Le 10 mai est une date politiquement importante en France, notamment en Normandie.

En effet, il y a quatre ans, avec une météo bien moins clémente que celle de ces derniers jours, notre collectif citoyen et républicain "Bienvenue en Normandie", soutenu par le Mouvement Normand et par d'autres organisations régionales ou politiques, appelait à une manifestation au pied du Pont de Normandie, le 10 mai 2014 pour exiger la réunification de la SEULE Normandie alors que Laurent Fabius commençait à déployer un intense lobbying pour obtenir de François Hollande la création d'un vaste machin néo-régional allant du Mont Saint Michel à l'Ouest à la frontière belge à l'Est qui devait s'appeler "Arc Manche" et dont Rouen aurait été la métropole capitale selon le délire fabiusien.

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On connaît la suite de l'histoire et elle fut heureuse: le Rouennais Hollande trancha définitivement et historiquement pour la renaissance institutionnelle et politique de l'unité normande lors de son déplacement à Trévières (Calvados), le dimanche précédant le 6 juin 2014 jour de commémoration internationale du 70ème anniversaire du Débarquement de 1944 à Ouistreham: face à un Fabius furieux, François Hollande qui ne pouvait pas décider de noyer la Normandie dans l'Arc Manche de Monsieur Fabius quelques jours avant de la célébrer avec le Monde entier, eut le courage d'être à la hauteur de l'Histoire en rendant aussi un magnifique hommage aux résistants Normands ainsi qu'au courage des populations civiles normandes sous les bombes de la Libération à l'occasion d'un mémorable discours devant le Mémorial de Caen.

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http://normandie.canalblog.com/archives/2014/05/11/29846806.html

Le 10 mai 2014, donc, sous un vent frais de Noroît une soixantaine de militants régionalistes mais aussi des amoureuses et des amoureux de la Normandie s'étaient donc rassemblés au niveau de la gare de péage du Pont de Normandie avec l'objectif de le traverser drapeaux léopardisés claquant au vent... Mais du vent, ce jour-là, il y en avait de trop: le vent de l'Histoire passait au dessus de nous.

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On se souviendra du côté très bon enfant de cette manifestation notamment avec les forces de l'ordre: les gendarmes ayant l'habitude d'arborer les léopards normands sur leurs uniformes partageaient la même idée évidente: bien sûr qu'il fallait réunifier LA Normandie et seulement la Normandie (et la Bretagne ça va sans dire...) car la méthode choisie par Hollande pour cette grande réforme territoriale de fusionner deux régions limitrophes ne pouvait marcher qu'en Normandie.

On se souviendra aussi de la présence sur place à cette manifestation du directeur départemental de la Sécurité intérieure pour la Seine-Maritime: un indice qu'un certain Bernard Cazeneuve à l'époque, ministre de l'Intérieur, suivait le dossier normand comme le lait sur le feu pour imposer la réunification normande, stricto sensu en déjouant les projets fabiusiens. C'est, en effet, Bernard Cazeneuve qui trancha, fin juillet 2014 en faveur d'une organisation des services de l'Etat équilibrée entre Caen et Rouen alors qu'un rapport de l'inspection générale ministérielle préconisait, au contraire, de tout centraliser à Rouen. N'oublions pas, pour finir, le rôle éminent joué à l'Assemblée Nationale lors du débat parlementaire sur la réforme territoriale régionale par le député PRG du Calvados Alain Tourret qui réussit à faire voter son fameux amendement sur la liberté de la collectivité territoriale régionale de choisir pour son siège une autre ville que celle retenue par l'Etat pour y mettre sa préfecture régionale (chef-lieu)...

On se souviendra, enfin, que la loi de cette réforme majeure fut votée définitivement à la fin de novembre 2014 et qu'un certain Edouard Philippe député-maire du Havre avait osé voter en sa faveur, mêlant sa voix avec celles de la majorité socialiste d'alors et qu'un certain Hervé Morin député-maire d'Epaignes (Eure) s'était simplement abstenu histoire de ne pas insulter l'avenir car Hervé Morin est désormais, depuis le 1er janvier 2016, le premier président de la Normandie dans l'histoire millénaire de notre région avec une réelle volonté de mettre en oeuvre une action régionale normande aussi innovante qu'inédite.

Pour la première fois depuis 1789, le fait régional normand est pris au sérieux et fait l'objet d'une politique publique spécifique dans toutes ses dimensions à commencer par celle qui fut la plus injustement ignorée, sinon méprisée en raison de préjugés sociaux, culturels ou, pire, par idéologie, à savoir, la reconnaissance du patrimoine linguistique normand et des expressions culturelles spécifiquement normandes.

C'est ainsi que la langue normande, actuellement en grave danger de disparition définitive (mise à part quelques môles de résistance dans le Nord Cotentin, les îles anglo-normandes et le Pays de Caux) va enfin pouvoir bénéficier de toute l'attention du conseil régional de Normandie:

En effet, comme nous vous l'avions ici même révélé, Hervé Morin en déplacement en Corse le 3 mai dernier a donc déclaré son intention de créer une nouvelle politique régionale qui sera entièrement dédiée au sauvetage et à la valorisation du patrimoine linguistique normand.

Voir, ci-dessous, la réaction de la FALE, la fédération régionale rassemblant l'ensemble des associations culturelles normandes qui est heureuse de ce soudain intérêt des tutelles publiques pour une question jusqu'ici totalement ignorée ou presque...

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