Le 5 décembre 2017, les présidents des cinq départements normands se réunissaient à Alençon avec de nouvelles têtes pour la Manche, l'Orne et l'Eure...Avec un Jean-Léonce Dupont président du Calvados qui se fait le promoteur d'un fédéralisme des grandes collectivités territoriales normandes... en l'absence du principal concerné, Hervé Morin, le président de la Normandie. On sera d'accord avec Jean-Léonce Dupont en refusant avec lui toute tentation de centralisation normande alors que derrière la Normandie se construit un front girondin contre les prétentions néo-jacobines de Macronaparte 1er.

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Sauf que les années de division régionale normande (depuis 1960 et surtout depuis 1972) nous enseignent qu'en l'absence d'une collectivité régionale normande impulsant une action régionale au service d'un intérêt général normand, ce fédéralisme des grandes collectivités territoriales normandes n'a jamais pu exister: à la fin des années 1970 toutes les tentatives pour en faire émerger un se brisèrent sur un localisme de clochemerle stérile. La tentative d'un fédéralisme métropolitain normand des années 1980 -1990, fit, de même, long feu au début des années 2000. Et celui qui nous fait aujourd'hui la leçon d'un fédéralisme girondin normand avait osé conceptualiser le localisme départemental en parlant de "coopétition", un oxymore en forme de mot valise pas très sympathique mélangeant la coopération et la compétition que Monsieur Dupont promenait toujours avec lui dans les années 2010 jusqu'à ce qu'il finisse par se faire à l'idée que l'unité normande n'était pas une si mauvaise chose pour éviter une marginalisation définitive à l'Ouest de la mégalopole parisienne.

L'unité normande? C'était même la solution de la dernière chance: depuis 2016, enfin, une action régionale puissante s'étant assignée des objectifs à la fois précis et ambitieux, s'est mise en branle grâce à la volonté d'Hervé Morin. Jean-Léonce Dupont découvre qu'il lui faut enfin concrètement et de façon réaliste mettre en oeuvre ce qu'il préconise: coopérer en partageant le pouvoir sachant que la région est le pilote puisque, désormais, la Normandie est redevenue un navire...

Est-ce donc le moment de percer la coque à fond de cale au risque d'une voie d'eau en refusant l'application de la loi NOTRe qui donne à la région le "chef-de-filat" des compétences et des finances en matière de développement économique?

Lire, ci-après, le communiqué de presse de la réunion du G5 à Alençon:

Au menu de la réunion présidentielle départementale: la défense du Paris-Granville, la lutte contre les déserts médicaux et la volonté de mener une action normande de proximité à partir de départements qui ne veulent pas mourir coincés entre la région d'une part et la métropole d'autre part...

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G5

Départements normands

 

Réunis dans l’Orne, pour la troisième fois de l’année 2017, les cinq Présidents des Départements normands affichent une union sans faille animée par une volonté d’agir dans un esprit solidaire. Ils entendent répondre principalement aux besoins et préoccupations des habitants de la Normandie. Dans une France en pleine réforme, la collectivité départementale incarne la stabilité de nos institutions et demeure pour les Normands un point de référence pour tous. Les Départements consacrent, chaque année, près de 4 milliards d’euros pour réduire les inégalités sociales, organiser les solidarités, développer leur territoire et porter les initiatives afin de répondre aux enjeux de notre société. 

“Les Départements normands agissent pour vous”

Le 1er mars 2017, les Présidents ont décidé de lancer un projet de campagne de communication interdépartementale, rappelant le rôle incontournable que jouent les cinq Départements dans le quotidien des Normands.  L’objectif ? Illustrer de manière pédagogique et positive l’impact des actions conduites par les Départements sur les habitants dans des domaines aussi variés que la solidarité, la famille, l’enfance, le handicap, l’aménagement du territoire, le numérique, le sport, la culture, l’éducation, etc. Le top départ de cette campagne a été donné à l’occasion de ce G5. Déclinée en plusieurs visuels avec pour signature “Les Département normands agissent pour vous, la preuve par 5’’, elle sera visible dans les abribus ainsi que dans les supports de communication des Départements et médias locaux.

Les Départements normands force de proposition pour lutter contre la désertification médicale

 Jean-Léonce DUPONT (Calvados), Pascal LEHONGRE (Eure), Marc LEFEVRE (Manche), Christophe de BALORRE (Orne) et Pascal MARTIN (Seine-Maritime) ont affirmé leur engagement dans la lutte contre la désertification médicale, un enjeu capital de santé publique pour les années à venir qu’il est urgent de traiter. Depuis près de 25 ans, chaque département constate la baisse inexorable de médecins non remplacés à la ville comme à la campagne. La Normandie est la 3ème région métropolitaine la plus défavorisée en termes d’offre de soins. C’est bien sûr de la responsabilité première de l’Etat de s’attaquer à cette “urgence sanitaire”, mais les Départements, chefs de file de la solidarité territoriale, souhaitent apporter leur contribution  : “Relever le défi démographique de la médecine nécessite une mobilisation coordonnée de tous les acteurs et plus spécialement de l’ARS (Agence Régionale de Santé), de l’URML (Union Régionale des Médecins Libéraux de Normandie), des Conseils de l’Ordre, des Conseils départementaux et de la Région.” Dans une lettre adressée à l’ARS, les cinq Présidents réclament  ‘‘de mettre en place sous l’égide de l’ARS et des Universités des groupes de travail opérationnels associant les Départements permettant, après avoir partagé les diagnostics départementaux, de bâtir et mettre en œuvre un plan démographique adapté aux spécificités de nos territoires.”

Logement : une alerte au Premier Ministre

Dans le domaine de l’habitat, les Présidents des cinq collectivités normandes sont attentifs à la réforme de l’APL et à ses conséquences sur la situation financière des bailleurs sociaux quant à leur capacité à maintenir un rythme d’investissement suffisant pour rénover et renouveler un parc de logements vieillissant. Par le biais de subventions et de garanties d’emprunts, les Départements normands soutiennent fortement la production et la rénovation des logements sociaux. Au 31 décembre 2017, l’encours de cette dette, garantie par les 5 départements normands au bénéfice des bailleurs, excèdera 2,5 milliards d’euros. Le G5 en appelle à la responsabilité de chacun pour qu’un consensus soit trouvé. Dans une déclaration commune et une lettre adressée à Édouard Philippe, Premier Ministre, les cinq Présidents de la Normandie expriment leur souhait de participer à la recherche d’un nouveau pacte autour de cinq axes prioritaires : 

  • La rationalisation du paysage des bailleurs en Normandie, en rappelant la prééminence de l’échelle départementale,
  • La préservation d’une capacité des bailleurs à investir grâce à une capitalisation adéquate des structures,
  •  La concentration des efforts de construction dans les zones tendues, et une priorité à la réhabilitation et à la restructuration en dehors de ces zones,
  • L’orientation prioritaire de la capacité d’investissement vers l’adaptation des logements au bénéfice des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, publics prioritaires dans les départements,
  • et dernier point, l’allègement des contraintes normatives qui ralentissent les projets et en renchérissent le coût.

L’âge des mineurs migrants en question

Les Départements ont, dans leurs missions, l’accueil des mineurs non accompagnés, quelle que soit leur origine. Le nombre de ces mineurs est en forte augmentation dans tous les départements (Plus de 1100 mineurs actuellement en Normandie) saturant les dispositifs d’accueil existants et soumettant les professionnels concernés à de fortes tensions. Avec l’afflux récent de jeunes migrants, poussés vers notre pays par les guerres et des conditions de vie difficiles, souvent sans papiers d’identité crédibles et à la merci de filières clandestines, la question de l’évaluation de la minorité de ces jeunes est régulièrement posée. Qui de l’État et ou du Département, doit prendre en charge le contrôle de l’âge des mineurs ? Les Présidents des 5 Départements demandent que l’État, au travers de ses compétences régaliennes (Justice, police), prenne en charge ce contrôle, soit directement, soit en déléguant l’organisation aux Départements volontaires.

La liaison ferroviaire Paris-Granville

Cette liaison est essentielle pour nos territoires et pourtant, il s’est écrit qu’elle pourrait être supprimée ou transformée avec un circuit différent ou des liaisons autocar. Rappelons que cette ligne dessert actuellement 4 départements, ce qui en fait une ligne d’intérêt régional certain, la seule du sud-Normandie.

Les Départements normands attendent de la Région un engagement ferme sur le maintien de la ligne, de ses arrêts et des fréquences. Et par conséquent, une prise en charge du déficit actuel et à venir, probablement, compte tenu de la création d’une liaison Caen-Rennes par Granville.

La ligne actuelle est essentielle pour l’attractivité du sud de la Normandie et elle ne doit pas être oubliée. Un message fort de la Région à l’attention de la population doit être donné, et pas par des liaisons autocar qui ne fournissent ni le même service, ni le même confort.

Tout au contraire, cette ligne doit être modernisée avec de nouveaux matériels roulants et l’accès wifi par exemple. C’est à ce prix que les efforts récemment entrepris par la Région mais qui restent à confirmer seront gagnants.


 

Lire aussi ceci:

https://www.ouest-france.fr/normandie/paris-granville-bisbilles-entre-departements-et-region-5425058