L'Etoile de Normandie vous signale deux infographies très intéressantes à consulter sur le site Internet du Figaro depuis le 8 mars 2018:

La première infographie propose une carte de l'inégalité salariale entre les régions de France sur la base de la nouvelle carte régionale issue de la réforme territoriale de 2015.

C'est intéressant à observer et à expliquer mais les géographes savent qu'une carte peut masquer la vraie géographie par un effet de lissage dans la présentation des données à partir d'un maillage régional qui manquera totalement de pertinence pour des régions tels que Grand Est, Nouvelle Aquitaine ou Rhône-alpes-Auvergne.

Même pour la Normandie dont il serait indécent sinon absurde de contester la légitimité du périmètre géographique, il aurait été intéressant d'observer si une différence entre Haute et Basse Normandie persiste notamment sur la question socialement sensible de l'inégalité salariale entre les hommes et les femmes. Au final, une maille plus fine aurait été souhaitable pour observer ce phénomène et vérifier s'il ne correspondrait pas plutôt à une différence entre territoires urbains et territoires ruraux...

Néanmoins, la Normandie, avec 19,3% de revenus en plus pour les hommes reste une région plus inégalitaire, bien au dessus de la moyenne nationale (18,6% en faveur des hommes).

Il est probable que la Normandie, région où les revenus et salaires sont dans la moyenne nationale voire en dessous, soit encore la région des petites mains industrieuses et rurales, la région des petits salaires féminins qui complètent le revenu du ménage.

La carte sur le taux d'activité des femmes par régions est encore plus intéressante à observer car on voit, malgré les mailles trop lâches du filet, apparaître une spécificité du Grand Ouest français par rapport au reste du pays: plus de 90% des Bretonnes et des Ligériennes âgées entre 24 et 54 ans travaillent ou ont une activité en dehors de leur domicile.

C'est le constat d'une autonomie sociale et professionnelle des femmes poussée le plus loin possible au point de dépasser la région parisienne! Avec 88,3 % des Normandes ayant une activité, notre région est déjà plus conservatrice... Que dire de la Corse où le taux d'activité des femmes s'abaisse en dessous de 80% (le plus faible de France) même si l'homme et la femme qui travaillent en Corse sont beaucoup plus proche de l'égalité salariale que partout ailleurs dans la France métropolitaine.

http://www.lefigaro.fr/social/2018/03/07/20011-20180307ARTFIG00164-mesdames-pour-etre-bien-payees-mieux-vaut-ne-pas-aller-en-auvergne-rhone-alpes.php

Inégalités salariales : les écarts régions par régions

INFOGRAPHIES - D'après l'Insee, en 2014, les femmes gagnent en moyenne 18,6% de moins que les hommes. Elles sont aussi globalement moins nombreuses à exercer un emploi. C'est en Auvergne-Rhône Alpes que les écarts sont les plus importants.

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À la veille de la journée des droits des femmes, l'Insee publie ce mercredi une série d'études régionales sur la question des inégalités entre femmes et hommes sur le marché du travail. D'une région à l'autre, les écarts de salaires sont plus ou moins marqués. D'une région à l'autre, les femmes sont aussi plus ou moins intégrées sur le marché du travail.

• L'écart de salaire est le plus fort en Auvergne-Rhône-Alpes

En matière de salaires, la région Auvergne-Rhône-Alpes est la plus inégalitaire. En 2014, les femmes gagnaient ainsi 20,7% de moins que le sexe opposé. Soit deux points de plus que la moyenne nationale, où l'écart de salaires est de 18,6%. Comme expliquer ces écarts? Dans cette région, explique l'Insee, «les femmes sont en effet, plus fréquemment que les hommes, à temps partiel ou inactives. Les emplois à temps partiel sont occupés quatre fois sur cinq par des femmes.» Elles occupent plus souvent un emploi dans un secteur à bas niveau de salaire, telles que assistantes maternelles, employées de maison, aides-soignantes, secrétaires, coiffeuses ou caissières, notamment dans les départements ruraux de la région (Cantal, Drôme, Ardèche), alors que les hommes sont majoritaires dans des fonctions de direction et d'encadrement. 

• Les Bretonnes sont presque aussi nombreuses que les Bretons à exercer un emploi

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La Bretagne fait ainsi figure de bon élève en matière de parité avec un écart de taux d'activité de 4,9% par rapport à la moyenne française où l'écart de taux d'activité est de 7,7% entre les hommes et les femmes âgés de 25 à 54 ans. «Par contre, les écarts de salaires entre femmes et hommes persistent, en Bretagne comme ailleurs. Ils sont toutefois moindres pour les jeunes génération» précise l'Insee. À l'inverse, c'est dans la région des Hauts-de-France que les femmes accèdent le moins facilement au marché du travail que les hommes. Le différentiel est de 12,3%. «Cette inégalité est plus importante que la moyenne nationale (7,7%) et vaut pour tous les départements de la région, particulièrement pour le Pas-de-Calais. «Cet accès plus difficile des femmes au marché du travail se traduit notamment par des situations d'inactivité plus fréquentes dans la région» note l'Insee.


 

La seconde infographie révèle que la Normandie est la seconde région la plus dynamique de France pour les offres d'emploi: La Normandie est même... devant la région parisienne pour l'année 2017!

Voilà une belle nouvelle qui confirme que la France industrielle est en train de repartir puisque la Normandie est encore une grande région française pour l'industrie.

Cet excellent résultat est aussi dû aux politiques très volontaristes du conseil régional (on pensera aux outils très efficaces de l'Agence de développement de la Normandie): le rebond normand n'en est que plus fort après des années de crises et d'atonie. On peut donc parler d'un choc positif du retour à l'unité régionale pour l'économie normande.

Néanmoins, au delà de ce chiffre global normand très positif, on notera que les villes et métropoles françaises les plus dynamiques pour la création d'emploi ne sont pas normandes: on ne voit ni Rouen, ni Caen et encore moins Le Havre dans le tableau de tête...

Cela démontre que le tissu entrepreneurial normand diffusé sur son grand réseau de petites et moyennes villes est plus dynamique en terme de création d'emplois que les trois plus grands pôles urbains de notre région: la réunification a réveillé la Normandie mais la métropole normande dort encore. Inquiétant!

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/04/24/20002-20180424ARTFIG00021-offres-d-emploi-les-regions-francaises-les-plus-dynamiques.php

Offres d'emploi: les régions françaises les plus dynamiques

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INFOGRAPHIE - À la veille de la diffusion des chiffres du chômage par Pôle Emploi au premier trimestre, une étude publiée par le groupe RegionsJobs met en évidence une augmentation du nombre d'offres d'emploi sur son site internet. Au premier trimestre 2018, la Nouvelle-Aquitaine a enregistré la plus forte hausse, avec un bond de 58%.

«Tous les voyants sont au vert», peut-on lire dans l'introduction de l'étude réalisée par le site RégionsJob. Les offres d'emploi sont à la hausse au premier trimestre 2018: le site a enregistré une augmentation de 39% par rapport à la même période en 2017. Cette bonnne nouvelles fait suite à une année 2017 elle aussi très dynamique, avec une hausse globale de 41% des propositions d'emploi.

Selon les données recueillies par Régionsjob sur ses différents sites régionaux, durant le premier trimestre la région Nouvelle-Aquitaine a réussi à détrôner l'Île-de-France, pourtant en tête des taux de croissance tout au long de l'année 2017, en affichant un bond de 58% des offres d'emploi. La Normandie, avec une croissance de 55% du nombre d'offres d'emploi, devance elle aussi l'Île-de-France qui a connu, pour sa part, une croissance de 50%. Les offres d'emploi ont aussi fortement progressé en Bourgogne Franche-Comté (+48%) et en Auvergne Rhône-Alpes (+46%). Toutefois, pour ce qui est des métropoles, c'est sans surprise le Grand Paris qui affiche le plus grand dynamisme, avec 65% de hausse des offres par rapport à l'année passée. Sur le podium des métropoles les plus dynamiques on retrouve Bordeaux (+53% d'offres d'emploi ) et Rennes (+44% d'offres d'emploi).

Les offres d'emploi en CDI augmentent de 46%

Cette étude fait ainsi écho à celle publiée par l'Insee la semaine dernière, sur la progression de l'emploi en 2016. Cette année-là, selon l'institut, c'est la région Occitanie qui a le plus profité du climat favorable à l'emploi, avec 1,6% d'augmentation, devançant de peu la région des Pays de la Loire, qui a enregistré une hausse de l'emploi de 1,5%. En 2016, la hausse de l'emploi était également supérieure à la moyenne nationale en Corse (1,2%), en Île-de-France (+1,1%) et à la Réunion (+1,1%).

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Pour ce qui est des types de contrats, on observe dans l'étude de RégionsJob une augmentation substantielle des propositions de CDD avec +52% par rapport à l'année 2017, contre une augmentation de «seulement» 46% des CDI. Pour rappel, selon l'Insee, en 2017 le CDI s'imposait toujours comme le contrat le plus répandu. Ainsi, 84,6 % des salariés étaient en CDI ou fonctionnaires, 10,8 % en CDD, 3 % en intérim et 1,6 % en apprentissage. Pourtant, la part du CDI tend à diminuer depuis une dizaine d'années: «- 1,9 point entre 2007 et 2017 en France métropolitaine, dont -0,5 point sur la dernière année», toujours selon l'Insee.

«Tension» à l'embauche

Contrairement aux données de l'Insee, l'étude de RégionsJob s'appuie uniquement sur les offres d'emploi proposées sur le site par un échantillon de 10 000 entreprises non représentatives. Ainsi, elle ne s'aurait être considérée comme significative à l'échelle nationale, cependant elle démontre une tendance définitivement haussière sur le marché de l'emploi, comme l'indique au Figaro le directeur délégué de RégionsJob, David Beaurepaire: «Pour nous, c'est la reprise de l'emploi qui cause cette hausse des offres», déclare-t-il au Figaro.

«Les entreprises ne savent tout simplement plus embaucher»

Bruno Ducoudré, chercheur à L'OFCE

L'économiste spécialisé en marché du travail, Bruno Ducoudré, chercheur à L'OFCE, lui aussi, remarque que «sans être vraiment représentatives, les données présentées sont cohérentes.» Toutefois, il tient à souligner la différence entre «offres d'emploi» et «création d'emploi»: «Une entreprise qui poste une offre sur un site tel que RégionsJob, ça peut être un nouveau poste, ou, bien sûr, un nouveau recrutement pour un poste déjà existant».

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Pour lui, ce dynamisme dans l'offre d'emploi démontre une certaine «tension» à l'embauche du côté des entreprises: «On le voit dans les enquêtes de l'Insee, dit l'économiste, les entreprises se plaignent de difficultés à recruter, c'est pourquoi elles utilisent des sites comme RégionsJob». Il explique: «Avec la forte accélération de l'activité économique, les entreprises cherchent à embaucher. Ce qui créée certaines tensions, c'est le fait qu'elles cherchent à recruter toutes en même temps et particulièrement dans des secteurs, tels que l'industrie et le BTP, qui n'embauchaient plus depuis des années.» Pour Bruno Ducoudré, ces «tensions» au recrutement sont surtout dues au fait que «les entreprises ne savent tout simplement plus embaucher». Le fait que l'accélération de l'activité ne se répercute pas instantanément dans les taux d'emploi est tout à fait normal selon lui: «Il faut du temps pour que la machine se dégrippe».

Pour lui, c'est surtout ce phénomène qui est à l'origine de l'augmentation des offres d'emploi sur des plateformes telles que RégionsJob, «plus qu'une éventuelle inadéquation entre l'offre et la demande de travail, qu'un problème de formation souvent mis en avant dès que les entreprises ont du mal à trouver des candidats en adéquation avec leurs besoins».