Emmanuel Macron adore les cartes postales. Surtout celles postées depuis la Bretagne. Sauf que depuis la Bretagne ou d'ailleurs, une carte postale n'est pas la réalité. Ce n'est qu'un rectangle de papier cartonné et glacé et dont la vue disparaît totalement si l'on regarde la carte postale par la tranche. Il faut craindre d'avoir à faire la même analyse  au sujet de l'actuel président de la République... De face on voit un décideur responsable qui parle, qui parle, et qui, parfois agit (ou l'inverse). Mais de profil on peut s'inquiéter de savoir si l'actuel président de la République n'est pas en carton.

Un grand discours donc, un de plus, avec un vent de paroles qui doivent faire tourner  des éoliennes depuis les landes du cap Fréhel (où l'on ne mettra pas d'éoliennes afin de ne pas défigurer un site classé)... On notera qu'en ce jeudi 21 juin 2018 une épaisse brume de mer enveloppait le sublime promontoire breton et a ôté toute large vue panoramique de type jupitérienne sur les vastes horizons marins!  Fort ironiquement, la météo rappelait ainsi très symboliquement que le Gouvernement navigue à vue sinon dans le brouillard en matière d'énergies marines renouvelables.

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Le cap Fréhel avait donc été choisi pour corner dans la brume l'éloignement du risque d'emmener au naufrage financier général la filière des éoliennes marines au large de nos côtes: cela concerne les six projets retenus dont trois sont au large des côtes normandes (Courseulles, Veulettes et Le Tréport). Un accord financier serait trouvé avec les industriels sur la baisse du prix de rachat de l'électricité avec, comme enjeu, le risque de détruire tout intérêt commercial pour mettre en oeuvre ces parcs d'éoliennes marines. Le problème c'est que la France qui a perdu beaucoup de temps dans ce domaine risque d'entrer dans la danse éolienne avec des solutions technologiques qui posent des problèmes ou qui sont peut-être déjà dépassées puisque l'on parle maintenant d'éoliennes flottantes situées à 50 km des côtes, plus petites, plus solides et moins coûteuses à entretenir que les monstres de 200 mètres de haut que l'on envisage d'enfoncer dans les fonds sous-marins à grand coup de béton parfois à moins de 10 km du littoral.

Mais il y a plus grave. Il y a le refus de prendre au sérieux une technologie encore plus prometteuse que celle de l'éolienne marine soumise aux caprices des vents et des tempêtes. Cette technologie vraiment innovante c'est celle qui consiste à utiliser la force toujours régulière des courants de marée en immergeant, par exemple, des turbines dans le Raz Blanchard au large du cap de la Hague... Mais de ce cap là il n'en fut aucunement question au cap Fréhel. De là à dire que s'il s'était agi d'implanter des hydroliennes dans le raz de Sein (ce projet est aussi à l'étude mais le projet normand est plus avancé que le projet breton) Monsieur Le Drian, le ministre des affaires jamais étrangères à la Bretagne, n'aurait pas manqué de le faire remarquer à son président de... carte postale!

Lire les articles suivants, tirés de la dernière édition de la Lettre Eco-Normandie (22 juin 2018 n°1582)

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Une fois de plus, Hervé Morin, le girondin Normand est isolé sur ce dossier stratégique. Pour faire avancer ce beau sujet de l'hydrolien normand, il pourrait compter sur le relais de Sonia Krimi, la députée En Marche de Cherbourg qui, semble-t-il, a le caractère suffisament trempé pour refuser de troquer sa paire d'escarpins de ville pour une paire de godillots...

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