RATIFICATION de la charte européenne des langues régionales: Loïg Chesnais-Girard, le président socialiste de la Bretagne a signé la pétition... Et Hervé MORIN? Le fera-t-il aussi pour défendre et valoriser la langue normande?

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Il y a plus de trois semaines, la FALE, la fédération des associations culturelles normandes remettait au président de région normand un épais rapport faisant le point sur la situation actuelle, inquiétante, de la langue normande en tant que patrimoine linguistique régional en grave danger.

L'appel de nos amis de la langue normande a, finalement, été entendu puisqu'ils seront reçus très prochainement au plus au niveau de l'institution régionale normande dans le but de créer la politique publique régionale spécifique à la valorisation et à la transmission d'une langue régionale.

Pour consulter ce rapport sur la langue normande, consulter le lien suivant:

http://normandie.canalblog.com/archives/2018/02/21/36161806.html


Breton, gallo. Le président de la Région Bretagne a signé la pétition.

 https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/breton-gallo-le-president-de-la-region-bretagne-signe-la-petition-5658208

Jusqu’au 4 avril, les citoyens peuvent signer en ligne la pétition pour un statut juridique des langues minoritaires en Europe. Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région Bretagne, a apporté sa signature ce samedi 31 mars.

Rien que dans l’Union Européenne, outre les 23 langues officielles, on parle environ 60 langues régionales ou minoritaires, pratiquées par 40 millions de personnes. Les membres de l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes (Fuen) ont lancé une Initiative citoyenne européenne.

La participation est faible en France. En Bretagne aussi. Ainsi, plusieurs élus manquent à l’appel. Le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, lui, a signé la pétition ce samedi 31 mars.

"Véritable référendum en ligne"

Si l’initiative est signée par un million de personnes en Union Européenne, la Commission européenne devra légiférer et proposer un vote au Parlement européen. L’État français devrait ainsi reconnaître la diversité linguistique et culturelle de la France.

Il ne reste plus que quelques jours pour signer « Minority safepack, véritable référendum en ligne qui, s’il aboutit, contraindrait la Commission Européenne à établir un statut juridique pour la diversité linguistique en Europe et les langues minoritaires", écrit le collectif Ai’ta !


 Commentaire de Florestan:

La région Bretagne consacre plus d'un million d'euros par an à la valorisation et à la transmission des deux langues régionales bretonnes: le breton proprement dit, essentiellement à l'Ouest de la ligne Vannes/ Saint Brieuc et le gallo à l'Est de cette ligne, essentiellement dans le bassin rennais. La région Normandie consacre... 6000 euros par an à cette question et, encore, de façon bien lointaine en aidant l'association La Loure qui s'occupe de collecter les traditions rurales et populaires normandes essentiellement musicales mais ne s'intéresse pas spécifiquement à la langue normande. Bref! tout est à faire pour assumer, aussi en Normandie, la présence, la valorisation et la transmission d'un patrimoine linguistique régional qui participe d'une identité régionale qui existe aussi en Normandie et pas seulement en... Bretagne!

La question des langues régionales minoritaires est, donc, très sensible en France où le français règne sans partage depuis 1539 dans l'oubli du rôle joué par les langues régionales francophones d'Oïl ou d'Oc dans la construction et l'enrichissement lexical et syntaxique du français officiel dominant: ce n'est d'ailleurs pas les langues régionales de France qui mettent, actuellement, en danger le français mais l'avachissement des élites politico-médiatiques parisiennes dans le globish de la Mondialisation.

La Charte a été signée par la République française "une et indivisible" ayant la langue française comme unique langue officielle (article 2 de la Constitution) mais cette charte n'a toujours pas été ratifiée par les parlementaires de la représentation nationale en raison du lien "jacobin" fait entre unité linguistique et unité géo-politique de la république française: cette querelle ontologique sur la langue dont la France a le secret fait penser à celle qui présida au XVIe siècle aux guerres de Religion. A l'époque, la question était: un sujet du roi de France pouvait-il avoir une autre religion que celle du roi de France?

Les Jacobins de tout poil s'acharnent contre la ratification de cette charte. Mais il faut avouer aussi qu'ils peuvent compter sur de talentueux "idiots utiles" régionalistes adeptes d'une conception ethno-linguistique de l'idée régionale au risque d'une confusion entre régionalisme et nationalisme séparatiste: l'affaire de la crème brûlée catalane et ses derniers développements navrants (Carles Puigdemont arrêté en Allemagne) ne fera que donner de l'eau à tous les moulins jacobins contre le développement d'une idée régionale responsable et raisonnable en France.

Il n'est donc pas certain que la Bretagne soit, finalement, un modèle à suivre:

Lire par, exemple, cet article paru en 2013 et signée Françoise Morvan, une bretonne qui règle ses comptes avec d'autres Bretons...

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Raison de plus d'essayer nos solutions normandes...