Il paraît que le "Clapotis" est une bonne adresse... Sur la plage de Sainte Adresse.

le-clapotis

Mais le clapotis de Monsieur Edouard Philippe au carré des Docks du Havre valait-t-il franchement le déplacement? D'autant que l'on sent une certaine lassitude pour ne pas dire davantage des acteurs du monde maritime et portuaire pour ces grandes messes qui ne débouchent sur rien. On vous épargnera donc la peine de nous lire davantage car vous connaissez nos analyses et notre position bien résumée dans les paroles de la comptine enfantine suivante... à destination de quelques Parisiens qui n'ont pas vu un navire de haute mer depuis longtemps:

"Maman, Maman les petits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes? Mais non mon gros bêta s'ils n'en avaient pas ils ne marcheraient pas."

 https://www.youtube.com/watch?v=C7cX1OeLLQQ

Il y a une semaine, Hervé Morin nous proposait de rompre les amarres de l'infantilisation paternaliste d'un Etat central parisien qui ne sait pas ce que c'est que le grand commerce maritime mondial. Edouard Philippe veut nous garder au port. Un port d'attache dit-il d'ailleurs. Un port surtout attaché à l'Etat comme un navire peut l'être à un corps mort... A moins qu'il ne s'agisse d'un boulet pouvant l'entraîner par le fond!

On trouvera sous le lien suivant, (Christophe Preteux, journaliste de Paris-Normandie) un premier aperçu des annonces faites au Havre en cette matinée du 21 novembre 2017 par son ci-devant maire qui préférant l'amont à l'aval est aujourd'hui Premier ministre à l'hôtel de Matignon à Paris sur la rive gauche de la Seine. Et on a envie de dire que l'on ne saurait trouver la solution à un problème en en reproduisant les causes.

A savoir:

La confusion funeste entre un corridor ou un axe coincé entre un terminal portuaire havrais et un terminus parisien d'un hinterland qui devrait être plus vaste et exister en tant que tel depuis un pilotage havrais et normand. 

Le tour de force du port d'Anvers c'est quoi?

C'est qu'un port municipal belge puisse devenir LE port principal d'une mégalopole de 12 millions qui se contrefiche du commerce maritime: on ne saurait savoir tout faire ou tout contrôler.

Vérité au delà du Pas-de-Calais, erreur en deça: le provincialisme portuaire c'est une bonne blague belge qui fait concrètement 4 fois plus de trafic qu'une grand messe jacobine techno au Havre.

Edouard Philippe qui sait nager en eaux troubles se fait flottant entre deux eaux. Les ports vont rester dans le "giron de l'Etat" (on retrouve l'infantilisation) "et en même temps" (la devise du nouveau régime) on daignera accorder un strapontin plus large et plus confortable aux acteurs portuaires et à la région qui a le droit de financer mais pas de décider.

Un ancien préfet de la Saône et Loire sera chargé de nous faire humer le grand air du large d'ici février 2018: un rapport de plus va s'entasser dans la sous-pente de l'hôtel de Matignon. Il est probable qu'on y retrouvera, édulcorées, des idées qui furent plus vives et plus fortes lorsqu'elles furent exposées par le président de région normand qui a fait savoir que si le port du Havre devait rester dans son actuel marasme d'ici quatre ans, on ne pourrait lui reprocher de n'avoir pas tout tenté pour qu'il en soit enfin autrement.

Il faudra un dialogue, sinon un rapport de force au sommet entre Morin le girondin et Macron le jacobin qui avait pourtant laissé la porte ouverte au début de l'été 2017 à l'idée de laisser les collectivités territoriales innover et expérimenter les meilleures solutions pour relancer l'industrie et créer des emplois: il semble que la caste des hauts-fonctionnaires de l'Etat ait eu raison de l'ambition de celui qui à défaut d'être l'arbitre suprême de notre monarchie républicaine, reste, avant toute chose, l'un des leurs...

En attendant, tant que ce rapport de force ne sera pas clairement tranché, il semble évident qu'Hervé Morin ne saurait accepter de devenir le président d'un grand machin institutionnel pilotant l'Axe Seine (c'est la carotte que l'Etat central lui tend si l'on lit entre les lignes de ce que nous rapporte le journaliste de la Chronique de Normandie à lire ci-après): ce serait présider à un pâté d'alouette normande avec un gros cheval parisien dedans!

Si vous en avez le courage, l'intégralité de la prose lyrico-primo-ministérielle est à lire sous le lien suivant:

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A défaut on peut lire l'article de Paris-Normandie (21 novembre 2017) qui condense l'essentiel d'un discours débutant par un magnifique truisme... (cf. Le général de Gaulle: "je salue Fécamp, port de mer et qui entend le rester")

http://www.paris-normandie.fr/ouverture/au-havre-edouard-philippe-devoile-sa-strategie-maritime-et-portuaire-DN11492045#

Complémentarité des trois grands systèmes portuaires dont Haropa (Le Havre-Rouen-Paris), compétitivité de ces ensembles, amélioration de la fluidité du passage portuaire. Ce mardi au Havre, devant les Asssies de la mer, le Premier ministre a détaillé la politique maritime très ambitieuse de la France pour les cinq ans à venir.

« Ici au Havre, il est difficile d’oublier la mer » a lancé l’ancien maire du Havre, qui avait déjà détaillé son ambition maritime pour la France dans un entretien à Paris-Normandie, ce mardi matin. Un oubli, plutôt une longe série d’oublis s’agissant de la vocation maritime de la France a indiqué Édouard Philippe. « Je ne choquerai personne si je dis que la France n’a pas un trafic portuaire à la hauteur de sa façade maritime, de son marché intérieur et de sa place en Europe. Et je n’étonnerai personne si je dis que si on ne fait rien, cela ne va pas s’arranger » a diagnostiqué le Premier ministre. « Je ne m’habitue pas à l’idée qu’Anvers soit le premier port de France. Quand on aime son pays, quand on aime ses ports, quand on aime ses dockers, on se dit que le temps du sursaut est peut-être venu ».

Pour le chef du gouvernement, sans ports puissants, pas de puissance maritime. Pas d’industrie portuaire, pas d’emplois, pas d’avenir pour Le Havre, Marseille, Dunkerque. « Pas de France dans la mondialisation » juge Édouard Philippe avant de dévoiler la stratégie portuaire de son gouvernement, une stratégie en trois axes.

Une mission sur l’avenir d’Haropa

Le premier est celui de la complémentarité. « Il existe en métropole trois systèmes portuaires qui ont clairement un intérêt européen et international. Pour cette raison, ils doivent demeurer dans le giron de l’État » affirme le Premier ministre. Pour l’ancien maire du Havre, il n’y a qu’un seul port dans l’axe Seine, de la digue sud du Havre au pont Neuf à Paris. « Je ne remets pas en cause le succès d’Haropa (Ndlr : la réunion des ports du Havre, Rouen et Paris) sur le plan de la visibilité. Mais on sent bien que sa gouvernance a atteint ses limites, qu’il faut plus d’intégration : un pilotage beaucoup plus unifié qui inclut au même niveau les trois ports ».

Édouard Philippe a décidé de faire vite et annonce qu’il a missionné le préfet Phillizot, délégué interministériel à la vallée de la Seine pour conduire une mission à ce sujet. Ses conclusions seront rendues en février prochain.

Le deuxième axe a pour objet la compétitivité avec des ports français qui se heurtent à l’effet de ciseau : des charges fiscales qui augmentent et des revenus - notamment ceux de la rente pétrolière - en baisse. Édouard Philippe entend changer le regard sur les ports, ne plus les voir comme des gestionnaires d’infrastructures, mais comme des écosystèmes, des centres de services. Le chef du gouvernement promet de leur donner de la visibilité sur leurs charges, notamment fiscales. Il entend par ailleurs simplifier les démarches, en revoyant les règles de la domanialité publique et les pratiques des ports pour sécuriser les investisseurs et optimiser l’utilisation du domaine portuaire. « J’ai demandé aux ministres concernés, en particulier à Élisabeth Borne, ministre des Transports, de proposer des réformes en ce sens » a annoncé le Premier ministre, sans avancer de date.

Accès fluvial à Port 2000 : « L’État prendra ses responsabilités »

Troisième axe : l’amélioration de la fluidité du passage portuaire. « Les ports ont besoin de la mer. Ils ont aussi besoin de la terre, plus précisément du rail et des fleuves. Les collectivités du Nord ont choisi le fleuve avec le canal Seine-Nord. Ici, au Havre, on a le fleuve et on a le rail. Je sais que l’amélioration de l’accès fluvial à Port 2000 est ici dans toutes les têtes » a souligné Édouard Philippe. Une concertation publique est engagée à ce sujet. « Si elle conclut qu’il suffit d’optimiser l’organisation actuelle, nous le ferons. Si elle conclut qu’il faut étendre le terminal multimodal, nous le ferons. Et si elle conclut qu’il faut faire la chatière, je le dis : l’État prendra ses responsabilités et nous le ferons. Quand au rail, l’État investit dans la modernisation de la ligne ferroviaire entre Serqueux et Gisors pour une amélioration de la desserte dès 2020 » rappelle le Premier ministre.

Revenant à l’ambition maritime de la France, Édouard Philippe a lancé : « Je veux que la France devienne l’une des grandes portes de l’Europe continentale. Nous avons pris du retard par rapport aux ports d’Europe du Nord. Ce retard commence à nous coûter cher en termes de trafic mais il n’est pas irréversible. Avec des ports compétitifs, nous aurons une économie de la mer compétitive. Et forcément durable. Durable parce que la mer, c’est le défi écologique du XXIe siècle. Le défi des défis : ceux du changement climatique et de la biodiversité » indique le Premier ministre, annonçant que Nicolas Hulot, son ministre de la Transition écologique en dira beaucoup plus en clôture des Assises de la mer, demain mercredi, au carré des Docks du Havre.

D’autres thèmes ont été abordés par l’ancien maire du Havre, qui a regretté le retard pris pour les éoliennes en mer sans citer les projets d’usines de fabrication de pales et de turbines au Havre qui n’avancent pas depuis plusieurs années. « Dès 2018, nous lancerons les études préalables en vue de l’engagement des futurs appels d’offres sur l’éolien flottant en Bretagne et en Méditerranée. Nous lancerons aussi les études environnementales et le débat public sur le projet du parc éolien posé, au large d’Oléron » annonce le Premier ministre, qui a achevé son discours sur un appel. Un appel aux jeunes de France. « Prenez le large, embarquez-vous et embarquez la France avec vous. Vous voulez vivre réellement et pas virtuellement la mondialisation ? Prenez la Mer ! Vous voulez connaître une aventure totale, comparable à celle que vivent les astronautes ? Prenez la mer ? » a lancé le Premier ministre avant d’annoncer que tout ceci passe par l’école. Édouard Philippe promet un nouvel élan pour l’École nationale supérieure maritime avec un rapprochement entre ses différents sites, un rapprochement avec d’autres écoles dont la prestigieuse École Navale avec à terme, « la création d’une véritable académie maritime en France ».

« Nous aurons réussi quand la France ne se définira plus comme des terres, continentales et insulaires, entourées de mers. Mais comme une terre, une seule et même terre de France, entourant toutes les mers » a conclu l’ancien maire du Havre.

Christophe Preteux


 A lire, ci-après, une revue de presse collectée ce 21 novembre 2017 agrémenté des remarques impertinentes de Florestan: articles glânés dans les éditions de Ouest-France et de Paris-Normandie de ce jour. Que ces deux quotidiens en soient finalement remerciés car le travail a été fait correctement: on doit, en effet, remarquer que ces assises de la Mer au Havre n'ont fait l'objet, à notre connaissance, d'aucune allusion dans les médias parisiens grand public. Décidément, Paris n'est qu'un "bourg à vaches"!

On attirera, néanmoins, votre attention sur le grand entretien accordé à Paris-Normandie par Edouard Philippe: sa parole amphibie devient vraiment inquiétante lorsque la question essentielle de l'intégrité de notre Normandie est évoquée par un journaliste dont on saluera l'impertinence...

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A lire dans Paris-Normandie, les propos d'Edouard Philippe à qui nous disons très fermement que la Normandie n'est pas un "meccano" et encore moins l'enjeu d'une partie de Monopoly!

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Dans la dernière livraison de la Chronique de Normandie (n°515 datée du 20 novembre 2017) on apprend qu'Hervé Morin aurait donné son accord pour présider un futur établissement public d'aménagement de la vallée de la Seine... Est-ce bien raisonnable, si cette information est avérée?

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