L'affaire qui suit ne peut que provoquer que l'indignation tant elle est scandaleuse. Elle pose une question: Où est l'Etat en région? Une fois de plus, la politique publique décidée par l'Agence Régionale de la Santé dont la directrice est placée non pas sous la coupe du Ministère de la Santé mais sous le bicorne de Madame la préfète de région, est vivement remise en cause: le jacobinisme comptable et incompatible avec l'intérêt général de la santé des populations normandes.

Exemple pathétique avec le personnel en grève et au bout du rouleau de l'hôpital psychiatrique du Rouvray près de Rouen...

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Un millier de personnes dans les rues de Rouen pour soutenir les grévistes de la faim au Rouvray

Christophe HUBARD
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Publié 04/06/2018 22:39
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Mise à jour 09:45

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Mobilisation. Un millier de soutiens aux sept grévistes de la faim de l’hôpital psychiatrique du Rouvray ont défilé hier soir dans les rues de Rouen.

L’heure est à l’action. Quatorze jours après le début d’une grève de la faim entamée par quatre - puis sept - salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray, une marche était organisée, hier lundi, dans les rues de Rouen. Le mouvement a débuté le 22 mars avec une grève illimitée à l’appel d’une intersyndicale, une première. Le personnel soignant réclame cinquante-deux postes pour assurer leurs missions et un accueil digne.

« Vous vous êtes battus comme des lions, ça continue »

Sur le parvis de la mairie, un millier de personnes s’amasse. Au micro, Frank Prouhet, médecin généraliste accompagnant les grévistes, évoque leur état de santé. « Un des grévistes de la faim a dû arrêter parce qu’il est à 14 % de perte de poids. Il est hospitalisé à partir d’aujourd’hui [lundi] », détaille-t-il. Lundi midi, un second avait dû être hospitalisé également pour des raisons médicales. « Une des grévistes a dû arrêter sa grève, elle aussi, tout simplement parce que des choses sont arrivées dans sa famille, ce qui fait qu’elle n’était plus en situation de pouvoir faire ça. Jean-Yves, Marc-Aurélien et Anne, vous vous êtes battus comme des lions et surtout le combat n’est pas fini. Après le coup de mou de ce matin, ça continue, on est déterminé. Un autre syndicaliste, René, a décidé de les rejoindre. » Ils sont donc désormais cinq à poursuivre cette grève de la faim.

Dans la foule des soutiens, des salariés de l’hôpital de Navarre à Évreux et de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre sont présents. Mais aussi des enseignants, des cheminots, des psychologues... « C’est la question des services publics et des moyens qui leur sont consacrés qui se pose ici », explique Sylvain Brière, cheminot à Sotteville-lès-Rouen. « Même si on ne partage pas le mode d’action, on ne peut pas rester indifférent. La psychiatrie est le parent pauvre de la santé depuis longtemps, relève-t-il encore. La charge de travail à l’HP va monter car on va tous y finir avec cette société ! »

La grève de la faim entamée montre « à quel point cette lutte est vitale », estime, pour sa part, Christelle, psychologue dans une association à Yvetot. « Pour qu’ils aillent jusqu’à cette extrémité, c’est grave. Il faut que quelque chose bouge. Ils ne demandent pas de l’argent, juste des renforts. »

Dans la foule des anonymes, une enseignante à Saint-Étienne-du-Rouvray, également venue pour soutenir les grévistes de la faim. « Je trouve que l’État devient maltraitant à l’hôpital, à l’Ehpad, à l’école, en prison », liste-t-elle, dans une colère contenue. « Je suis en colère qu’il n’y ait pas plus de gens [dans la rue]. Moi aussi je suis fatiguée, j’ai beaucoup de travail demain mais c’est indispensable d’être là. » Le personnel du Rouvray travaille au quotidien « pour soulager la souffrance et soigner ». « Si on ne respecte plus ça, on ne respecte plus rien. Il n’y a plus de République », achève cette enseignante ressentant un sentiment d’« abandon » de la part de l’État.

Après avoir descendu la rue Jeanne-d’Arc pour rejoindre les quais, les soutiens sont retournés en direction de la place du Général-de-Gaulle, où de nouvelles prises de parole étaient attendues. Ce mardi matin, la secrétaire générale de la CGT santé est attendu au Rouvray.

Billet

Où sont passés les élus locaux ?
Ce 5 juin marquera le quinzième jour de la grève de la faim entamée par sept salariés de l’hôpital psychiatrique du Rouvray. Depuis le début du mouvement, parmi les élus de premier plan, seuls Hubert Wulfranc (PCF), ancien maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, aujourd’hui député, son successeur Joachim Moyse (PCF) et la future sénatrice Céline Brulin (PCF), sont venus à la rencontre des grévistes. Sans oublier le patron d’EELV, David Cormand, qui siège à la Métropole. Le maire de Rouen, Yvon Robert (PS), a adressé quant à lui un courrier à la directrice générale de l’ARS Normandie, le 29 mai, le jour de la venue de Benoît Hamon (Génération·s). Luce Pane (PS), maire de Sotteville-lès-Rouen, a écrit ce lundi - mieux vaut tard que jamais - au Premier ministre pour demander une médiation préfectorale.
Quid de Frédéric Sanchez (PS), président de la Métropole, lui qui veut être un « acteur du débat » des municipales de 2020 ? La politique ne consiste pas seulement à se présenter à des élections mais à prendre position. Quant aux députés LREM Damien Adam, Annie Vidal, Sira Sylla, la réponse est évidente... Avec des soutiens locaux plus nombreux venant d’autres horizons politiques, le mouvement aurait sûrement réussi à obtenir une plus grande médiatisation nationale.
Une médiation refusée
Vendredi, Fabienne Buccio, préfète de Normandie/Seine-Maritime a proposé de recevoir une délégation hier à 14 h 30 pour, dit-elle, « renouer le dialogue » et sans « poser de conditions préalables ». « La situation ne peut plus durer, j’ouvre ma porte ». Dimanche matin, l’intersyndicale a décliné la proposition jugeant les moyens de pression de la préfète de Région « inexistants et devant l’absence de propositions en amont de ce rendez-vous. » « Ma proposition tient toujours », indiquait hier Fabienne Buccio qui travaille sur ce dossier en direct avec la directrice de l’ARS.

Commentaire de Florestan:
La prochaine réunion plénière du conseil départemental de la Seine-Maritime le 21 juin prochain risque d'être agitée. Les personnels grévistes du Rouvray seront très certainement présents à l'instar de la dernière session plénière du conseil régional de Normandie où ils furent pour interpeller depuis la tribune la directrice de l'Agence Régionale de la Santé qui était alors auditionnée à la demande du président Hervé Morin.