Pas la peine de relancer une nouvelle partie de clochemerle avec les grands clochers en pierre de Caen ou avec le béton lumineux de la tour lanterne du Havre... Les spécialistes normands du clochemerle qui sont, en ce moment, à Rouen ont décidé de jouer à domicile: ce n'est pas les clochers qui manquent, en effet, à Rouen. Plus sérieusement, nous allons, une fois encore, redire notre inquiétude concernant la panne politique rouennaise structurelle provenant du fait saugrenue qu'une métropole puisse se développer en contournant ou en ignorant la commune centre qui la justifie...

La dégringolade rouennaise se poursuit donc alors qu'on a pu espérer et que nous devons continuer à espérer qu'avec le retour de l'unité normande et la création d'une métropole de Rouen cette chute vertigineuse de l'antique Rotomagus, ancienne seconde ville de France, puisse enfin s'arrêter. Pour que Rouen retrouve la place dont elle a été chassée entre Nantes à l'Ouest et Lille au Nord après le traumatisme d'une Seconde Guerre mondiale qui continue de peser sur le présent et l'avenir de Rouen et des Rouennais.

En effet, après les bombes de la guerre et une reconstruction médiocre, Rouen a été maltraitée par l'Etat central qui ne voulait pas en faire une métropole régionale d'une Normandie divisée pour mieux pousser la région parisienne vers Le Havre.

Puis ce fut la stagnation dans le splendide isolement de Lecanuet-ville, commune centre centriste rive droite ignorant sa rive gauche et le reste d'une agglomération se construisant contre la ville centriste comme un fief de gauche avec Tony Larue et Laurent Fabius qui fit disparaître Rouen dans la Fabiusie.

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Avec le tout nouveau clochemerle rouennais qui oppose maintenant ouvertement Frédéric Sanchez (qui campe sur la rive gauche à la métropole) et Yvon Robert (qui campe sur la rive droite à la mairie de la commune centre) on arrive au bout du bout de ce processus d'autodestruction rouennais puisque la partie se joue entre les deux derniers héritiers d'une Fabiusie qui n'existe plus:

Rouen n'est plus dans Rouen et attendre 2020 pour que Rouen redevienne Rouen va paraître long pour tous celles et ceux qui pensent que la Normandie nouvellement réunifiée ne saurait durablement affirmer son projet régional en aval de la région parisienne si Rouen n'est pas au rendez-vous.

La lecture qui suit est assez navrante... Hervé Morin s'impatiente et il a bien raison de secouer un peu le pommier rouennais pour faire tomber les derniers fruits qui doivent tomber et pourrir avant d'inaugurer une nouvelle saison: Rouen en Normandie, métropole régionale rayonnante avec Caen et Le Havre, capitale européeenne de la Culture.

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/rouen-capitale-europeenne-culture-opera-visite-ministerielle-francoise-nyssen-tacles-politiciens_13546086.html

Rouen capitale européenne de la Culture ? À l’Opéra, visite ministérielle et tacles politiciens

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, était en visite à Rouen (Seine-Maritime) vendredi 24 novembre 2017, pour signer une convention. L'occasion pour nos élus de s'écharper.

Publié le 24 Nov 17 à 19:25
En visite à Rouen (Seine-Maritime) entourée des élus locaux, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a découvert l’Opéra. (©SL/Normandie-actu)

Beau décor pour un vaudeville. Vendredi 24 novembre 2017, lors de la visite de la ministre de la Culture Françoise Nyssen, l’Opéra de Rouen a été le théâtre de « pichenettes verbales » entre élus de la Ville, de la Métropole et de la Région Normandie.

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Pour l’Opéra, « il faut que le couple métropole-ville fonctionne »

La venue de Françoise Nyssen à l’Opéra de Rouen, vendredi, a cristallisé les discordes politiques, difficiles à ranger au vestiaire. Arrivée sur les coups de 15h15, la ministre de la Culture s’est rendue à Rouen pour y signer une convention pour le cinéma entre l’État, le Centre national du cinéma et la Région Normandie.

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C’est justement le président de cette dernière, Hervé Morin (UDI), qui a réglé ses comptes locaux le premier. Prenant la parole avant la ministre, il a profité de la tribune pour s’adresser au président de la Métropole de Rouen et au maire : 

L’Opéra est une pépite de notre région. Nous y consacrons beaucoup d’argent. Je dis nous, car nous en sommes les premiers financiers. Il faut que le couple métropole-ville soit plus présent.

Composé de Frédéric Sanchez (PS) et d’Yvon Robert (PS), le couple était assis au premier rang, face à la scène. Autant le doute subsiste pour savoir si le mariage a été consommé, autant il est certain qu’il est consumé. Les deux hommes « forts » de l’agglomération rouennaise, séparés d’un siège, n’ont pas moufté face à l’allusion d’Hervé Morin.

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« Yvon, il faut que tu passes la main à la Métropole »

Lequel en a remis une couche, une fois le protocole officiel achevé. Au premier étage du Théâtre des Arts, il tance à moitié le maire de Rouen, ville fauchée : « Yvon, il faut que tu passes la main à la Métropole sur l’Opéra ! C’est elle qui a le blé ! » L’air heureux et détaché, Yvon Robert a juste lâché une date pour ce transfert de compétences : « 2018 ».

Un moment qu’attend Frédéric Sanchez : « C’est mon souhait, à la Ville de dire ». 

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Rouen, capitale européenne de la culture en 2028 ? 

Le président de la Métropole, qui sait rester discret, a profité d’une autre action culturelle, jeudi 23 novembre, pour prendre le pas sur son rival de la rive droite.

Lors du Temps des collections, au musée des Beaux-arts de Rouen, Frédéric Sanchez a annoncé la candidature de Rouen pour être capitale européenne de la culture en 2028. Il minimise l’importance de ce qu’il n’appelle « pas vraiment » une annonce :

L’idée n’est pas nouvelle, c’est dans l’air du temps. Il nous faut constituer un dossier pour 2022, ce n’est que le point de départ. Des réunions informelles auront lieu dès décembre, d’abord avec les élus, puis avec des mécènes potentiels. 

Yvon Robert, pas au courant

L’annonce modeste de Frédéric Sanchez n’a pas trop amusé Yvon Robert, malgré son sourire : « Je l’ai appris hier soir, comme tout le monde », pose-t-il calmement, sans vouloir « en dire plus ». Certainement sera-t-il ravi du soutien de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, qui juge l’initiative « formidable ».

VIDÉO. Françoise Nyssen s’exprime au sujet de Rouen candidate à être capitale européenne de la culture : 

Prenant « l’aspiration » derrière les grands projets lancés en Normandie, Frédéric Sanchez a estimé le temps venu pour Rouen, laquelle a selon lui atteint « un niveau de maturité » culturelle.

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Pour que Rouen soit qualifiée, encore faudra-t-il qu’elle atteigne un certain niveau de maturité politique. D’autres villes sont candidates : Montpellier, Bourges, Clermont-Ferrand… Le président métropolitain l’assure : « La compétition va être belle ».

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