L'Assemblée Générale 2018 de l'Union Maritime Et Portuaire du Havre a eu lieu le 22 juin dernier, suivie le 29 juin par une réunion du Conseil de développement et du Conseil des investisseurs du Grand Port Maritime du Havre ; L'antenne, organe de presse spécialisé, en rend compte le 2 juillet en version numérique :

Pour l’Umep, les acteurs de l’axe Seine sont trop timorés

L’Antenne Lundi 2 Juillet 2018

https://www.lantenne.com/Pour-l-Umep-les-acteurs-de-l-axe-Seine-sont-trop-timores_a43228.html#

Dans l’attente de l’annonce d’une politique maritime et portuaire au niveau national et de la validation des investissements de plus de 500 millions d’euros par le Conseil de surveillance du port, l’Union maritime et portuaire du Havre prône la fusion des ports de l’axe Seine.

© Éric Houri

     Réélu pour trois ans à la présidence de l’Union maritime et portuaire du Havre (Umep), lors de son assemblée générale le 22 juin, Michel Segain a établi le bilan de sa première mandature : "Notre plan stratégique Seine Port Europe à 2050, présenté en janvier 2017, a été repris par le Conseil de développement et le Conseil des investisseurs du Grand Port maritime du Havre".

Michel Segain, réélu pour trois ans à la présidence de l'Umep

© Éric Houri

     Les infrastructures réclamées par ce plan, à savoir notamment l’extension de Port 2000 et l’accès fluvial direct à Port 2000, devaient être validées par le Conseil de surveillance du 29 juin. "Les membres de ce conseil ont une lourde responsabilité quant au résultat de ce vote, leurs mains ne trembleront pas, j’en suis convaincu".

     Restent des dossiers en cours, eux aussi inscrits dans le plan stratégique de l’Umep et de la Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine (FCPAS), que préside également Michel Segain : il s’agit ainsi de "s’engager fermement sur le corridor ferroviaire Atlantique", destiné à atteindre l’Allemagne et l’Europe de l’Est, et de transformer l’axe Seine en "une dorsale structurante qui doit faire de Paris une ville-monde, comme le sont Londres ou New York". Enfin, si "la politique maritime et portuaire n’est pas encore annoncée", suite au rapport remis au Premier ministre, Édouard Philippe, par François Philizot, délégué interministériel chargé de l’axe Seine, Michel Segain le déplore : "La majeure partie des acteurs de l’axe Seine sont trop timorés au regard des enjeux à venir". Il insiste : "Il nous faut réussir la transformation de la gouvernance des trois ports".

"L’axe Seine, une dorsale structurante qui doit faire de Paris une ville-monde"

     Et de prôner, une fois encore, la fusion des trois entités de Haropa, Le Havre-Rouen-Paris, sous la forme d’une société d’économie mixte créée avec l’État, les régions et les acteurs privés. Cela "donnerait une vision claire et forte de l’organisation portuaire et de sa commercialisation".

Le port du Havre va investir 500 millions d'euros

     Le port du Havre va investir 500 millions d'euros sur plusieurs années pour son développement, a annoncé vendredi 29 juin la présidente de son Conseil de surveillance, Emmanuèle Perron. À court terme, la priorité des investissements est donnée au "parachèvement de Port 2000", le terminal à conteneurs inauguré en 2006. Ces travaux, évalués à 275 millions d'euros, porteront sur les accès fluviaux avec la réalisation d'une "chatière", ou passage dans les digues, et de deux nouveaux postes à quai. Les travaux d'investissement retenus par le Conseil de surveillance sont notamment l'extension du terminal roulier, la sécurisation route/fer, la poursuite de l'aménagement des parcs logistiques et le réaménagement des terminaux Nord.

Natalie Castetz

Lundi 2 Juillet 2018

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     L'auteur du présent "post" s'est senti obligé de réagir à cet article en écrivant à M. Michel Segain, président de l'Umep et de la Fédération des communautés portuaires de l’axe Seine (FCPAS), institution au sein de laquelle les intérêts du port du Havre ne sont pas forcément bien considérés... voir le contenu dudit courrier ci-dessous :

Le Havre, le 02/07/18

M. Michel DUVAL

23 rue Auguste Comte

76600 LE HAVRE

à

M. le PRESIDENT de

l'UNION MARITIME et PORTUAIRE du HAVRE

7 rue ANFRAY

76600 Le Havre

 

M. le Président,

                                                    j'ai pris connaissance, dans un article numérique de L’Antenne en date du 2 juillet 2018, de votre réélection à la présidence de l’Umep et de l’évocation des conclusions de l’assemblée générale de cette institution réunie le 22 juin dernier.

                                               Dans cet article, je relève les éléments uivants :

  1. « … l’Union maritime et portuaire du Havre prône la fusion des ports de l’axe Seine. … »

                                               Comme vous le savez, j’observe depuis une bonne vingtaine d’années l’évolution du port maritime du Havre et je déplore son besoin persistant de désenclavement, conditionnant le développement de son hinterland. Dès 1998, j’avais proposé la constitution d’un complexe portuaire de la basse Seine composé des ports maritime du Havre et fluvio-maritime de Rouen sans connaître à cette époque l’ampleur des forces contraires à l’intégration de ces deux ports dans un tel ensemble.

                                               Aujourd’hui, je n’ai pas renoncé à cette perspective et je pense qu’elle serait meilleure, surtout depuis la réunification de la Normandie, que la constitution d’un ensemble intégrant le port fluvial de Paris. Pourquoi ? Parce que je soupçonne que si une fusion des trois grands ports de l’axe Seine intervenait, immanquablement se produirait un déséquilibre de gouvernance aux dépens du port du Havre du fait d’une connivence historique entre les communautés économiques et portuaires rouennaise et parisienne.

  1. « … transformer l’axe Seine en "une dorsale structurante qui doit faire de Paris une ville-monde, comme le sont Londres ou New York". … »

                                               Pourquoi vouloir à tout prix adopter le modèle de Londres ou New-York ? Se focaliser sur l’axe Seine et instrumentaliser le port du Havre au service prioritaire de Paris et de l’Ile-de-France est-il le seul moyen d’assurer le développement du port du Havre et n’est-il pas en contradiction avec le développement économique de la Normandie et un aménagement équilibré du territoire ?

  1. « … la sécurisation route/fer, … » (du port du Havre)

                                               Bien-sûr, je suppose que cette notion exclut un véritable désenclavement ferroviaire du port du Havre puisque, comme l’a maladroitement déclaré M. Edouard Philippe en 2011, ses amis rouennais s’y opposent, le considérant inadmissible…

                                                    Espérant avoir retenu votre attention, je vous prie d'agréer, M. le Président, l'expression de mes salutations distinguées.

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     Pour s'assurer qu'un courrier ait le maximum de probabilité d'être lu, il est préférable qu'il ne dépasse pas une page.

     Aussi le courrier du 2 juillet dont il est notamment question n'a pas abordé tous les éléments susceptibles d'être commentés, à commencer par le titre de l'article reprenant des propos de M. Segain.

     Sont-ce vraiment tous les acteurs de l'axe Seine qui sont trop timorés ? A mon humble avis, ce sont surtout les acteurs havrais qui, en conformité avec la doctrine Philippe, héritière de la doctrine Rufenacht, ont renoncé à résister à l'ascendant des acteurs rouennais, franciliens et parisiens influencés et soutenus par certains lobbys qui, eux, ne sont pas timorés mais... discrets.

     Les partisans de l'axe Seine et de Paris "ville-monde", eux, sont loin d'être discrets : avec la complaisance d'une bonne partie de la presse fascinée par les projets "mégalo." portés par des personnages éponymes, ils occupent le devant de la scène en étouffant la contradiction et la visibilité sur des perspectives plus réalistes pour un développement harmonieux de la Normandie.