A lire dans Paris-Normandie, la réaction de Brigitte Luypaert, la maire de Berd'huis ce petit village si typique qui va accueillir le grand barnum politico-médiatique parisien pour une fois délocalisé au fin fond d'une province idéale: justement, Madame la maire réagit à cette instrumentalisation médiatique que nous avons ici même dénoncée:

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« Ici, c’est pas bienvenue chez les ploucs »

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Le maire de Berd’huis, Brigitte Luypaert, compte profiter de la visite d’Emmanuel Macron pour l’interroger quant à son projet pour le monde rural.
Brigitte Luypaert a beau ressentir comme « un très grand honneur » de recevoir le président de la République dans son petit village de l’Orne, elle n’a pas pour autant l’intention de se laisser écraser par le décorum ni museler par le protocole. « J’espère avoir l’occasion d’aborder plusieurs sujets avec Emmanuel Macron. D’abord, lui demander quel est son projet pour le monde rural, indique-t-elle. Et, pour moi, ses propos devront être des engagements ».
Inquiète que la ruralité puisse être « sacrifiée au profit des métropoles », Madame le maire lui demandera « qu’on n’en vienne pas à opposer le monde des villes et celui des champs ». « Je lui parlerai aussi de l’énergie qu’on déploie pour maintenir la démographie médicale, essayer d’attirer de l’activité économique, développer l’emploi, ajoute-t-elle. On a des entreprises, des cadres, des gens formés et performants... Ici, c’est pas bienvenue chez les ploucs, et l’Orne n’est pas qu’un département de vieux, un département sinistré ».
« On attend le soutien de l’État »
Échaudée par quelques commentaires ironiques sur la visite du président dans ce petit coin de Normandie, Brigitte Luypaert veut « casser l’image » associée au monde rural. « On se bat tous les jours pour maintenir ou faire revenir les services publics, assure-t-elle. C’est de cela aussi dont je voudrais parler au président : lui dire qu’on attend le soutien de l’État pour les services et que nos administrés ont très mal vécu certaines décisions, comme la suppression du service des cartes d’identité en mairie. Ça a été vécu comme une fracture sociale ».En mairie, c’est la suppression de la taxe d’habitation et des doutes quant à sa compensation à l’euro près, qui suscitent l’inquiétude. Même chose pour ce qui est de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) dans un budget modeste : 100 000 euros en section de fonctionnement. « Quel levier pourront encore actionner les collectivités territoriales ? », s’interroge l’élue, qui est aussi vice-présidente de la Communauté de communes Cœur de Perche.
Mais si l’existence même des « petites » communes nourrit la discussion des élus, dans la rue et à la porte de l’école, on parle aussi de la CSG, de la grève des cheminots, de la réduction de la vitesse à 80 km/h sur une bonne partie des routes du département... Et beaucoup, beaucoup des retraites. « Il y a des habitants qui souhaiteraient aussi rencontrer le président, dit Brigitte Luypaert. Parce qu’ici, en milieu rural, les retraites ne sont pas élevées et beaucoup ont du mal à s’en sortir ».

Comme en écho, on entendait ce matin du 12 avril, au micro de Radio-France, Hervé Morin interrogé en tant que président de l'association des régions de France exprimer les mêmes inquiétudes au sujet d'Emmanuel Macron qui semble avoir quelques difficultés à appréhender les réalités des collectivités territoriales: