Il n'y a pas qu'en Turquie où la liberté de la presse peut être menacée: en Normandie aussi lorsqu'on est un journaliste trop curieux et trop consciencieux dans la recherche de la vérité, trop impertinent aussi, trop "fouille merde" comme disent les barons locaux qui ne veulent pas voir leurs frasques exposés en public au risque de l'avanie populaire et citoyenne.

C'est pour n'avoir pas respecté les us et coutumes du journalisme de connivence ( le "off" qui doit rester "off") que Jean-Marc PITTE vient d'être licencié de la rédaction de France 3 Normandie après 26 années passées à France Télévisions.

Comme le souligne un autre journaliste courageux, Manuel SANSON de la rédaction normande en ligne Filfax, Jean-Marc PITTE fut "grand reporter à France 3 depuis trente ans, il aura échappé aux snipers de Bosnie-Herzégovine, aux chars irakiens du despote Saddam Hussein ou encore aux attentats talibans en Afghanistan. Au final, c’est la direction de France 3 Normandie, là où il était revenu travailler depuis 2015, qui aura eu « sa peau »."

pitte

Lire, ci-après, le communiqué de la représentation syndicale de France 3 Nord-Ouest:

Déclaration liminaire sur Jean-Marc Pitte

Les directions de France 3 Normandie et de France-télévisions ont décidé de licencier Jean-Marc Pitte, journaliste à Rouen, pour faute.

Le 15 février, après plus de 30 ans de carrière au service de l’information de la télévision publique, il a été prié de vider son bureau en moins d’une demi-heure, et de déguerpir de la rédaction de Rouen. La violence de la sanction et l’humiliation infligée devant ses collègues le jour de son départ sont indignes de notre entreprise. La direction a choisi de licencier un grand reporter expérimenté, exigeant et intransigeant. Le motif retenu : un franchissement de barrière baissée à l’entrée d’un tunnel routier et une altercation avec son rédacteur en chef suite à un reportage mal calé. Objectivement, pas de quoi licencier un journaliste qui n’avait pas eu de sanction diciplinaire auparavant.  Cette décision inique et disproportionnée illustre la volonté de la direction de se débarrasser coûte que coûte d’un salarié qui dérangeait par sa franchise, sa rigueur et son engagement de journaliste face à sa hiérarchie et face aux politiques. De là à imaginer qu’il s’agit de faire un exemple et d’envoyer un signal menaçant à l’ensemble des salariés, il n’y a qu’un pas. Gérer ainsi les ressources humaines par la peur, voire la terreur, n’est pas tolérable.

Les élus du CE de France 3 Nord-Ouest condamnent fermement ce licenciement injustifié, demandent l’annulation de cette sanction et la réintégration de Jean-Marc Pitte avant la fin de son préavis, le 15 mai 2018.

Rennes, le 22 février 2018

(Déclaration écrite et lue par les élus de CE devant la direction)

Lire aussi le tract syndical en soutien à Jean-Marc PITTE qui circule depuis le 19 février 2018:

26-02-2018 09;54;39

index

UNE CONCEPTION FEODALE DE L'INFORMATION...

D'après ce que nous pouvons savoir, le motif du licenciement de Jean-Marc PITTE n'est qu'un prétexte:

Frédéric Sanchez, le tout puissant président de la métropole de Rouen n'appréciait pas l'impertinence d'un journaliste au moment où la question politique, institutionnelle et donc, le clochemerle d'égos qui va avec, devient très sensible entre le président de la métropole et le maire de la commune centre...

Cette affaire est gravissime et un préavis de grève nationale vient d'être déposé à France Télévisions en raison de cette affaire qui se déroule aussi dans un contexte d'inquiétude générale pour l'avenir même du service public de l'information car à la télévision publique comme à l'hôpital ou à l'école, ce sont les managers "cost killers" qui ont pris le pouvoir...


http://www.europe1.fr/emissions/le-journal-du-village/france-3-normandie-a-t-elle-cede-aux-pressions-dun-elu-local-pour-virer-un-journaliste-3581447

France 3 Normandie a-t-elle cédé aux pressions d'un élu local pour virer un journaliste ?

Un préavis de grève national à France Télévisions

Préavis annoncé par l'ensemble des syndicats de la télévision publique. Une union syndicale plutôt inédite. Pour quelle raison? Les conditions de travail? Les heures supplémentaires? Les salaires? Pas du tout. Les 4 syndicats dénoncent le licenciement d'un journaliste, un journaliste de France 3 Normandie, il s'appelle Jean-Marc Pitte, il a 53 ans.

Alors que lui reproche-t-on? Eh bien entre autres une entorse au code de la route rien de bien sérieux, il a juste poussé une barrière sur une bretelle d'accès à la rocade de Rouen, un licenciement pour l'exemple dénoncent les syndicats, Danilo Commodi, France 3 CGT.

Celui qui gène est un ex reporté de guerre, 26 ans de carrière à France Télévisions. Jean-Marc Pitte connaît bien la maison comme on dit, et il a vu les choses changer.

Alors il y a ce contexte général à France Télé, mais il y a aussi les relations entre les rédactions en région et les élus locaux. Car Pitte est connu pour être un "enquiquineur" selon le Canard Enchaîné.

France 3 Normandie aurait-elle cédé aux pressions d'un élu local? L'histoire n'est pas sans rappeler l'intervention de Laurent Wauquiez auprès de la direction de France 3 Auvergne pour faire déprogrammer un reportage qui lui déplaisait...

 


La Normandie c'est aussi la région d'Armand CARREL celui qui imposa en 1830 la liberté de la presse en France: c'est pourquoi, l'Etoile de Normandie apporte son total soutien à Jean-Marc PITTE.