Petit message normand de Noël...

Le documentaire diffusé sur ARTE samedi 23 décembre 2017 (voir ici même un billet précédent) l'a révélé magnifiquement:

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Le Mont Saint Michel fut, à la mitan du XIIème siècle, le coeur intellectuel et spirituel de la civilisation anglo-normande. On pourrait aller plus loin: l'une des raisons, sinon la principale raison de la réussite de l'aventure normande sur la vallée de la Seine au début du Xème siècle fut que Rollon comprit comme, jadis, le roi Salomon dans la Bible qu'il ne lui fallait pas prendre le risque de tout perdre en suivant la route assez banale et finalement vaine de la seule volonté de puissance, de la prédation et de l'accumulation sans fin des richesses mais que s'il voulait durer dans le temps, lui et ses compagnons, il lui fallait justifier leur installation et l'affirmation de leur nouveau pouvoir politique par une ambition d'une qualité supérieure, une ambition de nature spirituelle.

La question est débattue depuis fort longtemps par les historiens de la Normandie comme s'il s'agissait de savoir si de l'oeuf ou de la poule lequel est arrivé en premier.

Cette question est la suivante:

La Normandie, comme projet poltique et territorial résulte-t-elle d'abord d'un projet spirituel, celui de l'archevêque de Rouen désireux de reconstruire l'ancien ressort de son église métropolitaine associée aux diocèses d'Avranches, Coutances, Bayeux, Evreux et Lisieux dans les limites de l'antique Seconde Lyonnaise? Ou s'agit-il d'un projet assez banal de conquête qui a eu la chance de réussir?

En tout cas, ce qui est certain c'est que le projet de Rollon a réussi et a perduré parce ce qu'il a "épousé l'Eglise" comme le dit très clairement, quatre-vingt ans après les faits,  le moine Dudon de Saint Quentin, le premier historien officiel de la Normandie: Rollon a renoncé à la prédation et à la volonté de puissance pure en mettant cette dernière au service d'une idée spirituelle qu'il a découverte et expérimenté avec l'abbé de Jumièges dans un premier temps puis, par la suite, avec l'archevêque de Rouen qui avait à gérer une ville ruinée par les attaques normandes précédentes et surpeuplée de réfugiés venus de l'Ouest de l'ancienne province ecclésiastique fuyant, à la fois, les Bretons au Sud et les irréductibles Iro-norvégiens dans le Nord du Cotentin...

Informé des difficultés de son collègue normand par trop pillard et trop violent qui sévissait depuis Nantes et qui écumait toute la vallée de la Loire, mais aussi instruit des difficultés des Daneland dans les îles britanniques (la brutalité d'une part et l'entre-soi culturel de l'autre, ça ne marche pas), Rollon et ses compagnons font le pari de leur conversion au Christianisme et de l'assimilation rapide aux élites gallo-franques de la Basse Seine: ils se glissent dans le cadre théologico-politique qu'ils trouvent et qu'ils doivent officiellement défendre comme un nouveau corps vigoureux dans un ancien et prestigieux habit.

Par la suite, la dimension spirituelle chrétienne de la Normandie va se confirmer avec l'alliance intime nouée entre les ducs de Normandie et l'ordre monastique bénédictin, avec Richard 1er et surtout avec Guillaume le Conquérant qui demande aux Bénédictins de construire la première armature de l'unité normande au point que l'on peut dire que la toute première politique publique d'aménagement des territoires normands fut celle des grandes abbayes bénédictines qui constituèrent un réseau très efficace pour assurer le développement économique local ainsi que le développement social des populations: les abbayes étaient aussi des hôpitaux et des dispensaires pour les pauvres mais aussi des écoles et certaines étaient mêmes des écoles supérieures au rayonnement européen: Fécamp et le Mont Saint Michel notamment...

On a fait, tardivement, de la France la "fille aînée de l'Eglise", expression célèbre mais bien malheureuse et surtout historiquement fausse (elle date du XIXe siècle) ... En revanche, la Normandie est assurément une fille plutôt réussie de l'Eglise au point que l'antique province métropolitaine de Rouen  (région "apostolique" ou province "ecclésiastique") a été rétablie en 2003 par l'église catholique, soit dix ans avant le retour à l'unité politique et administrative de la Normandie. Et cette réussite ou cette stabilité géo-historique millénaire plutôt remarquable, nous la devons à une intelligence pratique des Normands des questions religieuses et de la spiritualité: voilà qui peut paraître paradoxal, en effet, d'avoir à définir un pragmatisme spirituel alors que nous avons l'habitude de penser la spiritualité, notamment chrétienne, comme une recherche d'absolu qui refuse la nuance et les compromis avec les réalités du Monde.

Avec des dizaines de monastères et d'abbayes, d'églises et de cathédrales, la Normandie pourrait être la région de France la plus hérissée de clochers, mais la Normandie n'est pas une Thébaïde où se retirer du Monde (sauf peut-être au Mont St Michel). Bien au contraire, la spiritualité chrétienne normande est une spiritualité pratique, pragmatique en intelligence avec la réalité qui s'est donnée comme mission d'organiser le Monde pour qu'il soit en paix et pour que la prospérité des populations soit assurée.

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La chapelle Sainte Paix à Caen, non loin de la gare SNCF: le plus ancien monument de la ville...

C'est en Normandie, au concile de Caen de 1047 présidé par Guillaume et les principaux abbés et évêques de la duché que fut instauré le premier exemple en Occident de loi interdisant le port d'armes sur la voie publique pour assurer la sécurité des habitants.

Cette conception "irénique" et pragmatique de la spiritualité normande se trouvera au coeur du projet de créer une Normandie sicilienne et italienne assurant la cohabitation pacifique entre Chrétiens latins, Chrétiens byzantins, Juifs et Musulmans...

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On rappelera aussi que c'est Guillaume Le Conquérant qui autorisa l'installation de la première synagogue juive à Londres.

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Ce christianisme pragmatique normand n'est cependant pas exempt du recours à la violence selon le principe maléfique que la fin pourrait justifier tous les moyens (alors qu'il faudrait faire le contraire): la douloureuse conquête de l'Angleterre de 1066 fut pensée comme une croisade contre un roi parjure et l'aristocratie saxonne a été remplacée par l'aristocratie normande conquérante qui a couvert le pays conquis de châteaux, d'abbayes et de cathédrales...

La spiritualité normande préfère bâtir avec de la pierre plutôt que de chercher à construire dans les âmes une orthodoxie religieuse. Sur ce dernier point si sensible en matière de religion et qui déchaîne des ouragans d'intolérance, la théologie chrétienne dans l'aire de civilisation anglo-normande a fait preuve de certaines originalités audacieuses: fonder la foi religieuse sur la raison selon Saint Anselme, l'archevêque de Canterbury qui disait: "je ne cherche pas à comprendre afin de croire mais je crois afin de comprendre...". Définir Dieu par son absence plutôt que par ses prétendues apparences selon le théologien anglais Guillaume d'Ockham... Ou imposer à toute l'église catholique romaine l'idéalisation absolue de la Vierge Marie conçue elle-même sans péché pour permettre la naissance du Christ, l'enfant dieu de Noël: on sait que l'idéalisation féminine de l'amour courtois, "la fine amour" très en vogue dans le monde anglo-normand au XIIe siècle a pu contribuer à établir une piété particulière pour la mère juive qui a conçu celui qui devrait sauver l'Humanité et, avant qu'il ne devienne tardivement un dogme officiel de l'église catholique, cette croyance en l'immaculée conception de Marie était déjà très répandue en Normandie dès la fin du Moyen-âge avec la ville de Rouen comme épicentre.

Cette piété mariale débordante de Normands, par ailleurs, si réservés et soucieux de ne point trop déborder, a fait de la Normandie la terre des "Marie" et du 8 décembre, la "fête des Normands"...

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Plus tard, si les Rois de France, de François 1er aux fils d'Henri II avaient pu faire plus preuve de pragmatisme en matière religieuse pour nous épargner les trente années d'une épouvantable guerre de religion entre Protestants et Catholiques, les Normands qui avaient accueilli très favorablement les nouveautés luthériennes et calvinistes qui mettaient en avant le lien entre liberté de Dieu (grâce) et liberté individuelle du chrétien, auraient tout autant accueilli avec grande faveur une religion de pacification et de compromis faisant la synthèse du protestantisme et du catholicisme à l'image de la solution anglicane pratiquée en Angleterre: les Normands, à cette époque, auraient volontiers troqué le catholicisme romain pour une expérience "gallicane" qui n'a jamais pu être réellement mise en oeuvre y compris sous le règne d'Henri IV le restaurateur de la paix civile et religieuse.

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En raison de sa proximité avec l'Angleterre protestante, la Normandie fut un enjeu militaire important pendant les guerres de Religion au grand dam des Normands eux-mêmes qui eurent à subir dans leurs villes et leurs campagnes les excès de bandes minoritaires, tant du côté huguenot (par exemple: la famille des Montgomery et ses affidés dans le Cotentin et l'Avranchin) que du côté catholique (par exemple: la ligue ultra catholique du cardinal d'Amboise plus influente au parlement de Rouen que chez les Rouennais eux-mêmes qui y voyaient, non sans raison, l'oeuvre de subversion des espions espagnols nombreux en ville).

Soucieux de bien garantir sur des bases juridiques incontestables le retour à la paix religieuse, les Normands furent les derniers à enregistrer le texte de l'édit de Nantes (1598). En conséquence, ce fut la province de France où cet édit de tolérance religieuse fut, par la suite, le moins contesté et le plus respecté jusqu'à sa stupide révocation en 1685 par Louis XIV qui contraignit 25000 familles de protestants normands à l'exil avant d'engager, trois ans plus tard, la première d'une très longue série de guerres inutiles contre l'Angleterre protestante qui allait ruiner durablement l'économie maritime normande.

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Cette spiritualité chrétienne normande toujours soucieuse des réalités humaines on la retrouvera durant le Grand Siècle chez un Jean de Bernières, noble de robe caennais qui osa s'occuper des pauvres au point de vouloir les abriter chez lui: il est à l'origine de ce qu'on appelle aujourd'hui "le christianisme intérieur" qui consiste à s'abandonner à l'amour de Dieu en le mettant en oeuvre dans sa vie pratique: le livre de Jean de Bernières, "le chrétien intérieur" sera l'un des grands succès de librairie du XVIIe siècle. On doit aussi au grand spirituel caennais, la formation théologique et spirituelle des fondateurs de l'église du Canada.

Malheureusement, toute cette si belle mémoire spirituelle, celle d'un Jean de Bernières ou d'un Jean Eudes fut écrasée sous les bombes de 1944: aujourd'hui à Caen, il n'en reste quasiment plus rien, c'est à dire des plaques en tôle émaillée nommant une rue à l'angle d'un immeuble en béton des années 1950. On ne dira jamais ASSEZ que l'âme normande fut terriblement mise à l'épreuve dans l'urbicide que nous avons collectivement subi il y a 70 ans pour parvenir à la Libération de l'Europe de l'enfer nazi:

La Normandie innocente sacrifiée  et immolée comme l'agneau de la nuit de Pâque... avant la libération de l'Egypte.

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Cette humilité spirituelle on la retrouvera, aussi, chez notre petite Thérèse de Lisieux qui n'a de commun avec l'autre Thérèse, l'espagnole d'Avila, que le nom: pas d'effets spéciaux spirituels ou psychologiques chez la petite Martin née à Alençon, on laissera la mystérieuse "transverbération" à l'autre, l'espagnole... Car si notre Thérèse parle de roses ou de fleurs dans ses écrits spirituels c'est moins pour décrire un mouvement compliqué de son âme que pour espérer concrètement une pluie de roses sur une humanité souffrante. On sait, hélas, qu'à défaut de pétales de roses, ce furent des bombes qui tombèrent du ciel pour anéantir et libérer Lisieux en juin 1944.

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On retrouvera enfin ce christianisme intérieur pacifique et humble chez le Père Jacques Hamel qui pratiquait depuis des années, dans la simplicité du quotidien de sa paroisse de Saint Etienne de Rouvray une magnifique aventure de la rencontre entre le christianisme et l'islam qui passait pour une abomination pour quelques enragés de la pureté coranique ou de la Charia. Hélas, deux jeunes enrôlés dans l'idéologie de l'islamisme ont commis l'abomination que nous savons tous...

Et aujourd'hui? Qu'en reste-t-il?

Tout d'abord, le constat lucide (la lucidité, une valeur normande) dressé par le philosophe d'origine normande Marcel Gauchet dès les années 1980 qui explique la déchristianisation rapide de l'Europe occidentale, notamment en France, par une sortie de l'enchantement du monde au profit de l'affirmation d'un individualisme matérialiste, désafilié de toutes les traditions et de toutes les institutions au nom de la liberté.

MG

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Le-desenchantement-du-monde

Puis, un ultime paradoxe: la méditation du plus athée et du plus normand de nos philosophes, Michel ONFRAY dans le plus rigoureux des monastères, celui de la Trappe de stricte observance de la règle de Saint Bernard et qui, pour ce qui est de la méthode, utilise le même chemin qu'un Anselme du Bec ou qu'un Bernières de Caen: comprendre par la raison les raisons d'une conversion. Pour quelle raison il est finalement raisonnable de garder son âme d'enfant toute sa vie comme une circoncision de l'orgueilleuse raison  qui croit savoir alors qu'il serait plus sage de savoir qu'il nous faut croire parce qu'il nous est impossible de tout savoir, pour reprendre la célèbre formule de Pascal au sujet de définir la différence entre celui qui croit au ciel et celui qui n'y croit pas...

La Normandie spirituelle d'aujourd'hui c'est donc cela:

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Un monument aux déportés de la guerre construit au chevet de la cathédrale de Bayeux citant le célèbre poème d'Aragon, la rose et le réséda...

Un prêtre qui avait autorisé la construction d'une mosquée à côté de son église, mort en martyr du dialogue de paix entre les religions.

Un philosophe athée s'enfermant dans une abbaye cistercienne de stricte observance au fin fond de la campagne de l'Orne pour y lire la vie de l'abbé de Rancé écrite par Chateaubriand...

Une messe de Minuit à l'abbaye de la Lucerne dont les cloches sonnaient à toute volée dans la nuit profonde et humide de la campagne normande: entre les vénérables murs relevés, il y a quelques années par l'Abbé Lelégard, un ardent compagnon de route de l'écrivain patoisant Louis Beuve qui a oeuvré pour une renaissance culturelle et spirituelle de la Normandie, les vieux cantiques de Noël ont résonné et la raison a été sommée, le temps d'une heure, de mettre genoux en terre pour réfléchir, pendant l'homélie, aux deux grandes considérations proposées:

Que serait-ce une vie humaine sans aucune espérance?

Qu'est-ce qu'une laïcité qui oublierait ce qu'elle ne devrait jamais oublier? Le respect dans la piété de la liberté de conscience, aussi fragile que le petit enfant de Noël dont la survie ne dépend que des "grandes personnes" qui se disent adultes, libres et responsables.


 Ci-après, on vous donnera à lire en intégralité, le premier texte de Michel Onfray en reportage pour le magazine Le Point, à l'abbaye de la Trappe: un texte objectivement très beau.

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http://www.lepoint.fr/chroniques/michel-onfray-avec-rance-a-l-abbaye-de-la-trappe-1--21-12-2017-2181738_2.php?&boc=46945&m_i=QtSH3GicRZ74EMyqEGSeL_KJ7Zh76xPtO1uvnxCEkEzqyA5NTaafOmR6uNMs3OX7wIcGwftslCyM7oQB16FrYH%2BWVx&M_BT=1025162102#xtor=EPR-6-

Le philosophe, auteur du Traité d'athéologie, s'est enfermé à l'abbaye de la Trappe, le temps de lire Vie de Rancé, la biographie que consacra Chateaubriand à cet abbé libertin devenu le champion de la « stricte observance ». Le Point publie la première partie de ce feuilleton de sept épisodes, à suivre sur Le Point.fr.

À 4 heures du matin, je me réveille dans la cellule 212 de l'abbaye de la Trappe à Soligny, dans l'Orne, le pays de mon âme. Elle a pour nom : saint Bernard – en fait saint Bernard de Clairvaux, l'inventeur des croisades, le curé-soldat, le penseur des guerres saintes et de l'exécution des cathares. L'abbé de Rancé avait invité les renonçants à sauter de leur lit comme on sort du tombeau. J'en sors plus frais qu'un cadavre.

Plongé dans la nuit la plus profonde, le monastère est silencieux. Les seuls bruits sont ceux que je fais en me levant, en me douchant, en me préparant, en m'habillant. Bruit mat de mes pieds nus sur le sol, bruit de l'eau glougloutante qui arrive dans le tuyau de la douche puis coule en pluie, bruit de l'eau du robinet qui sort en filet, bruit de la mousse à raser qui sort de sa bombe, bruit du rasoir qui crisse sur ma peau, bruit de la brosse à dents modulé par ma bouche, bruit du fouillis fait dans ma trousse de toilette, bruit froissé des vêtements, bruit des draps du lit que je refais, bruit de cuir de mes pas. Chacun de ces bruits me semble un blasphème.

La règle impose ici le silence. Tout est fait pour ne pas le troubler. Chaque mot est un cri, chaque susurrement une vocifération, chaque murmure un hurlement, chaque chuchotement un coup de revolver dans une église. Si on pense qu'au commencement était le Verbe, il faut bien l'économiser si l'on veut qu'il signifie encore et qu'on ne le dilue pas dans le bavardage du monde.

Je suis seul dans le couloir de l'hôtellerie. Je ferme ma porte qui claque comme celle du monde qu'on referme derrière soi quand on veut, dans le monde, quitter le monde. Le monastère est une terre sans terre, un ciel sans air, une géographie sans frontière – bien que clôturée.

Je descends l'escalier d'où, hier, j'ai regardé l'étang auprès duquel Rancé cheminait avec Bossuet ; j'ai imaginé leurs conversations – peut-être sur le jansénisme, sur Port-Royal, sur le quiétisme, sur Pascal et Jansénius, sur Descartes aussi et son Discours de la méthode  ?

À la fenêtre de ce même escalier, j'ai avisé, en contrebas, le petit cimetière des moines. Des croix simples et sobres. L'une d'entre elles est juste un peu plus haute : étonnante distinction dans un carré de terre où, justement, les différences sont fondues dans la glèbe.

La veille j'avais vu aussi, un peu au loin, le bâtiment des moines. Quand on franchit le portail de l'abbaye, on entre dans un monde, certes, mais ça n'est pas encore l'autre monde qui, lui, se trouve séparé par une clôture. On laisse derrière soi les vanités et les futilités, les frivolités et les chimères, les duperies et les puérilités. On entre avec soi, c'est-à-dire avec rien.

J'avais imaginé l'odeur qui n'est pas celle que je découvre. Pour avoir connu le parfum de la petite maison d'une ancienne gouvernante très pieuse chez qui j'ai appris à lire et écrire à partir de l'âge de 3 ans, mais aussi l'histoire sainte et le nom des oiseaux, celui des fleurs et des arbres – le propre et l'encaustiqué –, pour avoir connu les fragrances de la sacristie du village de l'église de mon enfance où je servais la messe – l'encens et le moisi –, pour avoir senti les miasmes du presbytère – le négligé et le garçon –, pour avoir connu les odeurs de l'orphelinat pendant quatre années entre 10 et 14 ans – la crasse et le gras, la sueur et la patine croûteuse –, pour avoir connu les fragrances de trois années de lycée privé à Argentan – le récuré et le nettoyé –, je m'attendais à des souvenances de cet ordre, un mixte, des mélanges ou quelque chose d'autre encore. Il n'y eut rien. L'abbaye ne sent rien, comme si les fragrances étaient de dangereuses distractions, de condamnables divertissements.

La veille, Monique, une laïque qui s'occupe du ménage, m'a montré les lieux où personne ne m'a attendu. Juste dans l'entrée une clé dans une corbeille en osier et ces quelques mots « Michel Onfray Chambre 212. Bienvenu ! [sic] » Elle m'a indiqué le réfectoire, puis l'entrée de l'église pour assister aux offices. Elle m'a donné les horaires que j'avais déjà lus sur une feuille posée sur la table de la cellule.

Pour les jours ordinaires : 4 h 15 : vigiles, oraison ; entre 6 heures et 8 h 30 : petit déjeuner en libre service ; 7 heures : laudes et eucharistie ; 9 h 30 : office de tierce ; 12 h 15 : office de sexte ; 12 h 30 : repas et vaisselle ; 14 h 15 : office de none ; 18 h 15 : vêpres, oraison ; 19 heures : repas et vaisselle ; 20 h 15 : complies. Le dimanche, quelques modifications avec l'ajout de l'exposition du saint sacrement à 19 h 30 et l'adoration communautaire à 19 h 55 suivie de la bénédiction du saint sacrement.

À vigiles

Chaque jour, c'est ainsi. Hier, aujourd'hui et demain, c'est un même jour. Depuis mille ans, le passé est fait comme ce jour qui est semblable à ceux qui font le futur qui pourra durer mille ans aussi. Ici, l'autre, c'est le même et le même, c'est un temps pensé comme une éternité. Passer ici une journée comme le fit Chateaubriand quand il prévoyait sa Vie de Rancé ou plus de douze mille comme Rancé lui-même, c'est une seule et même chose : la seule façon d'approcher l'éternité, c'est d'immobiliser le temps dans la répétition. Le rituel est une voie d'accès au cœur même du temps ; il est la durée cristallisée dans une ritournelle existentielle.

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Charisme. Portrait de l’abbé de Rancé, par Hyacinthe Rigaud (XVIIIe s.).

© Josse Josse/Leemage

Personne ne sait que j'ai décidé d'aller à vigiles. Je descends seul. Il y avait au dîner, quelques heures plus tôt, le jour d'avant, au moins une religieuse venue en retraite ; et probablement un autre homme d'Église, une croix sur la poitrine, dont je ne sais s'il est un moine ou un laïque. Deux autres étaient des trappistes en civil. Personne ne s'est parlé, il n'y a eu que quelques gestes. La parole avait été réservée à une prière avant et une autre après le repas.

Moi qui aime la ponctualité, je suis à une minute avant l'heure devant la porte qui conduit à l'église. Il me reste quelques pas quand la porte s'ouvre devant moi, un moine me l'ouvre.

J'entre et dis « bonjour ». On ne dit pas bonjour ; on ne dit rien ; on ne parle pas. Il me salue d'une légère inclinaison de la tête. J'ignore si je dois aller à droite ou à gauche, je fais la phrase la plus courte qui soit accompagnée d'un geste : « Par là ? » Il me répond par un geste du même genre qui signifie : dans cette direction, oui...

J'entre dans l'église où quelques moines sont déjà là. L'organiste est à son clavier. L'homme de la porterie est le seul, avec moi, à prendre place dans l'assemblée. Personne ne se regarde. Chacun marche lentement, la tête penchée vers le parquet, le regard perdu sur la surface du sol.

Les moines arrivent les uns après les autres. Des jeunes alertes, des vieux épuisés, fatigués ; des rudement chaussés et un qui porte des tongs en plastique, un autre des sandales de cuir ; des qui toussent et reniflent en ce 12 décembre et des corps qui se déplacent comme un spectre. Les longs vêtements blancs glissent comme des âmes dans la pénombre de l'édifice. Des friselis de tissus, des chuchotis de pas, le tout dans une basse continue de silence.

Vigiles célébrées par une dizaine d'hommes pour deux personnes présentes, certes, mais également pour des milliards d'humains absents et un Dieu nulle part visible, mais partout présent.

Pour ma part, il est absent. Le frère Thomas qui a répondu à mon courrier électronique sait que je ne crois pas en Dieu, j'ai cru bon de le lui préciser dans ma demande. Il sait aussi probablement que j'ai publié le Traité d'athéologie. Du moins, s'il ne le sait pas, moi je le sais... Il m'a répondu : « Venez, on vous attend. » Je suis venu. Il est apparu dans l'embrasure de ma chambre et nous avons échangé quelques mots peu après mon arrivée. Deux ou trois minutes. Il m'a proposé d'envisager un passage par la bibliothèque – ce qui m'a réjoui. Puis il est reparti.

Je suis venu pour lire sur place la Vie de Rancé, de Chateaubriand. La durée de mon séjour est conditionnée au temps qu'il me faudra pour lire cet ultime ouvrage de l'auteur de Mémoires d'outre-tombe.

Âme et chair

Je suis en train d'écrire un texte qui s'intitule « Les deux léopards » et qui est sous-titré « Une histoire épique de la Normandie ». De la préhistoire d'une Normandie qui n'existe pas encore à l'histoire contemporaine d'un prêtre égorgé en plein office par deux jeunes qui se réclament de l'islam dans l'église normande de Saint-Étienne-du-Rouvray, j'examine sous forme de fresque, avec des vers libres, l'histoire de ma région natale.

On y trouve un guerrier gaulois du nom de Viridorix qui résiste aux légions romaines grâce à une potion magique ; un Viking insolent, Rollon, qui crée la Normandie ; un bâtard qui devient conquérant, Guillaume ; un moine copiste du Mont-Saint-Michel qui traduit pour la première fois Aristote en latin à partir du grec, le chrétien syriaque Jean de Venise ; une école talmudique à Rouen et son rabbin Cresbia ben Isaac ; un tournoi qui est la dernière ordalie du royaume avec Jean de Carrouges ; le procès d'une truie ayant mangé un enfant et qui a appartenu à Jean Le Maux, de Falaise ; l'évêque Cauchon, accusateur au procès de Jeanne d'Arc ; un fils de roi brésilien qui a traversé les mers pour arriver à Rouen et y vivre sa vie, Essoméric ; Montaigne découvrant les sauvages, comme il dit, en fait des Tupinambas, à Rouen ; Jean Quétil qui prend la tête de la révolte des Nu-Pieds ; Lautréamont qui suivit les cours du professeur de Spinoza à Amsterdam et comptait faire un coup d'État républicain à partir de la Normandie ; la sublime Charlotte Corday, qu'on ne présente plus ; la vie de torture que les jacobins infligent à Louis XVII, dernier duc de Normandie, et qui meurt d'épuisement à 10 ans ; la terre faste aux dandys du XIXe siècle, de Brummell à Baudelaire en passant par Barbey d'Aurevilly ; les affres d'une vie de sainte avec Thérèse de Lisieux, qui fut d'Alençon ; une théorie des nuages normands qui conduira Manet à inventer l'impressionnisme, prolégomènes à un Marcel Duchamp rouennais qui rend possible l'art contemporain ; une guerre de 14-18 qui fauche la jeunesse comme des blés verts ; un général de Gaulle qui refuse que la France devienne un État de plus sur le drapeau américain...

L'abbé de Rancé fait partie de cette galerie de portraits de Normands qui ont donné l'âme et la chair à ma région : il y a vécu trente-quatre années à la Trappe, près de Mortagne, dans le Perche. J'avais donc envie de lire sur place le récit que fait Chateaubriand de cette histoire d'un abbé libertin devenu réformiste radical de la Trappe avec une règle d'un ascétisme incandescent. Comment peut-on vivre une première demi-vie emblématique du libertinage et une seconde emblématique de son exact antipode ? Avers d'une pièce noire au revers blanc.

Je ne suis pas dupe de moi-même et je sais que je ne suis pas allé au carmel de Lisieux pour lire Histoire d'une âme, de la petite Thérèse ; ou que je ne me suis pas rendu au jardin de Giverny pour écrire sur les nénuphars de Monet qui diffractent la lumière pour en faire le seul sujet ; ou bien encore que je n'ai pas effectué le voyage jusqu'à Rouen pour me retrouver entre les quatre murs de la Maison sublime du rabbin Cresbia ben Isaac. J'allais à la Trappe pour lire Chateaubriand, c'est vrai ; mais aussi pour toucher du doigt l'expérience deux fois millénaire d'une vie philosophique. D'une vie portée par la transcendance quand la mienne l'est par l'immanence.

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La Grande Trappe. Vue de l’abbaye cistercienne de Notre-Dame-de-la-Trappe,
à Soligny (Orne).

© Levalet F. / Andia Levalet F. / Andia

Ascétisme incandescent

Je n'ai pas la foi et ne la demande pas ; je ne suis pas en quête d'une grâce ou d'une révélation ; je n'attends pas la conversion, comme Claudel derrière son pilier ; je ne suis pas en demande de visitation ; je ne crois pas que fréquenter le lieu où d'aucuns prient Dieu le fasse apparaître.

Je voulais comprendre pourquoi, quand j'avais une vingtaine d'années, j'étais intéressé par la vie monastique en déplorant de ne pouvoir la mener pour une cause vraiment dirimante : le défaut de foi...

J'imagine que la fonction de prêtre n'a pas gêné certains athées ; j'ai même connu un évêque franchement déserté par la foi et qui vivait en nabab – confidence de mon vieux maître Lucien Jerphagnon ; mais la vie de moine ne me semble pas du tout compatible avec l'imposture. Trop rude et décapante, trop vive et vraie pour y tenir le mensonge en loi.

Ce qui me plaisait alors dans la vie de moine, c'était l'incandescence, la vie tout entière vouée à la cause d'un idéal, la pratique existentielle de ce à quoi on croit, l'intime liaison entre la théorie et la pratique, l'incarnation des idées dans l'existence. J'imaginais une vie quotidienne remplie de ce qui me passionnait et me requerrait déjà : la lecture, la prise de notes, la méditation, la réflexion, le raisonnement, l'écriture. Mais sans la foi, tout cela n'avait aucun sens.

À 4 heures du matin, à l'heure où tous dorment ou presque, j'étais donc sous la nef de l'église de la Trappe. Qu'un athée puisse se retrouver là de son plein gré peut sembler étrange ; et, de fait, c'est étrange. Pour moi aussi. Lire la Vie de Rancé dans les lieux où il a vécu n'oblige pas forcément à assister à vigiles.

La veille, avant le repas, une prière a été dite ; puis un signe de croix... Que faire ? Me signer, ou pas ? Si je fais le signe de croix sans croire, c'est une imposture ; mais si je ne le fais pas, c'est une forfaiture. Au surplus, je risque de blesser mes compagnons de clôture.

De la même façon que dans la mosquée de Tripoli jadis ou dans le tombeau des Patriarches d'Hébron, sinon dans les mosquées de Casablanca ou du Caire, j'ai ôté mes chaussures, tout autant que j'ai porté la kippa en entrant dans la synagogue de Venise ou chaque fois que je me rends au mur des Lamentations de Jérusalem, j'ai effectué ce signe en forme de respect de la croyance de mes voisins.

Le faisant, je me rappelais que la dernière fois que je l'avais dessiné dans l'espace remontait probablement à mon adolescence, forcé lors d'une messe en pension. Cette fois-ci, je sentais que, de la tête au ventre, puis d'une épaule à l'autre, je dessinais la croix dans mon corps, je la faisais entrer dans ma chair. Symboliquement, se signer c'est se saigner.

Pendant l'oraison matutinale, j'ai repris ce geste jadis machinal qui m'a rappelé les racines judéo-chrétiennes de la France et qui nourrit le déni de ceux-là mêmes qui les nient – comme un gland qui récriminerait contre le chêne en disant qu'il n'a rien à voir avec lui...

Un chant monte du silence juste troublé par le bruit du sang qui circule dans nos oreilles et fait entendre une mer qui n'existe pas. Il vient de mille ans en amont, simple comme une voix de mère qui parlerait à son enfant pour le réveiller. Une ligne sobre et pure, des voix fluides et claires. Une conversation vieille de centaines d'années et qui ne s'épuise jamais.

Après le silence, après l'oraison, après la prière, la lecture. Michée, d'abord, qui invite à forger des épées pour en faire des socs et des lances pour en faire des serpes ; Lanza del Vasto, ensuite : un commentaire des Évangiles en forme d'éloge de la vigilance sans laquelle rien d'essentiel, au sens premier du terme, n'est possible. « Personne ne pourra vous éveiller spirituellement sinon vous-même, et c'est le premier de vos devoirs : éveillez-vous, éveillons-nous, car nous dormons », est-il dit. Cette invitation pourrait être d'un philosophe de l'Antiquité grecque ou romaine : Épicure ou Épictète, Sénèque ou Marc-Aurèle, Cicéron ou Plotin. Chaque phrase du texte issu du livre des Prophètes venu de la nuit des temps me parle.

Après le silence, après l'oraison, après la prière, après la lecture, le silence à nouveau. Il permet aux mots de rouler dans la tête, de tourner dans l'âme, de secouer l'esprit. Ce silence fait du bruit. Il est semblable à celui que fait la musique des sphères de Pythagore : un genre d'harmonie dans laquelle les choses prennent ou reprennent leur place.

Clôture

Chateaubriand écrit à un moment dans sa Vie de Rancé que les moines « ont l'air d'une colonie du Moyen Âge oubliée ». C'est en effet l'impression que l'on a. Mieux, ou pis : ces gens tous nés au XXe siècle sont des contemporains non pas de Jésus, mais des moines du désert qui brûlent au soleil égyptien, qui se dessèchent à la chaleur de la Palestine, qui se consument au vent de sable syrien, qui s'enferment dans un tombeau pour y vivre le reste de leurs jours.

La Grande Trappe © Olivier Martel Olivier Martel / akg-images

La Grande Trappe, les moines de l’ordre cistercien de la stricte ­observance assistent à la messe des laudes.

© Olivier Martel Olivier Martel / akg-images

Ils chantent ; puis ils se taisent. Le silence est un écrin pour la parole qui vient. Ils lisent des textes. Leur diction n'a rien à voir avec les phrasés corrompus d'un côté par l'art théâtral, de l'autre par le bavardage. Ni l'emphase lyrique et prétentieuse, narcissique et empruntée de l'acteur ou du comédien ; ni le robinet d'eau tiède où tout coule comme une fontaine empoisonnée du quidam se vidant de sa logorrhée. Une voix mécanique inspirée par le cosmos si on sait se souvenir de son étymologie : l'ordre.

Dans l'église, à vigiles, la clôture n'est plus qu'une idée : trois pas et je la franchis. Mais que franchirais-je ? Comme le secret des francs-maçons qui ne s'évente pas puisqu'il est impossible à transmettre, cette frontière ne s'enjambe pas, puisqu'elle n'est franchissable que par des âmes qui sont déjà passées de l'autre côté du monde.

Moi qui ne crois pas qu'il y ait un autre côté du monde et qu'il faut, selon l'invite nietzschéenne, se contenter du monde donné, je n'ai rien à franchir puisque je suis un en deçà de cet au-delà qui n'existe pas. Je suis un ici-bas.

Moins d'une heure plus tard, ce premier rendez-vous avec cette oraison inaugurale de la journée se termine. Les moines partent de leur côté ; moi du mien. Dans le déambulatoire qu'il me faut traverser pour remonter à ma chambre, un moine arrive vers moi, le visage dissimulé par sa capuche. Il semble flotter dans son habit blanc qui troue la pénombre ; il est tout près ; il passe ; je ne vois rien de lui. Il est une métaphore – le croisement de deux destins dans le silence, chacun partant dans sa direction. Le silence se ferme sur son passage qu'un froissement de tissu a juste troublé. La clôture est un remède contre l'errance. Et nous ne faisons la plupart du temps qu'errer.


 

Pour réécouter la messe de Minuit célébrée la veille au soir à l'abbaye de la Lucerne d'Outremer (Manche) suivre le lien suivant:

https://www.tendanceouest.com/actualite-256371-messe-de-noel-tendance-ouest-en-direct-de-l-abbaye-de-la-lucerne.html

Dimanche 24 décembre 2017, Tendance Ouest sera à l'Abbaye de la Lucerne, à la Lucerne d'Outremer (Manche) à l'occasion de Noël. L'occasion pour ses auditeurs de suivre, en direct, la messe qui y sera célébrée. 

À l'occasion de Noël, Tendance Ouest sera en direct de l'Abbaye de la Lucerne, à la Lucerne d'Outremer (Manche) dimanche 24 décembre 2017.

Un rendez-vous que la première radio indépendante de Normandie propose tous les ans à ses auditeurs, notamment à celles et ceux se trouvant, pour des raisons diverses, dans l'impossibilité de se déplacer.

Des chants en grégorien

Dimanche 24 décembre 2017, la célébration sera précédée d'une veillée avec des chants de Noël traditionnels. La messe solennelle de la nuit de Noël sera, elle, présidée par le père Guillaume Antoine, et chantée en grégorien. Aux grandes orgues, les fidèles retrouveront Jacques Joubin.

Pratique. Messe de Noël dimanche 24 décembre 2017 à partir de 23h. Ouverture des portes à 22h30. Renseignements : fraternité canoniale de l'Abbaye de la Lucerne, tél. 06 82 69 03 10.

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 Et pour finir, on vous propose la carte de Noël que nous a fait parvenir Michel H. A. Patin, le fondateur de l'Etoile de Normandie:

https://static.cybercartes.com/ccimg/images_cc/cc_am_140012_hd.mp4

JOYEUX NOEL A TOUTES ET TOUS !