Et voici une nouvelle et belle raison d'être fier de notre région qui n'est pas qu'un fond de décor de carte postale folklorique pour amuser les Parisiens le temps d'un week-end mais qui est aussi une région où l'avenir est en pointe notamment dans l'innovation médicale. Tant à Rouen (le plateau numérique d'entraînement à la chirurgie) qu'à Caen (la lutte contre le cancer par l'hadronthérapie), la Normandie est au niveau d'une excellence mondiale avec la présence, dans un futur proche, d'équipements de pointe qui, pour certains, n'existent même pas dans la région parisienne.

sesams

C'était à lire dans la dernière édition disponible de la Chronique de Normandie n°544 (2 juillet 2018):

L’avancée “Proteus One”.


Caen à la pointe de l’hadronthérapie

Le 5 juillet 2018 à Caen, de nombreuses personnalités politiques, scientifiques et médicales vont assister à l’inauguration du Centre européen de recherche et de traitement en hadronthérapie, appelé aussi le centre CYCLHAD.

- CYCLHAD est le nom de la société qui porte l’opération ; elle est domiciliée à Saint-Contest (14) et dirigée par Philippe Lagalle.
- Grande innovation : le bâtiment inauguré est équipé de l’accélérateur de haute énergie “Proteus One” qui va permettre de traiter les premiers patients.
- Rappelons que l’hadronthérapie est une nouvelle forme de radiothérapie pour le traitement de cancers actuellement inopérables, chimio et/ou radiorésistants.

Elle permet de délivrer une dose d’irradiation maximale à la tumeur, tout en épargnant au mieux les tissus sains du patient.
- Le Proteus One est l’outil de cette avancée ; après Orsay et Nice, Caen rejoint le club très fermé des villes françaises disposant de cette technologie
de pointe.

Commentaire : cette inauguration est la première étape du programme ARCHADE, Advance Ressources Center for HADrontherapy in Europe. Dans les
5 ans, Caen veut devenir l’un des centres de recherche mondiaux de la filière nucléaire pour la santé.


Deuxième étape : le Cyclotron 400

D’ici à 2023, le Proteus One sera complété par un nouvel équipement, unique en France : le Cyclotron 400.
- Celui-ci proposera en plus des traitements des patients par faisceau de protons, d'autres faisceaux comme l’hélium ou le carbone, qui permettront
d’étudier des traitements innovants. Ainsi, une large part sera faite à la recherche et des équipes en radiobiologie ou en physique nucléaire travailleront
ensemble à mieux comprendre l’interaction des ions accélérés avec les tissus malades ou sains.

- La conception et la réalisation du Cyclotron 400 s’effectuent sous la maîtrise d’ouvrage de la SAS Normandy Hadrontherapy.

Commentaire : à partir de 2023, le centre caennais déploiera de nouvelles recherches, notamment sur le carbone ; il s’organisera dans cette perspective. Cette réorganisation constitue la 3e étape, CYCLHAD en sera la clé de voûte.


Cinq partenaires et l’appui de la Région.

La création du Centre européen de recherche et de traitement en hadronthérapie repose sur l’action concertée de plusieurs partenaires : l’association ARCHADE, la société d’économie mixte SAPHYN (Santé et Physique Nucléaire), la société CYCLHAD (CYCLotrons pour l’HADronthérapie), la société IBA (Ion Beam Applications SA) et la société Normandy Hadrontherapy

- Mais rien ne serait possible sans le soutien de la Région. Elle apporte un accord à CYCLHAD pour des garanties d’emprunts à hauteur de 50 % du
capital et intérêts pour un montant total de 79 M€, sur une durée de 20 ans dans le cadre des phases 2 et 3 du programme ARCHADE.

Commentaire : la montée en puissance d’ARCHADE est aussi l’occasion de mettre en ligne tous les autres acteurs locaux de la santé et du nucléaire : le CHU de Caen, le CNRS, le GANIL, Nucléopolis, l’Université et l’ENSICAEN, notamment.


 

 Commentaire de Florestan:

Nous confirmons l'opinion de Bertrand Tierce: "rien ne serait possible sans le soutien de la Région". Ce montage financier délicat a pu être réalisé grâce au portage politique plutôt efficace de ce dossier complexe effectué par Sophie Gaugain, la 1ère vice-présidente du conseil régional.

Pendant que le projet de plateau de recherche fondamentale de Saclay Paris Sud fait du surplace sur fond de clochemerle entre université et grandes écoles, la Normandie avance: ne serait-il pas judicieux d'exiger le retour de la direction du GANIL (passé sous l'unique contrôle du CEA) à Caen?