Le jacobinisme à la française, arbitraire, discrétionnaire et centralisé à Paris vient encore de frapper et illustre, une nouvelle fois, cette évidence que l'on peine à voir en France mais qui est éclatante à l'Etranger:

La France a beau être, officiellement, une "République" voire une "démocratie", elle n'est TOUJOURS PAS UN VRAI ETAT DE DROIT car persiste en France, un archaïsme qui remonte à l'Empire romain (ou, dumoins, à Philippe Auguste "empereur en son royaume"):

En France, comme à Rome, au nom de l'Intérêt général, le souverain dispose de la Loi à sa guise.

Dans cette conception "césariste", "impériale", "despotique" éclairée par une armée de haut-fonctionnaires qui ne feraient que des choix rationnels pour mettre en oeuvre l'intérêt général, la Loi n'est qu'un moyen, parmi d'autres, de l'action politique toujours menée au service du bien public car, on sait depuis Tacite, Plutarque et quelques autres, qu'il n'y a de vraie république qui vaille sans vertu, à commencer par la vertu du souverain d'autant plus au service de l'intérêt général qu'il a reçu son onction non pas du ciel mais du Peuple.

Or, vous le savez et nous allons le redire ici une fois encore: il existe, heureusement, en Occident, une autre conception de la chose publique et de sa relation à la loi qui nous est d'autant plus chère qu'elle trouve ses origines historiques chez nous dans la Normandie ducale du XIe siècle puis dans le monde anglo-normand des XII et XIIIe siècles... 

Dans cette conception issue du droit normand puis développée par la "common law" anglaise qui s'est diffusée dans les états européens et occidentaux créés ou influencés par l'Angleterre, le souverain est, d'abord, le garant de la continuité et de la stabilité d'un état de droit existant avant lui et qui continuera après lui.

En outre, contrairement à la fusion impériale de toutes les sphères publiques, dans notre tradition publique anglo-normande, la sphère de la loi est clairement séparée de la sphère politique car cette dernière est limitée par la première pour la bonne et simple raison qu'un joueur aussi puissant et rusé soit-il ne saurait changer les règles du jeu à chaque partie: dès le XIIe siècle, les vigilants contrôleurs de la chambre de l'Echiquier veillaient déjà contre tous les abus des agents du duc-roi et un Jean Sans Terre qui voulait créer de nouvelles lois et de nouveaux impôts à sa guise comme son rival français Philippe Auguste, l'apprit à ses dépens en 1215 avec une révolte des barons et du peuple qui lui mirent sous le nez une grande charte des droits à faire respecter en tant que souverain...

Ce petit rappel historique est d'autant plus essentiel que nous sommes en 2018, dans une République Française qui se maintient dans le flou d'un état de droit impermanent, soumis à la météo politique du moment comme dans une vulgaire dictature ou un état despotique "oriental" à la mode ottomane, russe ou chinoise: le jacobinisme français partage avec ces despotismes une conception discrétionnaire et centralisée de l'action publique où la majorité politique du moment s'amuse à défaire ou à refaire la Loi à l'aide d'un parlement "croupion" qui n'est, de fait, qu'une chambre d'enregistrement à l'instar d'une Douma tsariste.

Voilà pour le mal de tête.

Car, pour ce qui est des pieds, à la base du corps social, cela ne va pas mieux faute de pratiques réellement démocratiques impossibles à mettre réellement en oeuvre car tout reste centralisé ou presque, avec une décision qui vient du haut et qui tombe sur le coin de la goule de tous ceux qui sont en bas: faute d'avoir la culture démocratique suffisante pour co-construire ou co-piloter les projets ou les enjeux de l'intérêt général national avec les usagers, acteurs, populations concernés, le despotisme jacobin français plante tous ses grands projets...

VOICI DONC UN EXEMPLE EDIFIANT...

L'actuelle majorité gouvernementale veut changer la loi, comme d'habitude... Mais de façon quasi discrétionnaire, sans aucune concertation et avec le plus grand mépris des corps intermédiaires sinon du Parlement qui devrait être une enceinte où l'on est, d'abord, préoccupé de maintenir un état de droit stable et autonome vis-à-vis du pouvoir exécutif:

On lira donc, avec intérêt, ce courrier plutôt surréaliste que viennent d'adresser à Monsieur Edouard Philippe, trois présidents de région dont Hervé Morin pour la Normandie.

15-03-2018 02;00;13

15-03-2018 02;02;49

 

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