Examinons ensemble deux informations récentes parues, l’une, dans la newsletter du CESER de Normandie de juin 2018 :

newsletter@ceser.normandie.fr – N° 17, JUIN 2018 - extrait

     l’autre dans Paris-Normandie du 8 juin 2018 :

     Ainsi donc, Monsieur le président du Ceser de Normandie estime que « TOUT le ferroviaire » normand est composé des éléments suivants :

. La rénovation des lignes existantes… ;

. La LNPN… ;

. Le réseau fret, via Serqueux-Gisors (en cours) mais aussi via Amiens pour accéder au marché européen.

     On ne peut qu’être d’accord avec lui sur chacun des éléments cités, mais considérer que cela ne constitue qu’un léger, pardon, petit TOUT…

     On peut se demander si le président du Ceser de Normandie a conscience de diriger une institution intégrée dans une Normandie réunifiée, dont les trois plus grandes villes sont, dans l’ordre alphabétique, Caen, Le Havre et Rouen.

     Il n’a pas l’air conscient qu’en 2018, si on veut voyager en train entre Le Havre et Caen, il faut parcourir 250 kilomètres avec une correspondance à Rouen alors que Le Havre et Caen ne sont distantes que d’environ 100 kilomètres par la route.

     Même s’il se préoccupe du fret ferroviaire, il n’a pas l’air préoccupé que le Grand Port Maritime du Havre ne dispose que d’un seul axe ferroviaire en direction de Rouen ; pour du transport massifié, c’est un peu… léger.

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     Venons-en maintenant aux armateurs…

1er extrait de leurs déclarations :

« Il y a 12 ans, nous inaugurions Port 2000, pôle majeur du trafic conteneurisé en Europe avec pour ambition l'accueil de 6 millions de conteneurs. Il y a 4 ans, nous inaugurions le terminal multimodal avec une capacité prévue de 300 000 boîtes, un objectif qui n'a pu encore être atteint. Entre ces deux énormes projets, nous franchissons à peine la barre des 3 millions de conteneurs », … ce seuil des 3 millions n’était pas définitivement acquis.

     Je crois que c’est la première fois, dans la presse, que des professionnels portuaires admettent que l’ambition de trafic de Port 2000 était de 6 millions de conteneurs ; les temps changent… Il aura quand même fallu 12 ans pour lire cela…

     C’est aussi la première fois que des professionnels portuaires expriment leur scepticisme sur la capacité du port du Havre de maintenir un trafic de 3 millions de conteneurs, soi-disant atteint en 2017…

2ème extrait de leurs déclarations :

« Nous réclamons une vraie stratégie portuaire dictée par I ‘État et une utilisation optimale des quais et des moyens d'évacuation efficaces, ce qui implique un véritable développement du transport massifié et un hinterland digne de ce nom », a martelé Matthieu Déhais, un des vice-présidents.

     Le développement du transport massifié ? Tant que le Grand Port Maritime du Havre ne disposera que d’un seul axe ferroviaire en direction de Rouen, est-ce imaginable ?

     Un hinterland digne de ce nom ? Tant qu’on ne raisonnera pas sur des pré- et post-acheminements combinés tous azimuts pour le Grand Port Maritime du Havre, est-ce sérieux ?

     Tergiversons, tergiversons, il en restera toujours quelque chose… Par exemple, pour les historiens, une histoire des occasions manquées et des réactions tardives…