Edouard Philippe n'est pas un Premier ministre... breton.

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Car si nous avions un Premier ministre breton, la Normandie... Euh, pardon! la Bretagne serait à nouveau couverte de faveurs. Edouard Philippe est aussi longiligne que Jean-Yves Le Drian est rondouillard: la différence saute pourtant aux yeux mais c'est tout comme...

Édouard Philippe affirme : "Ce dont le grand ouest à besoin, ce à quoi le gouvernement s'engage, c'est de garantir que Brest, Nantes et Rennes disposent de liaisons faciles avec les autres métropoles européennes et de mettre en place des liaisons rapides avec les hubs longs courriers internationaux."

https://www.francebleu.fr/infos/transports/nddl-ce-qu-edouard-philippe-a-dit-sur-la-desserte-de-la-bretagne-1516199939

En effet, le ci-devant député-maire du Havre, tout à sa volonté de servir l'intérêt général (forcément supérieur) de la Nation, prend bien garde de ne pas apparaître comme le Premier ministre des Normands, puisque dans ce rôle, nous avons déjà Hervé Morin.
Le problème est que le Premier ministre normand ne s'entend guère avec le Premier ministre et réciproquement...
Car si l'on considère à Matignon que la Normandie n'a pas plus d'intérêt qu'une autre région ou, pire, si l'on considère que les spécificités du potentiel normand ne confèrent pas à notre région un intérêt "national" alors il faut cesser d'urgence ces grand'messes sempiternelles que les saintes huiles de la République parisienne organisent de temps à autre sur l'Axe Seine pour occuper les galeries normandes.
L'intérêt national de garantir l'avenir même de l'économie maritime française exige que l'on s'intéresse à la Normandie et surtout que l'on respecte les Normands qui ont envie de s'y intéresser et qui ont des projets: cela passe par la garantie des financements nécessaires pour la modernisation logistique en amont du grand port maritime du Havre et par la réalisation de la LNPN.
Lire l'article de Paris-Normandie (25/02/18):

SNCF : les usagers normands exigent de meilleures conditions de transport

Transports. Édouard Philippe dévoile aujourd’hui sa méthode pour réformer la SNCF, dix jours après la remise du très controversé rapport Spinetta. En Normandie, là où les dysfonctionnements de services sont devenus une habitude au quotidien, une pétition est lancée par les usagers pour exiger de meilleures conditions de transports.

Dix jours après la remise du rapport Spinetta, Édouard Philippe dévoile aujourd’hui lundi sa feuille de route pour réformer le système ferroviaire français. Lequel doit faire face à une dette de plus de quarante milliards d’euros. Le Premier ministre doit préciser « les questions de méthodes et de calendrier », ainsi que « les grands axes » de sa réforme, selon Matignon. « Si nous voulons sauver le système ferroviaire, disons-le clairement, nous devrons prendre des décisions », a assuré le chef du gouvernement mardi dernier devant les députés.

Exercice de haute voltige

Édouard Philippe doit notamment expliquer quelles sont ses ambitions et comment il compte s’y prendre pour préparer l’ouverture à la concurrence, transformer la SNCF, reprendre éventuellement une partie de sa dette et recentrer les efforts de l’État sur les lignes les plus fréquentées, qui ont besoin d’une sérieuse rénovation, tandis que les petites lignes pourraient être sacrifiées (nos éditions du lundi 12 février 2018). Une perspective qui n’enchante guère les élus socialistes de Normandie qui avaient fait du maintien de ces lignes-là l’une de leurs priorités. C’est ainsi que la ligne Fécamp-Bréauté fut sauvée après une longue période de travaux. L’ancien président PS de l’ex-Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol, devrait d’ailleurs s’exprimer sur le sujet très prochainement.

Pour le Premier ministre, ne serait-ce qu’évoquer une réforme de la SNCF constitue un exercice de haute voltige tant ceux qui s’y sont risqués s’y sont souvent cassés les dents. A commencer par l’un des mentors d’Édouard Philippe, Alain Juppé. En 1995, le Premier ministre de l’époque voulait réformer le système des retraites et des régimes spéciaux si avantageux. Résultat : trois semaines de blocage.

De leur côté, les syndicats de cheminots seront attentifs : s’ils n’appellent encore qu’à une manifestation le 22 mars, ils ont convenu de se concerter demain mardi pour déclencher une grève le cas échéant. Les fédérations CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT, ont notamment prévenu le gouvernement « qu’elles réagiraient de manière forte et avec détermination s’il entendait utiliser l’ordonnance en tout ou partie dans le cadre de la nouvelle réforme ferroviaire », menaçant d’« un conflit majeur ».

La Normandie mal servie

Le recours aux ordonnances, comme pour la réforme du Code du travail, est une des hypothèses envisagées par le gouvernement. Le secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a en effet indiqué jeudi qu’un recours aux ordonnances était « une possibilité ». Le gouvernement devra de toute façon aller vite sur une partie du problème, car la directive européenne qui prévoit l’arrivée de la concurrence sur les rails devra être transcrite dans le droit français avant le 25 décembre.

S’il est un endroit où la situation ferroviaire est suivie avec une attention particulière, c’est la Normandie. Car la situation sur les lignes Le Havre-Rouen-Paris et Paris-Caen-Cherbourg n’a cessé de se dégrader. Notamment depuis près de trois semaines. Une dégradation de service qui serait la conséquence, selon la direction des lignes Intercités, des pannes survenues avec la neige (!) mais aussi d’atmosphère sociale tendue au Technicentre de Clichy où les trains sont préparés et réparés. En fait, les agents de ce centre de maintenance voient d’un assez mauvais œil la délocalisation d’une partie de leurs activités vers Caen - une voie sur fosse est ouverte depuis une semaine et permet d’intervenir sur les trains de la ligne Paris-Caen-Cherbourg - et, surtout, vers le futur centre de maintenance qui verra le jour à Sotteville-lès-Rouen lorsque les quarante nouveaux trains normands entreront en service, début 2020. Ils sont actuellement en fabrication chez Bombardier, dans le nord de la France.

Une pétition en ligne

2020, c’est encore loin... Et les usagers ont toutes les raisons d’en avoir ras la casquette. Depuis le début février, c’est un déferlement sur les réseaux sociaux (nos éditions du vendredi 23 février 2018). Toutefois, les conditions de circulation, promet la direction des lignes Intercités, devraient progressivement s’améliorer à partir d’aujourd’hui avec le renfort de matériel se substituant, en partie, à quelques locomotives en panne.

Dernier épisode en date côté passagers, symbole de ce ras-le-bol général, le lancement d’une pétition en ligne intitulée « Train en Normandie : exigeons un service fiable et de qualité ». Lancée vendredi à l’attention d’Élisabeth Borne, la ministre des Transport, Guillaume Pépy, le président de la SNCF, et Hervé Morin, le président de la Région Normandie, cette pétition émane de l’Union des usagers du Paris-Cherbourg et de l’Association de défense des usagers du rail normand qui « n’ont de cesse de constater des dysfonctionnements récurrents sur les conditions de transports : retards répétitifs, mises à quai tardives, problèmes de maintenance, manque d’anticipation dans l’organisation du transport et gestion de crise défaillante ». « De plus, ajoute le texte, les usagers ne bénéficient pas d’une information voyageurs fiable et cohérente ».

Considérant qu’il « est impensable que les conditions de transports actuelles perdurent » jusqu’à l’arrivée des quarante Omnéo Premium en 2020, les usagers demandent « la mise en œuvre immédiate de moyens indispensables au bon fonctionnement des lignes normandes ». « Il va de soi que, dans ce contexte, toute augmentation tarifaire est inenvisageable », ajoutent les initiateurs de la pétition. Hier dimanche, à 20 heures, soit environ quarante-huit heures après son lancement, cette pétition sur change.org avait été signée par plus de 1 300 personnes.