Surtout à Paris d'ailleurs où les décideurs qu'ils soient privés ou publics à commencer par les haut-fonctionnaires de l'Etat central qui siège au coeur de la "région capitale", n'ont pas un grand intérêt  pour les questions de logistique qu'elles soient maritimes, ferroviaires ou fluviales:

Ce sont là des sujets peu "nobles", subalternes propres à cette fameuse intendance qui doit toujours suivre. En effet, à Paris, on se contrefiche de savoir comment , par où et par qui, les marchandises nécessaires au fonctionnement du marché grand-parisien, première région urbaine d'Europe tant par la richesse que par la population, arrivent ou repartent.

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L'Axe Seine vu depuis le coeur du Grand Paris: une ambition maritime mondiale...

Qu'un port municipal belge se donne l'ambition au point de la réaliser d'être, de fait, le premier port français ne les émeut guère... Dans les cabinets ministériels parisiens on trouvera toujours d'autres chats à fouetter que nos cats normands.

On pourrait se dire, finalement, tant mieux!

Tant qu'ils sont tous occupés "à chasser le Benalla" ils ne viennent pas s'occuper de nos affaires normandes en nous marchant sur les pieds: dans les vases communiquants de l'Axe Seine, le vide parisien devrait être chassé par un plein normand...

Hélas, il n'en est rien car le trou normand ne chasse rien du tout: sur l'Axe Seine, au vide parisien répond un vide normand. Du moins un presque vide, voire, un verre à moitié plein mais qui n'est rempli que par la région Normandie et son président Hervé Morin bien seul sur la Seine pour en voir non pas l'amont parisien mais l'aval maritime et normand.

Bref! la "marie salope" qui a dragué le chenal d'accès au grand port maritime de Rouen a bien plus fait son travail qu'un énième symposium sur l'Axe Seine animé par un ancien préfet de la Saône-et-Loire qui se croit grand capitaine de l'avenir maritime normand depuis le bureau d'une sous-pente de l'hôtel de Matignon dans le 6ème arrondissement de Paris...

Hervé Morin a fait des propositions innovantes, précises, maritimes ET normandes sur la question de l'Axe Seine qui renvoie, concrètement, au constat de l'incapacité pour le pouvoir central jacobino-parisien à mener une politique maritime ambitieuse et à la nécessité de faire des propositions pour réformer la gouvernance des grands ports maritimes français en acclimatant, à partir du cas d'école normand, les méthodes qui font le succès des grands ports maritimes de l'Europe du Nord.

On sait que MM. Hervé Morin et Edouard Philippe s'opposent tout particulièrement sur la question devenue très sensible de la gouvernance des grands ports maritimes normands, le premier voulant régionaliser et décloisonner, le second voulant maintenir le statu quo actuel de peur de provoquer une grève des dockers dans sa ville portuaire du Havre.

A ce clivage de positions opposées sur la meilleure politique portuaire possible, ajoutons un clivage politicien celui-là entre un Axe Seine doublé d'un Axe "en marche" de Paris au Havre (dans la perspective des prochaines municipales, Rouen est à prendre) et le reste de la Normandie.

Si l'Axe Seine est ainsi instrumentalisé pour être, au mieux, un piège pour capturer un Morin, une espèce de chat normand, ou pour être, au pire, le vase d'expansion d'un futur Grand Paris étendu jusqu'au Havre, cauchemar cher à MM. Delouvrier, Rufenacht, Grumbach, Attali, Davezies, Orsenna, Levy, Saint-Etienne, Macron (?)... c'est que l'Axe Seine ne correspond pas, ou pas encore, à un projet normand, voire, à un rêve normand.

Conclusion: le meilleur moyen de relancer l'Axe Seine sera d'en faire LE projet de la Normandie pour la prochaine mandature régionale après 2022 car on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même...

Mais, en attendant, l'Axe Seine s'enfonce dans la vase molle des discours et des (im)postures qui s'en réclame...

Lire, par exemple, ci-après le billet d'humeur proposé par Bertrand Tierce dans la dernière édition parue de sa Chronique de Normandie (n°547 datée du lundi 23 juillet 2018):

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