Quelqu'un m'a tendu la gaffe, pardon, la perche, pour dissiper mon humeur à propos d'un article paru dans la Chronique de Normandie n° 523 du 29 janvier 2018 transposé ci-dessous :

Et pendant ce temps-là...

Sénalia : “après la pluie”.

Pour le groupe Sénalia, qui exploite les terminaux céréaliers et agro-industriels du port de Rouen, la campagne 2016/2017 est à oublier au plus vite. Le groupe n’a, en effet, traité que 4,9 Mt de céréales, contre 8,3 Mt en 2015/2016, le plus mauvais résultat depuis 13 ans.

Les raisons sont connues : météo défavorable, mauvaises récoltes, marchés instables : Sénalia a du s’adapter pour faire face aux vents contraires (contrôle des dépenses, chômage partiel, diversification) avec, au bout du compte, des résultats décevants : baisse du chiffre d’affaires de 57% , un résultat d’exploitation très légèrement positif : 781 000 €. Une seule exception, le négoce du cacao qui progresse de 8%, sous l’effet de l’augmentation des tonnages de fèves traités : vive la diversification !

Naturellement, Thierry Dupont, le président, et Gilles Kindelberger, le directeur général, attendent maintenant des jours meilleurs. Ils ont raison puisque la moisson 2017 s’est déroulée dans de meilleures conditions et que les tonnages traités repartent nettement à la hausse.

Point positif : en dépit des difficultés traversées, Sénalia a maintenu son programme d’investissement ; 15 M€ sont dédiés à la modernisation des outils

La Chronique de Normandie / n° 523 / 29 janvier 2018

Auparavant, était paru dans Le Marin du 18 janvier 2018 l'article ci-dessous :

Qu'est-ce qui rend la société Sénalia si sereine et en si bonne santé financière, au-delà des motifs invoqués officiellement ?

C'est l'acceptation, par la collectivité, de prendre à sa charge le coût dispendieux de l'entretien des accès au port de Rouen permettant à des navires de plus en plus massifs de naviguer en sécurité dans le chenal de 120 km donnant accès aux terminaux céréaliers du port de Rouen.

Ce coût a représenté 185 Millions d'euros pour une campagne exceptionnelle d'approfondissement entreprise entre 2008 et 2018, auquel il faut ajouter 20 M€ d'entretien permanent annuel.

Autant dire que cela limite considérablement l'écart de compétitivité sur le coût d'acheminement des céréales exportées depuis Rouen par Sénalia. Beau et onéreux cadeau consenti au lobby céréalier !

A titre indicatif, on peut rappeler les éléments suivants :

Le ratio "sédiments dragués en Mt de matières sèches / trafic total en Mt" du port de Rouen au cours des années 2006 à 2011 a été 4,6 fois supérieur à celui du port du Havre ;

Le ratio "sédiments dragués en Mm3 / trafic total en Mt" du port de Rouen au cours des années 2006 à 2008 a été 6,2 fois supérieur à celui du port du Havre ;

Le ratio "sédiments dragués en Mm3 / trafic total en Mt" pour l'entretien des accès du port de Rouen au cours des années 2005 à 2012 a été 6,6 fois supérieur à celui correspondant à l'entretien des accès du port du Havre ;

Le ratio "coût des dépenses d'entretien (dont dragage) en M€ / trafic total en Mt" du port de Rouen au cours des années 2005 à 2012 a été 3,3 fois supérieur à celui du port du Havre ;

Est-ce bien raisonnable de continuer à organiser le trafic de céréales depuis les ports de la basse Seine ainsi ?

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