiques.

Edeis, petit nouveau, n'est pas le plus connu des acteurs de l'ingénierie en France. Créé en 2016 et présidé par Jean-Luc Schnoebelen (ex-Ginger), l'entreprise est, en fait, l'héritière dans l'Hexagone du géant canadien SNC-Lavalin qui, après un scandale de corruption, a dû revendre une part importante de ses activités dans le monde. Ce sont deux acteurs français, le fonds Ciclad et la société de participation Impact Holding qui ont repris les actifs.

Spécialisé dans l’ingénierie ainsi que dans l’exploitation d’infrastructures et de bâtiments complexes, Edeis affiche un chiffre d'affaires de plus de 100 millions d'euros et emploie 1.000 collaborateurs. Ceux-ci sont répartis entre les 13 agences (en France et à Monaco) et le management d’infrastructures –18 aéroports en France et en Espagne, 2 trains touristiques dont le train de la Mure dans l'Isère que le groupe prévoit de rouvrir en 2020, un port de plaisance.

Marc Fressoz

 


Commentaires sur Le jacobinisme hautain ET le parisianisme méprisant ne doivent pas faire dérailler le SERQUEUX-GISORS!

    les travaux démarrent, au moins pour la portion normande, et sans que les bloqueurs ne puissent agir.
    http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/transports/les-travaux-de-modernisation-de-la-ligne-sncf-serqueux-gisors-vont-debuter-JG11423965

    Restera plus qu'à faire la suite, ce qui n'est pas gagné avec les pétitionnaires en tout genre.

    Posté par Marommix, 15 novembre 2017 à 12:26 | | Répondre
  • Serqueux - Gisors se prépare au fret
    Transportrail 20 novembre 2017

    La seconde phase des travaux de modernisation de l’axe Serqueux – Gisors a débuté. Après la reconstruction de la ligne, utilisée seulement par 4 allers-retours TER à la fréquentation maigrelette, le programme de l’opération est nettement plus consistant car l’enjeu est de toute autre nature. Il s’agit en effet de prolonger l’itinéraire alternatif pour le fret lié au port du Havre afin d’éviter l’axe Le Havre – Rouen – Mantes – Paris déjà fortement sollicité et lui-même concerné par d’importants travaux de renouvellement au cours de la décennie 2020, tout en évitant le détour par Amiens. L’objectif est donc de préserver l’accès ferroviaire au port du Havre.
    Projet controversé car les riverains ne voient pas d’un bon œil l’arrivée de trains de fret sur cet itinéraire jusqu’à présent paisible : la situation est plus critique en Ile de France où les élus du Val d’Oise ont été particulièrement mobilisés contre ce projet. Les recours n’étant pas suspensifs, les travaux débutent alors que le Tribunal Administratif ne n’est pas encore prononcé.
    Néanmoins, la modernisation de Serqueux - Gisors n’est pas exempte d’interrogations sur l’utilité réelle de cette ligne. Entre la capacité théorique et la capacité réelle, il y a un écart, d’autant plus important que les plages travaux ne sont pas cohérentes entre Normandie (de jour) et Ile de France (de nuit), et qu’il faudra composer avec la desserte Transilien entre Gisors et la Grande Ceinture (Val d’Argenteuil). Il n’est plus question de troisième voie entre Conflans Sainte Honorine et Argenteuil, et l’insertion de sillons fret risque d’être limitée : SNCF Réseau table au maximum sur 25 sillons, soit 12 par sens.
    Le projet, d’un coût de 250 M€, comporte naturellement l’électrification en 25 kV de la ligne, l’installation du BAPR en remplacement du Block Manuel, la création de protections acoustiques, mais aussi la restauration de l’ancien raccordement direct de Serqueux, qui permet aux trains arrivant du Havre via Motteville et Montérolier de rejoindre Gisors sans rebroussement. Malheureusement, le raccordement est curieusement configuré, à double voie certes, mais avec deux mini-tronçons à voie unique de part et d’autre, ce qui accentue la contrainte sur la capacité de cet itinéraire bis.
    Posté par ortferroviaire

    Posté par L'(Im)pertinent, 22 novembre 2017 à 14:35 | | Répondre
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