Barreau, correspondant de l'Etoile de Normandie en Anjou (donc une marche de Bretagne dans le Grand Ouest) nous a transmis le message suivant:

Bonjour,
Je voudrais attirer votre attention  sur un fait hallucinant qui vient de se passer au salon du livre à Vannes. Michel Onfray était invité et s'est vu "imposer" le passage sous les fourches caudines bretonnes. On peut voir la démarche avec humour mais je n'en suis pas certain. N'y a- t-il pas une volonté de "revanche" sur les Normands qui sont les seuls dans l'Ouest de la France à pouvoir prétendre les concurrencer?
Imaginons nous, un instant, accueillir de la sorte en Normandie l'écrivain (on ne peut pas faire plus chauvin breton...) Yann Queffélec? Quelle aurait été la réaction de celui-ci ? Michel Onfray, je trouve, s'en est bien sorti...
Un article avec vidéo paru dans le "Télégramme" ici:

Livr’à Vannes. Michel Onfray accueilli comme un Normand [Vidéo]

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Michel Onfray était l’invité du salon du livre de Vannes ce dimanche 10 juin au Palais des arts et des congrès. D’origine normande, il a eu droit à un accueil digne de ce nom avec Gwen Ha Du et cornemuse.

Michel Onfray était l’invité du Livr’à Vannes ce dimanche 10 juin. Patrick Mahé, le directeur du salon, a tout de suite rappelé que le polémiste était d’origine normande, et qu’il fallait donc lui donner un accueil « digne de ce nom ». C’est donc au son d’un duo de cornemuse que Michel Onfray s’est vu offrir un drapeau breton à son arrivée sur scène. « Cela ne nous rendra pas le Mont Saint-Michel », a plaisanté le directeur du festival avant de laisser la parole à l’invité.

Une salle remplie

L’occasion pour Michel Onfray de saluer la fierté bretonne en regrettant que ses camarades Normands ne soient pas capables d’afficher autant leur identité propre. L’écrivain a ainsi entamé sa conférence sur la nécessité de préserver les langues et les cultures régionales françaises. C’est devant un public acquis à sa cause (la salle Lesage, avec une capacité de 800 places, était totalement remplie) que Michel Onfray a ensuite enchaîné sur la censure des élites politiques et médiatiques de gauche en répondant aux questions de Stéphane Le Fol, directeur de la rédaction du magazine Le Point, tout autant acquis à la verve du polémiste.


 Commentaire de Florestan:

Face à la démonstration de force de la part de ces grands professionnels de la fierté régionale que sont certains Bretons, Michel Onfray, l'amateur Normand, a choisi l'élégance d'accepter le présent qu'on lui faisait. Mais il ne fallait surtout pas déplorer devant eux, si l'on en croit le rapport du journaliste, le fait que les Normands ne soient pas capables de faire la même chose...

Bien au contraire! Il est heureux que les Normands fiers de leur région ne fassent pas la même chose car ils ont vraiment mieux à faire!

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Le retour à l'unité normande démontre qu'il existe, à la fois, une identité et une fierté normandes qui ont été niées et méprisées par les pouvoirs institutionnels en raison de la division administrative au point que les Normands, à force de se méconnaître, ont fini par se mépriser et se médire entre eux. Le diagnostic de Michel Onfray posé en 2014 était le bon: "les Normands ne s'aiment pas".

Mais ici nous faisons, au contraire, le pari qu'il n'en sera pas toujours ainsi et qu'une fierté normande est en train de renaître. Mieux: renaît une fierté normande fondée sur une identité normande suffisamment originale pour ne pas avoir de complexe d'infériorité vis-à-vis des Bretons en matière d'affirmation régionale puisque l'identité normande n'a rien de comparable avec l'identité bretonne...

En conséquence, le passage de Michel Onfray à Vannes nous donne l'occasion de répéter ce qui suit:

1° L'identité normande est d'une nature différente de l'identité bretonne: ça ne veut pas dire qu'elle n'existe pas, cela veut dire qu'il y a une autre façon d'affirmer une identité régionale que celle qui est la plus communément et la plus médiatiquement admise jusqu'à sa caricature la plus sinistre qui consiste à confondre régionalisme et nationalisme communautaire irrédentiste, séparatiste ou indépendantiste.

2° L'identité normande n'est pas communautaire: c'est un individualisme existentialiste. Il ne s'agit pas d'être plus Normand que les autres en leur donnant des leçons de Normandisme mais d'être plus soi-même grâce à la richesse et à la beauté de la matière normande.

 

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