Et le localisme renvoie à une certaine médiocrité, un certain manque d'ambition, une image "floue" (jetons un voile pudique...). Une fois de plus, on aura à l'esprit la leçon de Bossuet: "Dieu se rit des Hommes qui se plaignent des effets dont ils chérissent les causes"... Nouvelle illustration rouennaise de cette grande maxime morale:

Voir, ci-après, la publicité diffusée par "Rouen Normandy Invest" autour de la publication des résultats d'une étude nationale sur l'image de Rouen au Kindarena le 13 février 2018: on remarquera qu'il faut savoir faire de toute difficuté une opportunité et qu'il est préférable de communiquer sur un verre à moitié plein alors qu'il est, de fait, à moitié vide puisqu'il y manque toujours la dose normande, déterminante...

https://www.rouennormandyinvest.com/agenda/perceptions-de-rouen/

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Vous recherchez des talents ?
L’image de Rouen est importante pour votre business ?

Avec l’IFOP, Rouen Normandy Invest a enquêté :
Qu’est-ce qui attire à Rouen ?

Et ensuite, avec vous, on fait quoi ?

Mardi 13 février 2018 – Kindarena – Rouen – 19h00
(Accueil à partir de 18h30)

70% des français pensent que Rouen s’est beaucoup modernisée ces dernières années.

Vous souhaitez connaître les autres résultats ?

Un panel interrogé de :

  • 1 008 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population résidant en France métropolitaine
  • 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population résidant en Ile-de-France
  • 2 000 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population active occupée travaillant dans le secteur marchand (hors agriculture)
  • 102 journalistes, dont 50 couvrant les questions de tourisme et d’image des régions et 52 couvrant les questions économiques et d’aménagement du territoire

Intervention de :
Jérôme FOURQUET, Directeur du Département Opinion et Stratégies d’Entreprises de l’IFOP

Avec les témoignages de :

  • Paul CARVALHO, Directeur RENAULT Cléon
  • Chakil MAHTER, Directeur VOXENS
  • Yvon GERVAISE, Directeur SGS Multilab
  • Marie FAUVIN, Présidente et Co-dirigeante du Réseau PROMETIS
  • Annie GRENIER, Dirigeante et Co-Fondatrice d’OVERSPEED

En attendant de pouvoir vous procurer un lien actif vers le contenu de cette étude, on peut écouter sur le site Internet de Paris-Normandie un entretien avec Laurent BONNATERRE, élu local rouennais et vice-président de Rouen Normandy Invest, qui résume le contenu de cette étude qui confirme ce que nous savons de Rouen sur ses points forts et ses points faibles:

Rouen n'est connu que des Rouennais qui aiment et connaissent leur ville: Rouen est "une inconnue famillière". Dans l'étude, un tiers des 4000 personnes interrogées croient savoir que Rouen est au bord de la Manche et pensent que c'est une ville moyenne de 200000 habitants... "On nous confond avec Le Havre!" (dixit Laurent Bonaterre: est-ce l'insulte suprême pour un Rouennais?)

Il aura donc fallu une étude nationale interrogeant 4000 personnes et ayant coûté 50000 euros pour que les dirigeants de Rouen Normandy Invest, l'agence de l'attractivité du bassin d'emplois rouennais découvrent les méfaits du LOCALISME.

Manifestement, Rouen demeure dans l'ombre de Paris et continue de croire que son avenir ne réside que dans son statut de banlieue de "déconcentration" du Grand Paris et de ses 11 millions d'habitants.

En terme d'image nationale, Rouen devrait être perçue comme la capitale de l'automobile française à l'instar de Toulouse, capitale de l'aéronautique. Rouen devrait plus communiquer comme ville maritime puisque, contrairement à Nantes et Bordeaux, elle abrite le dernier grand port actif de fond d'estuaire d'Europe avec Hambourg.

Et "l'Athènes du genre gothique" (Stendhal) devrait être plus perçue comme une grande ville culturelle et patrimoniale encore exceptionnelle malgré les destructions de la Seconde Guerre Mondiale et les laideurs architecturales qui en résultèrent car Nantes est perçue comme une grande métropole culturelle en dépit d'un patrimoine architectural et historique moins dense qu'à Rouen. Enfin, Rouen a la chance encore trop peu exploitée en terme d'image et de services à la population, d'être lovée sur le bord de la Seine (transformation des quais bas) mais surtout d'être posée dans un écrin de forêts...

La mise en lumière (normande: c'est nous qui ajoutons) de la cathédrale, le retour de l'Armada, le succès de la fête du Ventre et de la gastronomie rouennaise, l'attrait de Normandie Impressionniste sur les classes supérieures "parisiennes" (évidemment!) sont les points positifs les mieux perçus: le pari rouennais sur le patrimoine historique et culturel commence à payer et les clochemerleux Caennais, au lieu de se plaindre de Rouen, devraient, au contraire, s'inspirer du modèle rouennais de développement local fondé sur le tourisme patrimonial et culturel.

Mais une évidence, dans cet entretien avec Laurent Bonaterre (un Bordelais d'origine faisant carrière chez nous qui revendique son "anti chauvinisme" rouennais, tout est dit...) manque, invisible, comme le nez au milieu de la figure:

AUCUNE REFERENCE EXPLICITE A LA NORMANDIE!

N'est-ce pas justement le COEUR du problème d'image de Rouen? Celui d'un impensé (un tabou?) qui pèse dans l'inconscient collectif rouennais après 50 années passées dans un quasi purgatoire Haut-Normand?

Le retour de Rouen en Normandie n'est toujours pas assumé alors qu'il est essentiel pour Rouen qui fut, autrefois la seconde ville de France, de ne plus se tenir enfermée dans un tuyau séquanien entre Paris et la Mer.

Et Laurent Bonnaterre de déclarer: "Il faut cibler l'île de France" "Rouen 9ème métropole de France n'est pas si chère".

Ce à quoi nous ajoutons: Rouen ignore toujours la Normandie et ... le football en Ligue 1

Et Laurent Bonaterre, Bordelais devenu Rouennais, de s'offusquer: "Ce n'est pas normal que les Français ne sachent pas que l'industrie automobile est hyperpuissante à Rouen et en Normandie. Ce n'est pas normal qu'on continue à nous comparer à une ville de la taille de Tours". C'était la seule fois où le nom de "Normandie" a été enfin cité dans cet entretien de plus de 22 minutes... Quant à la "région" (laquelle?), on saura seulement qu'elle "nous aide". (On oublie de dire, bien entendu: Merci Monsieur Morin!)

Conclusion: si les Français ont un problème avec l'image de Rouen c'est que certains décideurs Rouennais (par ex: Gérard Lissot) ne savent, eux-mêmes, toujours pas où ils se trouvent...

La vassalisation opportuniste de Rouen au Grand Paris relève du... suicide!


 Commentaire de Florestan:

En revanche, on se réjouira d'apprendre que Jean-Louis Louvel, le très normand "roi de la palette", patron de PGS, qui a aussi repris récemment Paris-Normandie, devienne le président de Rouen Normandy Invest: on espère que son dynamisme normand puisse réveiller quelques décideurs rouennais endormis dans une certaine forme de paresse intellectuelle et géographique...

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A regarder ci-après, une vidéo présentant Jean-Louis Louvel un entrepreneur normand conquérant: une belle video qui va vous faire du bien...

https://www.youtube.com/watch?v=Dz2UeFhPmSE