Où l'on reparle encore des méfaits d'un jacobinisme typiquement français qui est le propre d'une action "publique" centralisée, autoritaire, aveugle, idéaliste et donc manquant totalement de pragmatisme avec la complexité et la subtilité de la réalité avec, pour conséquence, celle d'une absurdité complète consistant à créer un risque naturel et à accroître une pollution des eaux... au nom de l'Environnement et de l'Ecologie!

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On a déjà vu dans l'Histoire ce type d'absurdités qui, souvent, confinent au tragique: défendre l'émancipation et la Liberté avec le rasoir tranchant d'une guillotine ou le bonheur du peuple à l'aide de barbelés.

Sans aller jusqu'à ces extrémités, la décision d'araser les barrages hydro-électriques de Vézins et de la Roche- qui- boit établis depuis les années 1920 sur le cours de la Sélune dans l'Avranchin tout comme la suppression des biefs et des anciens moulins sur nos rivières au risque de la destruction d'un éco-système culturel et patrimonial vieux de plusieurs siècles, au nom des normes d'une écologie de bureaucrates, démontrent, néanmoins, que la République Française, dans ses pratiques administratives et de pouvoir, est plus apparentée aux régimes autoritaires type URSS, Chine ou Corée du Nord que d'un véritable Etat de droit libéral et démocratique...

Dans ce lancinant dossier de l'arasement autoritaire de ces barrages, arrasement "d'un trait de plume" depuis le bureau ministériel doré d'un hôtel particulier parisien, les acteurs locaux ont été systématiquement ignorés et méprisés dans le cadre de la fausse concertation pseudo-démocratique habituelle mise à l'étroit sous la casquette d'un sous-préfet et mise au chaud sous le képi des gendarmes...

Face à la volonté officielle de "renaturaliser" la haute vallée de la Sélune dans l'espoir de voir, à nouveau des saumons remonter la rivière (chose qui aurait été possible en équipant le barrage d'une échelle à poissons), face au coût de l'opération qui a été, bien entendu, sous-estimé par les bureaucrates du Ministère parisien ou de l'Etat "en région" et qui sera, de toute façon, principalement à la charge des collectivités territoriales concernées qui n'avaient strictement rien demandé et qui, au contraire, souhaitaient garder les barrages pour leur potentiel hydro-électrique (une énergie propre) ou touristique (le petit lac de retenue et sa base nautique), une mobilisation locale forte a tenté de s'opposer à ce projet ubuesque tout en proposant des solutions alternatives plus intelligentes, moins coûteuses, plus écologiques... en vain!

Une fois encore, le jacobinisme français parisiano-centré arrogant et autoritaire rejette le début du commencement de la moindre tentative de maîtrise d'usage démocratique pour mieux nous imposer un projet catastrophique de plus!

Et pourtant ces alternatives proposées valaient la peine d'être considérées:

1) Garder le barrage pour préserver tout risque de crue et d'inondation en aval. Stabiliser et fixer les polluants d'origine industrielle et agricole dans les boues au fond du lac de retenue.

2) Produire de l'électricité de façon écologique. Développer une production locale d'hydrogène à partir du barrage à destination des transports en commun du département. Matthieu Millet, le patron le plus en vue du Sud Manche prend position contre l'arasement des barrages et soutient l'alternative de fabriquer de l'hydrogène avec l'hydro-électricité...

Millet Gazett

3) Créer une échelle à poissons pour la remontée de la Sélune par les saumons ou les anguilles jusqu'à sa source.

4) Maintenir la base nautique et le lac pour développer le tourisme vert.

On avait cru, un temps, sous une majorité présidentielle précédente, que Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et de l'Environnement, avait compris l'enjeu et que l'application bête et méchante d'une directive européenne allait créer localement plus de problèmes qu'en résoudre. Mais Nicolas Hulot n'a, semble-t-il, pas les mêmes scrupules démocratiques face à la toute puissance de l'administration centrale d'un ministère de l'Environnement soucieux de préserver son pré carré dans les arbitrages du Gouvernement...

Dernière réaction en date sur ce dossier, celle du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion reçue le 15 mai 2018 à la rédaction de l'Etoile de Normandie, à lire ci-après:

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