Bien entendu, Ouest-France claironne et fanfaronne sur ce bon coup de communication qui est de "bonne guerre"...

https://www.ouest-france.fr/bretagne/le-drapeau-breton-son-emoticone-5907429

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L’étendard noir et blanc de la Bretagne, le Gwenn ha Du, a officiellement son emoji, disponible sur le réseau social Whaller.

La Bretagne peut fièrement brandir son emoji : les adeptes de ces petites icônes, envoyées sur les supports numériques pour ponctuer les messages, ont une arme de plus à leur disposition, et c’est le drapeau breton lui-même.

Une pétition signée par 15 000 personnes

Tout est venu d’une pétition en ligne, lancée fin juin par la région Bretagne et l’association Point BZH, et signée par 15 000 personnes. Son objet : faire pression sur les géants des réseaux sociaux afin qu’ils proposent la célèbre bannière apparue en 1925. Moins de cent ans plus tard, la voici donc qui fait irruption dans le nouveau monde.

Whaller, mais pas Facebook

Et c’est le réseau social alternatif Whaller, fondé par Thomas Fauré en 2013, qui en est l’instigateur, alors que son concurrent Facebook n’a pas encore réagi. « Nous avons été sensibles à cette pétition, indique Bertrand Leblanc-Barbedienne, directeur de la communication du réseau social. Le drapeau breton, qui symbolise l’enracinement, la tradition et l’attachement aux valeurs régionales, était cohérent avec l’image de Whaller. »

Le réseau social français, qui compte 250 000 membres, veut en effet proposer un modèle alternatif à celui porté par le géant Facebook, en préservant notamment les données personnelles des utilisateurs. « Nous nous voulons moins formatés et uniformisé que Facebook » continue Bertrand Leblanc-Barbedienne. D’aucuns parlent d’un bon coup de communication bien senti. « C’est de bonne guerre, répond-il, mais c’est surtout un moyen de mettre en valeur la liberté et le côté rebelle que porte ce drapeau. »

D’ailleurs, le directeur de la communication confie avoir reçu énormément de sollicitations pour faire entrer d’autres drapeaux dans les émoticônes du réseau, comme celui de la Corse et du Pays basque. « Nous les avons aussi intégrés, mais aucun n’a eu le même retentissement que le Gwenn ha Du »


 Commentaire de Florestan:

« C’est de bonne guerre, mais c’est surtout un moyen de mettre en valeur la liberté et le côté rebelle que porte ce drapeau. »  Nous dit le directeur (breton bien sûr) de la communication de ce réseau social qui feint d'ignorer (à moins qu'il ne le sache pas) le nom du créateur de ce fameux étendard régional (national plutôt) breton qui singe depuis 1923 la bannière des Etats-unis...

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http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2017/05/les-mouvements-nationaliste-et-regionaliste-bretons-d-une-guerre-a-l-autre.html

Morvan Marchal, directeur de l'organisation fasciste "Breizh atao" (Bretagne toujours)  était, effectivement, un rebelle de la liberté bretonne mais surtout entre 1940 et 1944 avec le soutien actif de la SS allemande et nazie!

https://www.regionalismes.info/infos/etudes/gwenn_ha_du/gwenn-ha-du.pdf

A quand une émoticône avec une... croix gammée?

Bref! Ne surtout pas parler de l'origine idéologique plus que douteuse du drapeau devenu officiel de la Bretagne... Car cela déclenche entre régionalistes bretons des querelles dignes de l'affaire Dreyfus, avec, d'un côté des régionalistes bretons de gauche (par exemple: l'Union démocratique bretonne) qui cautionnent le travestissement actuel de l'histoire encombrante de ce drapeau. Et de l'autre, les régionalistes bretons d'extrême droite de Breizh Atao (cette organisation n'est toujours pas dissoute) qui dénoncent ce travestissement et cette récupération: ces défenseurs de la serpillère à Morvan Marchal qui a essuyé pour le compte de l'occupant nazi le sang des résistants bretons morts pour la France libre  ont au moins le mérite de dire la... triste vérité!

Lire le lien suivant (effet comique breton garanti!):

https://breizatao.com/2013/05/11/gwenn-ha-du-quand-les-gauchistes-de-ludb-reecrivent-lhistoire/

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 Et du côté du pavoisement régional ou régionaliste normand?

Les choses sont plus simples sinon plus claires pour la bonne et simple raison que les régionalistes normands n'ont jamais réclamé l'indépendance de la Normandie.

1) le drapeau officiel actuel est le blason héraldique du duché de Normandie français attesté au moins depuis le XIVe siècle: deux léopards d'or passant et gardant posés en fasce sur champ de gueule... A la rigueur, il y eut, un temps, une querelle de drapeaux entre régionalistes Normands mais elle ne porta que sur le nombre des "cats" à faire figurer sur le carré rouge: deux si l'on s'en tient à la Normandie française, trois si l'on veut se souvenir, tel que le souhaitait le poète régionaliste normand Louis Beuve, de la "grande" Normandie anglo-normande du XIIe siècle, à l'instar des trois léopards qui figurent toujours sur les armoiries de la Monarchie britannique.

2) En 1937, les régionalistes normands se sont dotés d'un drapeau national normand à la croix de Saint-Olaf (voir ici-même notre bannière d'accueil) à l'initiative de l'universitaire caennais Jean Adigard des Gautries, philologue et écrivain normand spécialisé dans l'étude des langues scandinaves. A notre connaissance, ce drapeau à la croix de Saint-Olaf n'a jamais été brandi ou revendiqué pendant la Seconde guerre mondiale dans une Normandie durement occupée par la soldatesque allemande en raison de la proximité avec l'Angleterre et en 1944, sous les bombes du Débarquement et de la Libération, les Normands, quand ils n'étaient pas activement gaullistes dans la résistance pour faire en sorte que la France libérée ne soit pas administrée par l'armée américaine, étaient plutôt préoccupés par leur survie dans les ruines...

3) A notre connaissance, le régionalisme normand, contrairement au régionalisme breton, n'a pas de sang sur les mains et ne s'est pas trouvé compromis avec le nazisme pendant la Seconde guerre mondiale même si les sirènes très illusoires de la Révolution Nationale d'un maréchal Pétain confortablement déporté à Vichy ont pu, un temps, charmer l'oreille des régionalistes normands sensibles comme les autres régionalistes français de l'époque à l'idée d'un retour aux provinces du "pays réel" cher à un certain... Charles Maurras.

4) Reste, cependant, le cas de l'écrivain et journaliste Jean Mabire qui a idéologiquement fourvoyé une partie du régionalisme normand sur la voie sans issue d'une rêverie viking néo-païenne d'extrême droite quitte à travestir l'authentique héritage historique et idéologique d'une Normandie d'abord inspirée et instituée par l'Eglise chrétienne et ses valeurs et qui, par la suite, a généré le retour de l'Etat de droit en Europe occidentale au tournant du XIIe siècle.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Mabire