Une bonne et rare nouvelle vient de tomber: l'Etat, par l'intermédiaire de son ministère de la Culture vient d'interdire la vente aux enchères exceptionnelle prévue le 5 mai prochain à Alençon. Un extraordinaire manuscrit des XII et XIIIe siècles soustrait de la collection du scriptorium du Mont Saint Michel dont la majeure partie est conservée depuis 1795 à la bibliothèque municipale d'Avranches en Normandie devait être vendu avec une mise de départ à 50000 euros...

Mais...

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La vente de manuscrits du Mont-Saint-Michel (Manche) devait se dérouler le samedi 5 mai 2018 à Alençon chez Orne Enchères. Le ministère de la Culture vient de l'interdire et revendique ces manuscrits.

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Depuis la Révolution Française, la bibliothèque patrimoniale d'Avranches (Manche) conserve les manuscrits du Mont-Saint-Michel (Manche). Mais dans la tourmente, certains ont disparu. L'un d'eux, daté du XIIe et XIIIe siècle, devenu propriété d'un particulier, a refait surface. Il devait être mis en vente aux enchères à Alençon (Orne) le samedi 5 mai 2018 à un prix d'appel de 50 000 €. Mais le ministère de la Culture en a interdit la vente.

Une vente qui devait être unique

La vente aux enchères de manuscrits du Mont-Saint-Michel était un cas unique. Selon nos confrères de France Télévisions, Maître Biget a reçu un courrier recommandé émanant du ministère des affaires culturelles qui interdit la vente. Pour le ministère, ce manuscrit appartient à l'Etat comme les autres manuscrits du scriptorium du Mont. Le document qui devait être mis en vente est un ensemble de plusieurs manuscrits sur peau de vélin rédigés par plusieurs mains, en latin, à différentes époques datant de la première moitié du XIIe siècle et du XIIIe siècle. L'ensemble est constitué de quatre textes : Eléments de géographie, Traité de musique, L'Architrenius de Jean de Hauville et L'Anticlaudianus d'Alain de Lille.

Disparu avant ou après la Révolution ?

Dans la description des manuscrits réalisée par l'expert mandaté par Orne Enchères, ce dernier évoque la possibilité d'un vol lors de son transfert du Mont à Avranches par les révolutionnaires. Une thèse qui irait dans le sens de l'Etat. Mais les manuscrits en question ne comportent aucun élément de propriété de l'Etat.

Selon Me Biget, ce manuscrit aurait pu être subtilisé avant 1789 et donc ne serait pas la propriété de l'Etat. Didier Rykner, fondateur du magazine en ligne, La Tribune de l'Art, a déclaré que "l'absence de cote ou de marque, contrairement aux manuscrits demeurés dans la bibliothèque d'Avranches, démontre la grande probabilité de cette interprétation. Rien ne prouve que ce manuscrit était en 1795 dans ce dépôt. On ne comprend donc pas bien ce qui justifie la revendication de l'État."

Selon France Télévisions, Me Biget se réserve le droit de faire appel de la décision de l'Etat au tribunal administratif de Paris.


 

Commentaire de Florestan:

Que ce trésor du patrimoine normand ait été chapardé avant 1789 ou après ne change au fond rien à l'affaire qui est de réintégrer ce trésor à l'ensemble auquel il n'aurait jamais dû cesser d'appartenir, à savoir l'exceptionnelle collection des manuscrits issus de l'ancien scriptorium du Mont St Michel conservés à la bibliothèque municipale d'Avranches.

On remerciera aussi le maire d'Avranches, David Nicolas qui a dû faire tout le nécessaire avec efficacité pour obtenir cette décision de la part du ministère de la Culture.