Le localisme des uns et des autres ne fait pas un intérêt commun: tout le problème de la ligne SNCF Paris-Granville, ligne "nationale" ne reliant pas Paris à une grande métropole régionale est là. Les usages sur cette ligne sont dispersés et disparates faute d'avoir eu, notamment en Normandie, une collectivité régionale suffisamment puissante et intelligente pour organiser l'intérêt général d'une telle ligne pour la défendre dans les arbitrages politiques et financiers parisiens. Le potentiel du Paris-Granville c'est d'être le Paris-Le Mont St Michel (Pontorson) en desserte directe depuis la gare Montparnasse via le triangle ferroviaire de Folligny.

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Mais de cet objectif qui pourrait sauver la ligne, en en faisant la ligne de chemin de fer touristique pour le Mont St Michel, nous sommes loin: la ligne a bien failli perdre son unité technique entre la gare Montparnasse, Dreux, Verneuil et l'Aigle d'un côté et le bocage de la Normandie de l'Ouest, à partir d'Argentan d'autre part...

Du côté Est, une ligne de quasi grande banlieue qui dessert la mise au vert dans la belle sérénité du Perche et du Pays d'Ouche de télétravailleurs et navetteurs de Paris. Du côté Ouest, une desserte locale de type TER entre Caen et les petites villes du bocage normand via Argentan avec des choix techniques plus dictés par la contrainte financière (la ci-devant région Basse-Normandie n'était pas très riche) que par un vrai souci de développement ferroviaire de la ligne (suppression de la double voie entre Flers et Villedieu-les-Poêles, motrice bi-mode...). Sans compter avec le désengagement chronique de la SNCF malgré le volontarisme du conseil régional de Basse-Normandie sous la mandature de son dernier président, Monsieur Laurent Beauvais (création du dépôt de maintenance de la ligne à Granville, achat des matériels Regiolis, triangle ferroviaire de Folligny).

La crise des feuilles mortes de l'automne 2016 (suppression d'un certain nombre de trains nettoyeurs par la Sncf) a révélé la fragilité de la ligne: les trains patinaient autant sur les feuilles mortes que sur l'absence de feuille de route d'une grande ligne en totale déshérence et déjà sortie des radars d'une SNCF qui ne jure que par ses TGV "OUIGO" tant qu'il n'y a pas de panne informatique dans un poste de contrôle des signalisations...

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Une prise en main ferme était donc nécessaire de la part de la région Normandie: il faut financer une modernisation indispensable à condition d'avoir défini pour l'ensemble de la ligne Paris-Granville un véritable projet:

https://www.tendanceouest.com/actualite-254601-trains-la-region-cherche-a-rassurer-sur-le-paris-granville.html

La première conférence de l'axe SNCF Paris/Granville, a été organisée mercredi 6 décembre 2017 en fin d'après-midi à Argentan (Orne) par la région Normandie avec 130 invités: parlementaires et élus des villes et intercommunalités situées tout le long de cette ligne ferroviaire.

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Après celles concernant les axes Le Havre/Paris et Cherbourg/Paris, la Région Normandie a organisé mercredi 6 décembre 2017 la première conférence de l'axe SNCF Paris/Granville. La réunion s'est tenu salle Cassin, à Argentan (Orne), en fin d'après-midi, avec parlementaires et élus des villes et intercommunalités situées le long de cet axe ferroviaire.

Cette ligne SNCF Paris/Granville affiche 10 millions d'euros de déficit par an et alors que la région Normandie a annoncé de nouveaux trains entre Caen et Rennes, les départements de l'Orne, de la Manche, du Calvados et de l'Eure ... réunis ce début de semaine à Alençon, avaient exprimé une très grande inquiétude quant à la pérennité de cet axe ferroviaire.

Rassurer

La Région est donc venue pour rassurer sur la pérennité du Paris/Granville. Jean-Baptiste Gastinne, conseiller régional en charge des transports:

Préalablement à cette conférence, Jean-Baptiste Gastinne a reçu une délégation de la cinquantaine de manifestants réunis devant la salle Cassin d'Argentan.

Une cinquantaine de manifestants s'étaient donnés rendez-vous devant la salle de cette conférence de l'axe Paris/Granville. - Eric Mas

Mais à leur sortie de la rencontre, ceux-ci restaient dubitatifs car par exemple, les TGV OuiGo de la SNCF arriveront à partir de lundi 11 décembre: sur trois des quatre voies actuellement affectées aux trains Paris/Granville, gare Vaugirard.

Les cheminots ont également évoqué les questions de la présence humaine qui s'est raréfiée dans les gares, la modernisation de la ligne, la saturation des voies en arrivée en région parisienne, les correspondances parfois incohérentes, la tarification, ou encore: la possibilité de circulation du fret ferroviaire… Ils devraient à nouveau rencontrer prochainement de représentants de la Région.