Autrefois, lors des offices les plus solennels, les prêtres d'une cathédrale (chanoines, évêque) revêtaient leurs plus beaux habits sacerdotaux, avec force couleurs et broderies sans oublier les dentelles au point qu'une tradition rouennaise consistait à remettre un "rochet" de dentelle à tout nouvel archevêque de Rouen, primat de Normandie, lors de son intronisation dans sa cathédrale, église métropolitaine de Normandie.

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Je ne sais pas si Mgr Lebrun, l'actuel archevêque a bien reçu son "rochet" mais ce qui est certain et peut-être encore plus symbolique, c'est que sa cathédrale elle-même se trouve ornée, chaque été, d'un surplis en dentelles de lumières et de couleurs sur les motifs de la belle matière historique normande... D'une dentelle à l'autre, la tradtion rouennaise est respectée...

 Voir la brève parue dans les colonnes de Paris-Normandie:

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Le patrimoine rouennais et normand fait l'objet de toutes les attentions de la métropole rouennaise qui a compris l'intérêt de le valoriser pour en faire une source majeure d'attractivité et de revenus pour la première agglomération normande: un exemple à suivre... Notamment à Caen plutôt à la traine en ce domaine pourtant stratégique!

Exemple avec la restauration de l'aître Saint Maclou qui vient de commencer pour devenir d'ici 2019 le centre d'interprétation régional de la céramique:

http://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/a-rouen-l-aitre-saint-maclou-entame-sa-metamorphose-grace-aux-artisans-d-art-MB13219140?utm_source=Utilisateurs+du+site+LA+NEWS&utm_campaign=06e08eade9-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_233027d23b-06e08eade9-137315997

À Rouen, l’Aître Saint-Maclou entame sa métamorphose grâce aux artisans d’art

Patricia BUFFET , Stéphanie PERON
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Publié 17/06/2018 23:24
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Mise à jour 17/06/2018 23:24
Chantier. L’aître Saint-Maclou va être restauré dans sa configuration de la fin du XIXe siècle avec son carré d’arbres central, ses galeries et son calvaire. Plusieurs dizaines d’artisans d’art sont à pied d’œuvre.

Depuis la semaine dernière, les artisans ont pris leurs quartiers à l’aître Saint-Maclou. Le chantier de restauration a été officiellement lancé par la dépose d’une dalle gravée de l’ancien cimetière datant du XVe siècle.

Protégé au titre des monuments historiques depuis 1862, l’aître abritera, courant 2020, un lieu d’exposition et des galeries d’artisanat portées par des céramistes.

« L’objectif est de restituer ce lieu dans sa configuration de la fin du XIXe, explique Richard Duplat, architecte en chef des monuments historiques, chargé de diriger les travaux*. Avec une attention particulière pour les éléments anciens, les structures en pans de bois... Une cinquantaine de personnes travaillent quotidiennement sur le site. »

Des spécialistes de toute la France

Et les éléments anciens ne manquent pas dans cet espace au lourd passé où sont amenées à intervenir de nombreuses entreprises spécialisées dans la restauration des monuments historiques.

Les décors de pierre seront, par exemple, restaurés par le groupement d’ateliers Giordani (Rouen) et Chevalier (Villejuif). Les façades à pans de bois seront complètement restaurées, de même que les colonnes de la cour centrale et leurs décors de danse macabre en bois sculptés. Que les amoureux de ces décors se rassurent : un atelier coutançais va « identifier les polychromies subsistantes, dégager et consolider les sculptures dont les motifs seront restaurés ». Au rez-de-chaussée de l’aile Est, les décors peints de l’ancienne chapelle vont faire l’objet d’une identification par un atelier alsacien. Les sols anciens, en pierre ou en tomette, seront également conservés. Les vestiges des papiers peints devraient, quant à eux, être déposés par un restaurateur de Quillebeuf-sur-Seine.

Les travaux doivent durer jusqu’en décembre 2019. La réouverture au public précédera, début 2020, l’installation des artisans céramistes et du restaurant. Le passage entre les rues Martainville et Géricault sera ouvert dans un an.

* Un budget de 11 M€ sur un coût total de restauration de 14 M€ HT.

Le site reste ouvert aux visiteurs, du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h.

Le Café Hamlet et la cour des prêtres

C’est le patron de la brasserie Paul,
Philippe Coudy, qui a emporté l’appel d’offres pour la gestion du futur bar, restaurant et galerie d’art contemporain de l’aître Saint-Maclou. Et ce, en partenariat avec l’espace de la Calende pour « encourager la transversalité des arts et les échanges ».
Le bar-restaurant sera baptisé Café Hamlet. L’espace de restauration privilégiera, selon le projet de Philippe Coudy, « les producteurs normands, les circuits courts, les saisons et le fait maison ». L’ambiance y sera « tamisée » avec « un décor reprenant les éléments architecturaux et les matériaux qui constituent l’aître ». La Métropole annonce que « de grands chefs normands y revisiteront des recettes de la Normandie et valoriseront deux produits à l’identité régionale forte : le cidre et le calvados. »
La cour des prêtres, située sur la droite quand on entre sur le site par la rue Martainville, n’avait jusqu’à
présent jamais été ouverte au public. Elle accueillera une terrasse intérieure et un jardin d’hiver, avec un jardin aromatique suspendu et
végétalisé.
Toujours côté commerces, un magasin « Espace Martainville » proposera à la vente des produits locaux liés à la Normandie et à l’aître (spécialités culinaires principalement). Il disposera d’une petite terrasse extérieure.
Histoire
L’aître Saint-Maclou était profondément dégradé, voire dangereux. La Métropole a voté le projet de restauration en décembre 2015. Des fouilles archéologiques préventives ont été réalisées par l’Inrap, ainsi que des études de diagnostic archéologique sur le bâti, un bilan sanitaire de l’édifice, des prescriptions de la Drac (direction régionale des affaires culturelles).
L’aître a été un cimetière (1362-1526), puis un cloître charnier (jusqu’en 1782), une école de filles (1661-1921) et l’école des Beaux-Arts (entre 1940 et 2014).