Rouen est au moins la capitale normande d'une pratique dont il faudrait libérer tous les Normands, à commencer par les Rouennais: le goût immodéré pour le "clochemerle".

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Combat de coqs dans la banlieue d'Antananarive, la capitale de Madagascar... Cette pratique barbare pour les animaux est officiellement interdite en France...

Il est vrai que la métropole normande "aux cent clochers" offre un terrain d'exercice idéal pour tout clochemerleux avide de progresser dans cet exercice aussi vain qu'inutile et on a vu récemment que l'ardeur clochemerlesque des clochemerleux rouennais pouvait s'épancher bien au delà des limites du Roumois: on constatera d'ailleurs, non sans amertume, que les grands élus rouennais, à commencer par le maire de la ville qui a donné son nom à une métropole qui lui échappe en grande partie, ne s'intéresse au reste de la Normandie que par le biais quelque peu étriqué et mesquin d'un... clochermerle avec les Caennais, après en avoir eu d'anciens et de mémorables avec les Havrais...

Si nos lecteurs de l'Etoile de Normandie avaient une explication raisonnable à nous fournir pour nous expliquer cette étrange addiction des élus rouennais pour la pratique irresponsable (mauvaise pour la santé de la Normandie) du clochemerle, nous serions curieux de la connaître!

Les dernières nouvelles clochemerlesques rouennaises sont à lire ici (Paris-Normandie, 19/12/17 Boris Maslard et Céline Bruet):

http://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/a-rouen-entre-yvon-robert-et-frederic-sanchez-rien-ne-va-plus--CD11740323?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=91fdd424e6-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-91fdd424e6-137315997

À Rouen, entre Yvon Robert et Frédéric Sanchez, rien ne va plus !

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Politique. La tempête couvait depuis des mois mais c’est en plein conseil de la Métropole que le président Frédéric Sanchez et le maire de Rouen Yvon Robert ont fait éclater leurs désaccords. Et ils sont complexes...

Rarement les tensions entre la Ville de Rouen et la Métropole ont été aussi visibles que lors du dernier conseil métropolitain, lundi soir. Il y a pourtant eu, depuis la naissance de la Métropole en 2015, des divergences, mais Yvon Robert, connu pour sa réserve, et Frédéric Sanchez, soucieux de cultiver une image positive, n’ont jamais aimé en faire étalage en public. Il faut donc que les dissensions soient profondes pour que les deux élus socialistes en soient arrivés à un tel festival de piques glaçantes lundi soir, se tournant pratiquement le dos... alors qu’ils sont assis côte à côte à la même table.

Le sujet de discorde le plus éloquent, c’est les parkings de Rouen. La Métropole veut reprendre la main sur la SPL, sociète qui en gère quatre. Gilbert Renard (maire de Bois-Guillaume LR), a allumé la mèche en faisant état d’un courrier alarmant des personnels grévistes. Le dossier, complexe, est, pour l’heure sans issue. Frédéric Sanchez commence par botter en touche : « Je vais laisser le maire de Rouen, président de la SPL répondre. » Yvon Robert marmonne une phrase laconique, résumant que la « renégociation est en cours ». Le président de la Métropole tend alors le micro à Christine Rambaud, élue à la Ville de Rouen, qui mène ce travail. « Je vais ouvrir un cabinet de médiation, moi, si ça continue », soupire Christine Rambaud, avant de se lancer dans une explication... « Incomplète », tranche Frédéric Sanchez, qui expose la situation de son point de vue. Le président de la Métropole a à peine le temps de passer à la délibération suivante qu’Yvon Robert intervient. Frédéric Sanchez l’interrompt : « Non je t’ai donné la parole, tu as fait le choix d’être peu disert... » Mais le maire de Rouen insiste et se lance dans une courte démonstration de toutes les difficultés auxquelles les différentes parties se heurtent. « Tu as en tout état de cause toutes les cartes en main pour simplifier la situation. On compte sur toi pour que le sujet ne revienne pas sur la table au conseil de février », ironise Frédéric Sanchez avant de conclure le débat.

« Frédéric Sanchez aime ce qui brille »

Ce sujet extrêmement technique n’est que la partie visible de l’iceberg. Sous-jacent, c’est le principe des transferts que la Ville de Rouen est en train de remettre en cause. La main tendue de Frédéric Sanchez pour reprendre sous son aile la piscine-patinoire Guy Boissière, l’école des Beaux-Arts et le Théâtre des arts a suscité, en plein conseil métropolitain, une intervention des élus socialistes de la municipalité rouennaise pour dénoncer les effets pervers des transferts. Du jamais vu de la part d’élus qui ont toujours été « farouchement favorables à la métropolisation ». « On ne demande pas l’aumône », réagissait encore hier, dans son bureau, Christine Rambaud, porte-parole du groupe, qui confirme cependant que chaque mot de cette intervention a bien été validé par le maire de Rouen.

Le président de la Métropole proposait, en cas de transfert de ces équipements, de prendre 100 % des dépenses tout en laissant 50 % des recettes, « par solidarité » avec la Ville sclérosée par les difficultés financières. « Si le taux d’abattement retenu était de 50 %, cela voudrait dire que les Rouennais continueraient de payer pour une part importante pour d’autres habitants de la Métropole », est-il écrit dans le communiqué. Selon ce raisonnement, vu que le centre Boissière accueille 63 % de non-Rouennais, la Ville devrait donc garder 63 % des recettes ? Pas sûr que les élus des autres communes, dont certains estiment déjà que Rouen est privilégiée dans la métropole, l’entendent de cette oreille. Gérard Letailleur (Front de gauche) a d’ailleurs aussitôt réagi au discours de Christine Rambaud arguant que, à Petit-Couronne (où il fut maire jusqu’en 2004), « entre 70 % et 80 % des usagers de la piscine ne sont pas Couronnais ».

« On ne va pas brader nos équipements »

Mais le bassin de Petit-Couronne n’intéresse certainement pas la Métropole... « Frédéric Sanchez aime ce qui brille », raille Christine Rambaud, au lendemain du conseil. Les observateurs politiques s’amusent depuis des mois des conseils municipaux rouennais qui se réduisent à peau de chagrin depuis que les musées, la voirie, le stade Diochon ou encore l’aître Saint-Maclou, pour ne citer qu’eux, sont entrés dans le giron de la Métropole. Aujourd’hui, Yvon Robert et son équipe ne veulent plus s’effacer à n’importe quel prix. « On veut bien que la métropolisation se fasse, mais pas au détriment des Rouennais. On ne va pas brader nos équipements. »

La Ville pourrait refuser les transferts, mais cela ne réglerait pas les problèmes des charges de centralité : les Rouennais continueraient de payer pour les autres. En exposant la situation publiquement, la majorité rouennaise espère susciter une réponse collective, qui ne serait pas la seule volonté de Frédéric Sanchez. « Mon intervention de lundi n’était pas que pour Rouen, mais pour plus d’égalité entre les 71 communes, assure Christine Rambaud. Mettons les choses à plat, analysons, tenons compte des difficultés de chacun. Ouvrons réellement le débat ! » Opposants comme alliés ont souvent pointé du doigt le manque de courage des socialistes rouennais. Pour une fois, ils ont mis les pieds dans le plat là où on ne les attendait pas. Et, comme l’a si bien formulé Jean-Marie Masson, maire de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, pendant la séance : « ça donne de la vivacité au débat, sinon on ronronnerait ! ».


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http://www.paris-normandie.fr/actualites/economie/axa-inaugure-son-nouveau-siege-regional-GE11739609?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=91fdd424e6-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-91fdd424e6-137315997

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Grâce à Claude Bébéar, Rouen affirme son rôle métropolitain normand puisque le groupe AXA décide de faire d'Isneauville sur les hauteurs de Rouen, non loin de l'A28 son QG opérationnel rayonnant sur 22 départements français (Normandie- Centre-Bretagne). Grâce à Claude Bébéar, le fondateur d'Axa qui, autrefois, fut brièvement tenté par une carrière politique du côté de la ville de Rouen (on se demande bien pourquoi...), notre métropole normande est enfin la "métropole d'équilibre du Nord-Ouest", fonction que l'Etat central parisiano-jacobin lui avait déniée en 1965 avec les conséquences funestes que nous savons.

Au sujet du parcours, sinueux, de l'actuel président d'honneur du groupe d'assurances AXA, théoricien d'une économie française sans industrie (avec les conséquences que nous savons et que nous subissons...) et qui s'est lancé dans les affaires avec l'appui et les réseaux de la grande bourgeoisie catholique rouennaise, lire l'article suivant proposé par le quotidien "Les échos":

https://www.lesechos.fr/29/02/2008/LesEchos/20121-145-ECH_les-trois-visages-de-claude-bebear.htm