Dans un article de l’Etoile de Normandie du 13 avril 2018, « FRANCHIR L'ESTUAIRE : L’interminable convalescence d’une bonne idée dont personne, ou presque, n’aura voulu », il était question, à propos d’un éventuel futur franchissement ferroviaire de l’estuaire de la Seine, d’un des rares élus favorables à un tel projet oscillant actuellement entre sentiment d’impuissance, fatalisme et procrastination…

     Cet élu avait notamment écrit : « … laisse imaginer un seul instant la réaction de mes interlocuteurs dans les ministères qui ont déjà du mal à prendre en compte les 250 millions d'euros d'investissements portuaires nécessaires à court terme ou encore l'accélération de la modernisation ferroviaire pour desservir dans ces conditions acceptables l'un des principaux poumons économiques du pays, si je venais leur ajouter le projet de franchissement ferroviaire de l'Estuaire. … »

     Voyons, à partir de l’article qui va suivre, comment un enjeu comparable, voire même d’un coût supérieur, ailleurs qu’en Normandie, pourrait trouver une solution :

Haute-Vienne. 1400 entreprises prêtes à financer une autoroute Poitiers-Limoges

Par Ouest-France Modifié le 27/04/2018 à 12h30

https://www.ouest-france.fr/economie/transports/autoroute/haute-vienne-1-400-entreprises-pretes-financer-une-autoroute-poitiers-limoges-5726698

Faute de volonté politique, 1400 chefs d’entreprise se mobilisent en Haute-Vienne pour désenclaver leur département et assurent pouvoir trouver en fonds privés 60 % du financement d’un projet d’autoroute concédée pour la RN147 Limoges-Poitiers.

Google Maps

L’État s’oppose à la construction d’une autoroute entre Limoges et Poitiers. Le Conseil départemental mise sur des aménagements de l’actuelle route nationale pour des raisons de coût. Et le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre les deux villes a été abandonné. Conséquence : les chefs d’entreprise de la Haute-Vienne ne sont pas contents.

« La RN147 est dangereuse et il faut de deux heures à deux heures et demie pour parcourir les 120 kilomètres qui séparent Poitiers et Limoges. Nous voulons désenclaver notre région », déclare Thierry Debourg, président du Medef de Haute-Vienne.

De ce fait, pas moins de 1400 chefs d’entreprise se sont mobilisés pour désenclaver leur département et assurent pouvoir trouver en fonds privés 60 % du financement du projet d’autoroute concédée pour la RN147 Limoges-Poitiers.

« Unis pour entreprendre »

C’est une nécessité absolue, selon eux. Pour Thierry Dufourcq, directeur de la société Reviplast qui valorise des déchets plastiques, le manque de liaison adapté vers l’Ouest freine le développement économique de l’ex-Limousin, aujourd’hui intégré à la Région Nouvelle Aquitaine.

« Nous collectons notre matière première dans un rayon de 300 à 400 kilomètres autour de Limoges. On travaille facilement sur Bordeaux, Châteauroux, Clermont-Ferrand, Paris mais on travaille très peu sur Poitiers et au-delà tout l’Ouest parce qu’on n’a pas de transporteurs qui veulent y aller, sinon à des prix exorbitants », souligne le chef d’entreprise.

Pour parvenir à ses fins, « Unis pour entreprendre » a pris pour exemple l’autoroute concédée A65 reliant Langon à Pau dans l’ancienne région Aquitaine.

« C’est la plus chère de France, mais ça fonctionne »

Ouverte en 2010 sur un nouveau tracé, elle a été concédée pour une durée de 55 ans au groupe A’lienor (65 % Eiffage et 35 % Sanef) pour un coût de 1,2 milliard d’euros, intégralement financé par le concessionnaire.

« Pau-Langon, ça vaut 23,40 euros le parcours, c’est la plus chère de France, mais ça fonctionne », assure Pierre Massy, le président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Limoges, qui cite aussi l’A88 et l’A150 concédées en Normandie.

Pierre Massy, qui est aussi vice-président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), assure que deux concessionnaires sont intéressés.

« 4000 voitures par jour et 700 camions »

« On a un modèle économique. Avec 4000 voitures par jour et 700 camions, l’autoroute est rentable », explique-t-il en ajoutant que, sur cette base, il est possible de lever entre 600 et 700 millions d’euros sur les 900 millions nécessaires.

Le solde serait fourni par le Contrat de plan Etat-Région qui, selon Pierre Massy, prévoit 210 millions d’euros pour la Vienne et à la Haute-Vienne.

Mais pour Claude Leblois, le président du Conseil départemental de la Haute-Vienne, « cette solution miracle ferait payer aux haut-viennois deux fois », par le biais de l’impôt puis une seconde fois au péage.

« Les 60 % annoncés comme financés par le secteur privé ne relèvent pas d’une action philanthropique mais bien d’un investissement qui sera rétribué ensuite par la concession », dit-il.

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     Qu’est-ce qui manque, en Normandie, pour qu’un désenclavement ferroviaire du Grand Port Maritime du Havre par le sud, d’un montant comparable, voire même d’un coût inférieur à celui d’une autoroute Poitiers-Limoges, soit réalisé ?

  • Une volonté politique (Grand Port Maritime du Havre, Ville du Havre, Codah, CCI de l’Estuaire, Ville de Caen et collectivités territoriales de l’ex Basse Normandie, Etat, etc..), et l’acceptation par la communauté économique et portuaire de… Rouen…
  • Une vision sur le long terme et l’expression de conclusions à tirer de la démarche de développement durable et leur prise en compte (réduction du transport routier et report multimodal).
  • Le financement ? L’Etat, incapable depuis des décennies de collecter des impôts auprès des riches et très riches contribuables, ayant préféré les faire souscrire à des emprunts pour ménager leur susceptibilité et ne pas contrarier leur enrichissement, est devenu impécunieux, voire insolvable, se déchargeant de ses prérogatives sur les collectivités territoriales sans leur garantir de financement pérenne !...
  • Une initiative comparable à celle que des centaines de chefs d’entreprises viennent de prendre en Haute-Vienne, et/ou d’autres modes de financement tels que ceux qui m’ont été rappelés par Florestan: emprunt régional (ça a déjà été fait dans la région Pays de la Loire), investissement d'un fonds souverain normand abondé par des investisseurs anglo-normands ou norvégiens.

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