Les 5 et 6 avril 2018 ont eu lieu, à Caen, les épreuves, pour la première fois ouvertes au public, de sélection de l'équipe de Normandie qui va représenter les talents de la jeunesse industrieuse de notre région à la finale nationale des Olympiades des métiers qui sera organisée en Normandie à Caen en novembre prochain: voilà une opération que nous soutenons totalement car elle met l'accent sur une excellence qui a rarement l'occasion de parler d'elle et qui ne fera jamais l'objet d'une émission de télé-réalité:

L'excellence manuelle et technicienne, donc intellectuelle des jeunes qui choisissent les voies exigeantes de l'artisanat et de l'industrie et qui forgent l'avenir d'une Normandie qui reste, en France, une grande région d'industrie et de savoir-faire.

La région Normandie a donc décidé de poursuivre et d'amplifier des politiques publiques régionales déjà dynamiques dans les deux régions demi-normandes divisées et un plan régional ambitieux de développement de l'apprentissage était à l'étude jusqu'à ce que le gouvernement Philippe-Macron décide, contre toute attente, d'une recentralisation inédite des moyens financiers de l'apprentissage pilotée par le seul MEDEF (syndicat qui est loin de représenter toutes les entreprises...) tout en laissant quelques miettes aux régions...

La fête normande des olympiades des métiers devait être une belle fête mais elle est gâchée par un gouvernement néo-jacobin...

Lire ce compte-rendu proposé par Ouest-France:

https://www.ouest-france.fr/normandie/olympiades-des-metiers-la-competition-regionale-en-public-caen-5649550

A Caen, pendant deux jours, 441 lycéens, apprentis, stagiaires ou jeunes professionnels tenteront de décrocher leur sélection en équipe de Normandie pour participer aux Olympiades des métiers. La compétition régionale sera ouverte au public vendredi 6 avril 2018, à Caen.

900 jeunes, âgés de 18 à 23 ans, se sont pré-inscrits pour participer aux sélections régionales des Olympiades des métiers. 750 ont validé leur inscription. 441 ont été retenus pour tenter de décrocher leur place en équipe de Normandie, en vue de la grande finale nationale, qui aura lieu à Caen, du 28 novembre au 1er décembre.

Les sélections régionales auront lieu les 5 et 6 avril à Caen. Le parc des expositions, où est organisée une partie des épreuves, sera ouvert au public, gratuitement, toute la journée du vendredi 6 avril 2018. Un millier de collégiens y assisteront.

L’élan des Olympiades

C’est la première fois que les sélections régionales sont ouvertes aux visiteurs. La Région, qui porte l’événement avec le comité national Worldskills France, en fait une répétition générale avant la grande finale.

Pour la collectivité, cet engouement est déjà un succès. « 900 pré-inscrits, c’est deux fois plus que les années précédentes, souligne Denis Leboucher, en charge du pôle formation, orientation et apprentissage à la direction générale de la Région.  Avant la réunification, les Olympiades des métiers fédéraient beaucoup en Basse-Normandie mais n’étaient pas portées en Haute. Il y avait une réelle attente. »

La sélection régionale sera composée d’une soixantaine de jeunes.


 

Les olympiades des métiers, mode d'emploi:

https://www.normandie.fr/les-olympiades-des-metiers

Les Olympiades des Métiers

C’est une compétition exceptionnelle qui permet à des jeunes de toutes régions et de tous horizons (apprentis, lycéens pro, étudiants, salariés…) de mesurer leur savoir-faire dans une soixantaine de métiers très divers.

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Chaque candidat doit réaliser, en un temps limité et en public, une série d’épreuves techniques liées à son métier.

Au-delà de la compétition, ces Olympiades des Métiers sont aussi — et surtout — un excellent vecteur d’information et de communication sur les métiers et les formations. Ils sont pour la Région accueillante, une vitrine des savoir-faire des entreprises régionales.

Les jeunes qui participent aux Olympiades des Métiers doivent avoir moins de 23 ans l’année du concours (25 ans pour les métiers suivants : mécatronique, maintenance aéronautique, manufacturing team challenge, technologie de distribution des télécommunications). Le candidat doit habiter et/ou être formé et/ou être salarié dans la région où il s’inscrit.

Trois étapes

  1. Les sélections régionalesOrganisées simultanément dans toutes les Régions de France par les Conseils Régionaux en partenariat avec les organismes professionnels, consulaires, établissements d’enseignement et de formation professionnelle, supervisées par des jurys de professionnels et d’enseignants, elles ont pour objectif de sélectionner le meilleur candidat de chaque Région, de chaque métier afin de constituer l’équipe régionale qui défendra les couleurs de sa Région lors des Finales Nationales.Pour les 45es Olympiades des Métiers,  les sélections régionales se feront de septembre à décembre 2017. Les finales régionales auront lieu sur le site de Caen au Parc des expositions et au sein d'établissements de formation, de lycées et de CFA les 5 et 6 avril 2018.
  2. Les finales nationales : Les Finales Nationales réunissent les meilleurs jeunes de toutes les régions de France. Elles auront lieu à Caen du 28 novembre au 1er décembre 2018 au Parc des expositions. Durant trois jours, 650 candidats représentant  les 13 Régions de France vont tenter, durant ces Finales Nationales, d’intégrer l’Équipe de France des Métiers.Ces jeunes sont des étudiants, des apprentis, des salariés, des créateurs d'entreprise et les Olympiades des Métiers leur donnent une occasion unique de mesurer leurs compétences au niveau national et international.
  3. La compétition mondiale Ultime étape des Olympiades, ce concours est organisé par WorldSkills tous les 2 ans dans un des pays membres de l’organisation. des métiers, WorldSkills Competition, 

Une compétition européenne, Euroskills, est également organisée pendant 4 jours.


Dans son édition édition caennaise du 7 avril 2018, Ouest-France rend compte de l'amertume et des inquiétudes du président Morin pour l'avenir des CFA normands:

La réforme en cours de l'apprentissage imposé par le gouvernement est celle d'une recentralisation jacobine placée dans les seules mains du patronat. Le mépris de ce gouvernement néo-centralisateur pour l'ensemble des corps intermédiaires de notre République que cela soit les corps intermédiaires du paritarisme social ou les corps intermédiaires des collectivités territoriales est donc total sous prétexte de retrouver une efficacité dans la résolution du problème lancinant du chômage des jeunes et de leur formation: si le jacobinisme patronal était une solution ça se saurait!

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Mais l'inquiétude est aussi vive du côté des apprentis présents et futurs ainsi que chez leurs formateurs dans les CFA: outre le fait que de nombreux CFA pourraient fermer notamment dans les petites villes rurales, les principales mesures de la réforme de l'apprentissage dévoilées par la ministre du Travail Pénicaud ont de quoi de faire frémir et feront regretter à tous les acteurs, y compris et surtout le petit patronat et les artisans qui font vivre 80% du tissu entrepreneurial de nos régions, le temps où le financement et l'organisation de l'apprentissage passaient par le filtre régional:

Par exemple, le retour à la semaine de... 40 heures (comme avant 1936 alors que nous sommes en 2018) pour les apprentis a de quoi laisser pantois...

Lire, par exemple, dans le quotidien Sud Ouest (5 avril 2018) un bon résumé des principales mesures envisagées par le gouvernement:

http://www.sudouest.fr/2018/04/06/chomage-formation-apprentissage-les-principaux-points-du-projet-de-loi-4350040-10407.php

Chômage, formation, apprentissage : les principaux points du projet de loi

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Le texte de loi veut ouvrir des droits à l’assurance chômage aux salariés qui veulent se reconvertir et renforcer le contrôle des chômeurs.

Voici les principaux points du projet de loi "avenir professionnel", qui réforme la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage, présenté ce vendredi par la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Assurance chômage 

– Démissionnaires : indemnisation, sous conditions, s’ils ont démissionné avec un projet de reconversion ou de création d’entreprise qui a été validé par une commission paritaire.

– Indépendants : allocation forfaitaire – 800 euros par mois pendant six mois – en cas de liquidation judiciaire, de départ dans le cadre d’un redressement judiciaire ou de départ d’un conjoint associé après un divorce ou une rupture de Pacs. 

La rédaction vous conseille

– Tableau de bord : expérimentation pendant un an à partir de juin 2019 dans des régions désignées par arrêté. Les demandeurs d’emploi devront, pour rester à Pôle emploi, renseigner chaque mois "l’état d’avancement de leur recherche d’emploi". 

L’offre raisonnable d’emploi : un chômeur ne peut refuser qu’une fois une offre d’emploi, d’un type défini en préalable en concertation entre le demandeur d’emploi et son conseiller.

-  Sanctions : il n’y aura plus de sanctions pour le refus d’une formation, d’un contrat aidé ou d’un contrat d’alternance.

Formation professionnelle

Compte personnel de formation (CPF) : ce fond, qui permet au salarié de financer une formation qualifiante tout au long de sa vie active, ne sera plus alimenté en heures mais en euros pour en simplifier l’utilisation. Le gouvernement a annoncé 500 euros par an (800 pour les salariés non qualifiés), dans la limite de 5 000 euros (8 000). Les salariés à mi-temps auront les mêmes droits que ceux à temps plein. 

"France compétences" : création d’une agence gérée par l’État, les Régions et les partenaires sociaux, chargée de réguler la qualité et le coût des formations.

Apprentissage

– Limite d’âge : portée de 25 ans à "29 ans révolus".

– Apprentis mineurs : temps de travail maximum porté de 35 à 40 heures par semaine. Possibilité de porter la durée de travail quotidienne à 10 heures, au lieu de 8 heures, dans certaines branches déterminées par décret. 

– Rupture du contrat : suppression du passage obligatoire aux prud’hommes pour licencier un apprenti pour faute grave ou inaptitude. L’apprenti pourra désormais démissionner, après une phase de médiation. En cas de rupture, le centre de formation devra permettre à l’apprenti de suivre sa formation théorique pendant six mois et lui chercher un nouvel employeur.

– Centres de formation d’apprentis : les CFA seront financés au contrat, c’est-à-dire selon le nombre d’apprentis qu’ils accueillent. Obligation pour les CFA et lycées professionnels de rendre publics chaque année leurs taux d’obtention des diplômes et d’insertion.

– Orientation : les régions seront chargées d’organiser des actions d’information sur les métiers et formations. (commentaire de Florestan: avec quels moyens financiers?)

Travail détaché

– Travail illégal : Sanctions financières portées de 2 000 à 3 000 euros par salarié détaché illégalement, de 4 000 à 6 000 euros en cas de récidive. En cas d’amende non réglée, la prestation de service pourra être suspendue.

"Name and shame" : publication quasi-systématique, pendant un an maximum, des condamnations pour travail illégal sur un site internet dédié. 

Handicap

L’obligation d’emploi de salariés handicapés, aujourd’hui fixée à 6%, sera révisée tous les cinq ans selon la part de travailleurs handicapés dans la population active.