Tout comme il existe l'académie d'Aix-Marseille. Sachant qu'il existait pour les cinq départements normands et la Sarthe une seule et même académie: celle de Caen jusqu'en 1960. Le recteur de l'académie de Caen va donc co-gérer celle de Rouen: une expérience qui va être conduite jusqu'en mars 2018 et qui sera évaluée. Il n'est pas question de fusionner les deux académies normandes qui disposent désormais de trois universités sur leur territoire.

On ajoutera, néanmoins, que ce que nous craignons c'est que le cas normand qui correspond au retour à une évidence d'unité géographique qui existait auparavant et qui correspond aux besoins d'une vraie région enfin retrouvée et qui doit rattraper son retard en terme de niveau de formation, ne saurait correspondre aux besoins des autres régions issues de la réforme de 2014: il y a un projet normand mais on peine à voir où est le projet du "Grand Est", "néo-aquitain" ou "avernorhodalpin" (quand on s'intéresse à des choses plus sérieuses que l'avenir politique de Monsieur Wauquiez)...

Il est donc à craindre que le cas d'école normand ne serve à justifier l'injustiable ailleurs: des restructurations et des coupes budgétaires pour passer sous la toise de 3% de déficit public imposée par le traité de Maastricht.

La méthode de fusion régionale ne marche qu'en Normandie.

_ROLLAND Denis red

Denis ROLLAND, recteur de Caen-Rouen, mise au point à lire sur le site de Paris-Normandie:

http://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/education/denis-rolland-recteur-de-caen-prend-les-commandes-a-rouen-EF11505436?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=e233ea4496-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-e233ea4496-137315997

À peine nommé, le recteur Denis Rolland a voulu lever « toute ambiguïté » hier en fin d’après-midi, au rectorat de Rouen. « Je suis recteur de Caen en responsabilité d’administrer l’académie de Rouen. Ce n’est pas une nomination lointaine, j’étais déjà présent. C’est une expérimentation, c’est clair. Les ministres ont demandé un rapport d’étape... »

Composée d’un inspecteur général de l’Éducation nationale, d’un conseiller d’État et du recteur de Bordeaux, une commission rendra un rapport fin mars. C’est à partir de là que pourront être rendus des arbitrages sur l’évolution de l’ensemble des régions académiques françaises. « Les services de l’État se regroupent à l’échelle de la région sauf dans l’Éducation nationale. Nous expérimentons donc dans un périmètre de cinq départements, un périmètre gérable, sans être loin des territoires. Ce n’est pas le cas partout... », explique Denis Rolland.

« Pas de fusion à l’ordre du jour »

Après la direction générale du CNRS - qu’il a quitté par « passion pour l’éducation » - puis après avoir été recteur en Guyane (2012), à Dijon 2014) et enfin à Caen (2016), ce haut fonctionnaire qui dit « avoir la confiance des ministres » [N.D.L.R. : ses tutelles, Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal] affirme « qu’aucune fusion de services n’est à l’ordre du jour. Je n’arrive pas pour réformer. Caen fonctionne, Rouen aussi. Nous allons adapter ce qui doit l’être. Et si cela doit arriver, cela le sera par le ministre. Attendez mars... Mais s’il s’agit de dire on va mutualiser ce qui se fait de bien dans une académie pour l’autre, alors je dis oui. Certains services travaillent déjà ensemble entre Caen et Rouen ». Et de jouer d’une formule imagée : « Montrer qu’un plus un égale plus que deux ! C’est l’ambition des ministres. Cela doit aller dans les deux sens, Caen et Rouen, pour additionner les expertises ». Les deux « capitales » rivales ont ainsi un service commun de recherche au sein de leurs universités. Il en va de même pour la Délégation interacadémique à la formation professionnelle initiale et continue (DAFPIC).

Sur son rôle de « super recteur » de la région Normandie, Denis Rolland souligne qu’il « s’agit d’une question de management collectif. Je travaille en équipe. Il ne s’agit pas de décider à la place du ministre. » Concernant sa fonction, le message est tout aussi clair : « Si je jugeais que ce n’était pas pertinent, je ne serais pas là ! »

Une gouvernance qui sera certainement facilitée par les problématiques partagées de Rouen et Caen, « deux académies de taille modeste et pas assez attractives. Les réunir ne peut être que positif dans une région qui n’a pas toujours les résultats qu’elle mérite ». Pour exemple, en 2017, avec 86,2 % de taux de réussite dans l’académie de Rouen, le baccalauréat a perdu 0,8 point par rapport à 2016. Avec 87,9 %, le taux de réussite dans l’académie de Caen est également en légère baisse de 0,6 point.

« Inventer du mieux »

« On peut inventer du mieux pour les élèves !, martèle le recteur Rolland. C’est aussi une opportunité pour les personnes qui veulent bouger entre les deux académies. » Sur la question du budget et des personnels, Denis Rolland affirme « que rien ne bouge. On ne change rien ! Le mouvement des enseignants sera celui des académies de Caen et Rouen à la rentrée prochaine ».

Des syndicats enseignants, comme le Snuipp-FSU, s’inquiètent déjà cette rentrée 2018-2019 et des moyens humains à trouver pour la généralisation des classes de CP à 12 en REP. « Il y a des budgets et cela sera fait. Il y a plus d’éducations prioritaires à Rouen et plus d’espaces à Caen. Nous allons trouver des moyens », prévient-il.

De sa double casquette, Denis Rolland avoue qu’il saura se multiplier : « Le lundi à Rouen, le mardi, mercredi ou jeudi à Caen ou Paris et le vendredi à Rouen. » Un recteur qui, le premier, donne l’exemple de la mobilité.

Collèges de l’Eure, lycée de Forges

Interrogé sur la volonté du Conseil départemental de l’Eure de fermer à la rentrée 2018 les collèges Pablo-Neruda d’Évreux et Pierre-Mendès-France de Val-de-Reuil - deux établissements figurant dans des zones d’éducation prioritaire (REP + pour Pablo-Neruda et REP pour Pierre-Mendès-France) - le recteur Denis Rolland a rappelé que la collectivité territoriale était « responsable d’ouvrir ou de fermer des établissements scolaires ». « Notre objectif est de bien accompagner les élèves et les équipes pédagogiques pour qu’au final les élèves y gagnent. C’est au directeur académique de l’Eure de gérer la situation », dit-il.
Concernant l’absence de professeurs de mathématiques et de sciences au lycée Delamare-Deboutteville de Forges-les-Eaux, Denis Rolland a indiqué que « cette situation n’était pas normale. On a cherché des professeurs, on a trouvé, ils ne se sont pas présentés. On se débrouille pour trouver une solution. Un a été trouvé et le proviseur a eu l’intelligence de dire qu’il pouvait héberger un enseignant ».

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