Cette évidence semble, de plus en plus, partagée: la formation professionnelle par alternance (apprentissage) serait l'une des solutions pour éviter que 25% de nos jeunes de moins de 25 ans ne soient au chômage. D'accord pour développer l'apprentissage mais pas à n'importe quel prix ou n'importe comment si, une fois de plus, les grosses pattes maladroites de l'état jacobin central parisien se mettent à piétiner ce dossier sensible.

L-apprentissage-fait-toujours-ecole-France_0_730_451

Avis aux raboteurs de Bercy ou aux haut-fonctionnaires du ministère de l'Emploi (donc du chômage) s'il s'agit seulement de ne faire que des économies ou de faire baisser des statistiques, c'est foutu d'avance!

Sachant qu'un tiers environ des contrats d'apprentissage signés sont abandonnés avant les trois premiers mois, il faut avancer avec prudence et raison sur ce sujet complexe par le nombre d'acteurs concernés (entreprises, CFA, lycées professionnels de l'Education Nationale, conseils régionaux et autres centres de formation professionnels). Comme il faut aussi, d'urgence, préserver la chronologie de la formation des adolescents qui ont de plus en plus de mal à obtenir les pré-requis les plus fondamentaux en matière de savoir et de savoir-être pour avoir la maturité nécessaire pour réussir dans la voie exigeante de l'apprentissage. (pas d'apprentissage réussi sans une solide formation initiale scolaire).

Cela ne vous surprendra pas mais ici, nous soutenons que cela devrait être aux conseils régionaux qui disposent de la connaissance territoriale, sociale et économique des bassins d'emplois d'être les chefs d'orchestre de l'apprentissage au service de l'intérêt des jeunes en formation et donc au service des entreprises du territoire régional.

Mais cela ne vous surprendra pas non plus d'apprendre que cette idée de bon sens n'est pas reçue ni entendue dans les hautes sphères élyséennes de l'Etat central jacobin: Macronaparte 1er, tout à son prurit néo-jacobin avec des conseillers branchés directement sur la radio du MEDEF, a donc tranché...

http://www.europe1.fr/economie/le-plan-du-gouvernement-pour-reformer-lapprentissage-3488021

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/030849745695-francois-asselin-le-circuit-de-financement-de-lapprentissage-doit-etre-efficace-2129140.php

Le pilotage de l'apprentissage sur les territoires sera confié aux... entreprises et non pas aux régions que l'on continue de percevoir à Paris, au mieux comme des guichets qui financent des politiques publiques sur lesquelles elles n'ont aucun droit de regard, (cela explique pourquoi d'ailleurs ces politiques ne marchent pas correctement). Au pire: les régions et les autres collectivités territoriales participent de ce millefeuille territorial qu'il faut presser au maximum pour en tirer le maximum si l'on en croit la pensée complexe pratiquée du côté de Bercy.

Soyons-en sûr, tous les éléments sont réunis pour aller tout droit vers un nouveau fiasco  "à la française", c'est à dire, typiquement jacobin!

"Vivre et travailler au pays!"

 

 Les régions proposent un "laissez-nous faire" girondin qui serait plus efficace pour la bonne et simple raison qu'un contrat d'apprentissage se fait avec un jeune du pays dans une entreprise du coin pour travailler sur le plancher des vaches dans la petite ville d'à côté...

https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/formation-la-fronde-des-regions-5365505

 

Formation : la fronde des Régions

Elles veulent piloter l’ensemble des enjeux liés à la formation. Et font 18 propositions pour piloter ce dossier majeur au plus près des besoins des territoires et des entreprises.

 Pas d’opposition droite gauche. Sur le dossier de la formation, ce serait plutôt jacobins contre girondins. Les Régions de France font bloc. Elles viennent de remettre 18 propositions au gouvernement sur le sujet. Leurs craintes : voir l’État confier aux branches professionnelles une partie des responsabilités qu’elles assument aujourd’hui.

« Avant, on parlait de carnet de commandes avec les chefs d’entreprises. Aujourd’hui, on parle des compétences et de leurs difficultés à recruter », explique François Bonneau président délégué des Régions de France

Il défend la gestion de ce dossier au plus près des bassins d’emplois. Parmi les propositions : la mutualisation des plateaux techniques des CFA et des lycées professionnels. « La Région est l’interface naturelle entre la formation et l’emploi », souligne de son côté Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France. Preuves à l’appui. Comme avec ce contrat de performance passé avec les CFA. « Nous avons 8 % d’apprentis supplémentaires cette année. Je n’ai pas envie que ça s’arrête. » De la même façon, elle explique comment 24 bassins d’emploi ont été déterminés dans sa Région. Son inquiétude : « Qu’on nous pique ce qui marche. Et qu’on nous laisse ce qui ne marche pas. On a l’impression que ce gouvernement n’est pas lucide sur la fracture territoriale. Je crains d’assister à une reprise en main par l’État jacobin. »

Les 18 propositions des Régions

1) Intégrer les missions d’orientation scolaire, d’information sur les métiers et sur les évolutions de l’emploi, de conseil dans les missions du service public régional.

2) Renforcer l’information sur l’offre de formation en apprentissage en direction des familles et des jeunes au collège comme au lycée, accompagner le tutorat des jeunes ; ouvrir la possibilité pour les collégiens d’effectuer leur stage de 3dans les CFA sans contrat d’apprentissage.

3) Confier aux Régions l’organisation de la totalité de l’offre de formation professionnelle initiale, dans les voies professionnelles et technologiques y compris les BTS et licences professionnelles.

4) Etre plus réactif pour accompagner les besoins des apprentis et ceux des entreprises.

5) Reconnaître aux Régions un droit à l’expérimentation en matière d’apprentissage pour unifier les aides et primes aux employeurs d’apprentis.

6) Promouvoir une répartition transparente et juste des ressources en matière d’apprentissage.

7) Renforcer les mutulaisations entre CFA et lycées professionnels pour les plateaux techniques.

8) Renforcer l’alternance en valorisant l’articulation entre le lycée professionnel et l’entreprise.

9) Confier aux Régions le pilotage de la formation des demandeurs d’emploi pour réduire les coûts de gestion et être plus efficace.

10) Mettre en place un pacte pluriannuel d’investissement compétences ainsi qu’une contractualisation avec l’État pour les objectifs stratégiques.

11) Définir des contrats d’objectifs régionaux avec chaque branche professionnelle pour adapter l’offre de formation, recenser les emplois non pourvus

12) Simplifier. Aujourd’hui, plus de 21 schémas différents sont recensés sur les champs de la formation et de l’emploi.

13) Expérimenter le pilotage par les Régions volontaires des fonctions de Pôle emploi consacrées au conseil et à l’accompagnement vers l’emploi.

14) Prendre en compte les futurs bacheliers ultramarins dans leur désir de mobilité vers des voies profesionnelles et technologiques.

15) Mobiliser les crédits du grand plan d’investissement pour faciliter les candidatures en BTS des lycéens de la voie professionnelle.

16) Étendre les dispositifs d’accompagnement appelés Passeport Mobilité Étude (PME) et Passeport Mobilité Formation (PMFP) en incluant la prise en charge des mineurs souvent très brillants mais aujourd’hui exclus de ce dispositif d’accompagnement de l’État.

17) Développer la formation ouverte à distance pour atténuer les conséquences liées à l’enclavement de certaines parties du territoire.

18) Soutenir plus fortement les collectivités d’Outre-mer dans leur action en faveur de la lutte contre l’illettrisme.

Voir aussi:

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/030846619592-reforme-de-lapprentissage-les-regions-reclament-les-pleins-pouvoirs-2128543.php


 Commentaire de Florestan:

La région Normandie avait candidaté pour expérimenter le pilotage intégral de la formation professionnelle, de l'orientation et de l'apprentissage sur la base d'une connaissance fine des besoins et des urgences identifés dans l'ensemble des bassins d'emplois de Normandie: cette connaissance fine de l'intérêt général normand est portée par le conseil régional de Normandie. Mais les Jacobins de Paris et leurs représentants "en régions" estiment qu 'il est inutile de s'en prévaloir car ils sont plus intelligents que nous puisqu'il est inutile de passer son CAP en alternance pour devenir major de l'ENA ou inspecteur des finances!