C'était à lire dans la dernière édition du Canard Enchaîné datée du 7 mars 2018. Un article titré " Le Paris-Le Havre sifflera trois fois" qui dit tout, définitivement et duquel on ne retirera rien sauf une erreur quant à la vitesse maximale projetée pour le projet: 250km/h au lieu de 230 km/h comme l'annonce "Jérôme Canard" ce qui ne change rien quant à l'analyse générale du problème que nous partageons totalement...

Avant de vous laisser savourer l'article à lire ci-après, on vous résumera le problème en trois points:

1) Une LGV/TGV est techniquement et géographiquement impossible en Normandie: on le sait depuis le projet de la LRNVS des années 1990 qui consistait, déjà, à réaliser en Normandie un prototype ferroviaire celui de la "grande vitesse de proximité" (250/260 km/h maxi) pour desservir un réseau régional de villes, selon un modèle européen de la desserte ferroviaire. Mais comme la Normandie est une exception dans l'exception française, ce projet de Liaison rapide Normandie Vallée de la Seine a été abandonné tout comme le sera celui de LNPN: un rare moment de sincérité dans la carrière politique de Laurent Fabius fut observé quand ce dernier avoua que les haut-fonctionnaires de la SNCF et les ingénieurs d'Alstom (ce sont, en fait, les mêmes) lui avaient expliqué leur refus de développer une solution technique qui pourrait concurrencer ou remettre en cause le "tout TGV" et les investissements massifs que ce "tout TGV" nécessitaient pour le plus grand profit d'Alstom... sauf pour la SNCF qui croule, désormais, sous une montagne de dettes s'élevant à plus de 46 MILLIARDS!

2) Le seul investissement d'envergure que l'Etat central a été capable de faire en Normandie ces dix dernières années, via les entreprises dont il contrôle encore le capital, fut de balancer... 11 MILLIARDS dans un EPR nucléaire à la pointe Ouest de notre région: un investissement dont on ne voit vraiment pas l'intérêt pour le développement régional de la Normandie qui souffre d'un grand retard dans la modernisation de son système régional de transports...

3) DONC: il faut une alternative au projet actuel de LNPN avec un financement alternatif:

  • Assumer une "Normandisation" totale de la SNCF en Normandie y compris pour mettre en oeuvre les choix techniques que la haute fonction publique d'un Etat central malveillant à l'égard de la Normandie nous refuse depuis des années: il faut moderniser le réseau ferré déjà existant en remettant le SCENARIO C sur les rails (pour permettre un passage sous-fluvial dans l'estuaire de la Seine beaucoup  moins coûteux qu'à partir de Rouen St Sever rive gauche) tout en libérant les sillons en aval de la gare St Lazare afin d'éviter que les trains normands perdent un temps précieux en laissant passer les transiliens aux heures de pointe (avec le transfert de ces transiliens vers la nouvelle gare souterraine de Nanterre- La Défense, les trains normands pourront enfin partir à l'heure).
  • Créer un fonds d'investissement souverain normand avec une capacité financière suffisante pour investir dans la modernisation et la création d'un système normand des transports : ce fonds existe déjà dans le cadre de l'Agence de Développement de Normandie mais on pourrait imaginer lui adjoindre des capacités financières "amies" qui pourraient venir soit, des îles anglo-normandes (qui se cherchent un nouvel avenir post-Brexit), soit du premier fonds souverain du monde: le fonds norvégien. A cela, il faudrait créer la grande agence d'aménagement du territoire normand qui pourra mettre en oeuvre les projets ainsi financés: c'est précisément l'idée qui préside à l'actuel projet de rapprochement entre la SHEMA (société hérouvillaise d'aménagement) et l'EPFN (Etablissement public foncier de Normandie) pour que la Normandie reprenne la main sur l'aménagement de son coeur vital, celui de la vallée de la Seine et de son estuaire car on n'est jamais si bien servi que par soi-même...

11-03-2018 12;42;04