L'affaire qui suit est l'EXACT CONTRAIRE d'une stratégie normande d'intelligence territoriale économique.

A savoir: subir la conjoncture économique ou financière comme on subit la météo. Hier pluie. Aujourd'hui, canicule... Ou fermeture d'usine et licenciements secs!

Dans l'affaire qui suit on a un concentré chimiquement pur de tout ce qu'il ne faut pas faire et de ce qu'on ne devrait PLUS JAMAIS voir ou subir en Normandie, région pilote en France de l'anticipation technologique, industrielle ET financière avec une stratégie d'intelligence territoriale dans le but de rétablir une souveraineté économique pour une Normandie qui demeure l'une des principales régions industrielles françaises tout en ayant, hélas, un emploi industriel sur deux placé dans la dépendance d'un donneur d'ordres extérieur à notre région:

topelement

C'est cette faiblesse structurelle essentielle qu'il va falloir, d'urgence, corriger par une reconquête normande du capital des entreprises industrielles normandes dès qu'il est possible de le faire. Sinon, les salariés de l'industrie normande risquent de n'être que des salariés en papier jetable à charge pour les collectivités territoriales de nettoyer l'espace public avec le balai social si l'on considère que la socialisation des pertes est la conséquence de la privatisation des profits par une pseudo-élite économique à ce point obnubilée par la finance qu'elle en oublie l'évidence: investir et anticiper par l'innovation et la formation pour pérenniser non pas un projet financier mais un projet industriel.

L'affaire qui suit est donc une parfaite caricature de tout ce qu'il ne faut plus laisser faire:

1) Des usines normandes appartenant à un groupe industriel étranger (Suède) probablement lui-même soumis à des objectifs financiers forcément étrangers aux réalités industrielles. La question du contrôle du capital des entreprises  qui font le tissu industriel normand est essentielle: la région Normandie, non sans courage politique, s'est dotée des outils techniques et juridiques pour entrer dans le capital des entreprises normandes dès que l'occasion s'en présente...

Cette politique normande est d'autant plus volontariste et ambitieuse qu'elle n'existe plus au sommet de l'Etat pour garantir l'avenir de ce qui peut encore rester de notre souveraineté industrielle nationale: les élites françaises, à commencer par l'actuel président de la République qui a travaillé dans la "haute" banque d'affaire parisienne précisément dans le domaine des fusions-acquisitions de grandes entreprises internationales, ont abandonné toute ambition industrielle au profit de la seule finance au point qu'un ancien ministre du "redressement productif" est reparti à la campagne pour se faire... apiculteur.

https://www.ouest-france.fr/politique/arnaud-montebourg/arnaud-montebourg-une-nouvelle-vie-tout-miel-5907178

2) Un manque d'ambition et d'innovation dans le projet industriel ou marketing dénoncé par les personnels et, très certainement, par l'encadrement de ces usines normandes spécialisées dans le papier d'essuyage, les serviettes de table en papier, les cotons-tiges au moment où la règlementation et les usages vont sérieusement bouger sur ces produits jetables très nocifs pour l'environnement (par exemple: suppression prochaine de la tige plastique des cotons-tiges). Il y a manifestement, un grave défaut d'anticipation et d'imagination de la part de la direction suédoise de ces entreprises normandes à commencer par l'absence d'une machine à papier dans l'usine qui doit fermer en jettant à la rue 123 salariés normands "Kleenex"...

Il faut savoir que dans le cadre du management très pervers n'ayant que l'objectif de présenter le meilleur bilan comptable possible à des actionnaires qui connaissent tout de la finance mais pas grand chose de l'industrie, la technique de maintenir en sous-investissement chronique un site de production préalablement sacrifié dans un plan de restructuration générale est souvent utilisée afin de mieux justifier la fermeture dudit site en arguant de ces piètres performances industrielles. Dans le cas de l'usine à papier de Saint-Etienne-du-Rouvray, la seule usine sur les trois usines normandes à n'être pas dotée d'une machine à papier, il est évident que la direction suédoise a anticipé non pas le développement industriel d'une usine mais sa future fermeture selon cette logique malthusienne de radinerie comptable à la sauce IKEA qui consiste à créer de la valeur financière pour les actionnaires à n'importe quel prix, quitte à fermer la boîte!

salariés kleenex