Comme d'habitude, nous avons reçu en ce début de mois la revue de presse normande du mois écoulé, juillet 2018 en l'occurrence... De cette actualité régionale on retiendra la confirmation qu'une action normande volontariste permet un réel décollage de l'économie régionale ainsi qu'un plus grand dynamisme dans la création d'emplois: l'effet "réunification" normande est patent!

Sous les sabots de SLEIPNIR, le coursier d’ODIN…

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                                                  LE COURRIER DE L’O.D.I.N.

 

                             Office de Documentation et d’Information de Normandie

 

                             LES ACTUALITES NORMANDES DE JUILLET 2018

  Effet Coupe du Monde de foot (nous y reviendrons) et/ou torpeur caniculaire d’un étrange été qui a suivi un bizarre printemps, toujours est-il que les actualités normandes de ce mois de juillet nous sont parues moins fournies et, même, languissantes. Fausse impression ou réalité ?

Quoi qu’il en soit, la Normandie semble tirer son épingle du jeu en matière touristique alors que cette activité enregistre une baisse en France en ce mois de juillet, il apparaît d’après les professionnels que le bilan de ce mois marque une vraie hausse par rapport à l’an passé. Est-ce un signe d’une attractivité nouvelle de la Normandie ?

 

ECONOMIE PLUS DYNAMIQUE, MAIS PROBLEMES SOCIAUX RECURRENTS

La Coupe du Monde de foot, mais aussi plus partiellement le passage du Tour de France dans le sud de la Normandie, semblent avoir dopé certains secteurs de l’économie : la fréquentation des bars et restaurants, la consommation de bières et d’eaux minérales, viennoiseries et pizzas et, surtout, présence de plus d’habitants de nos départements qui ont différé leurs départs en vacances. Les municipalités qui ont organisé des « fans-zones » s’en sont félicitées (la ville de Rouen en l’occurrence a loupé le coche), même si, phénomène inquiétant et scandaleux, des exactions et des incivilités en tous genres ont émaillé, en Normandie comme dans le reste du pays, les périodes d’après match (combien de voitures brûlées?). On se perd en conjectures à propos de ces débordements qui heurtent le bon sens de la Normandie traditionnelle. En attendant, une jeune entreprise normande rencontre un joli succès en fabriquant des maillots deux étoiles de l’équipe de France, qui partent comme des petits pains. C’est un beau succès de l’opportunité.

 La Normandie aéronautique s’est distinguée au Salon de Farnborough, ce qui confirme la bonne santé de cette filière chez nous (3e rang en France).

La filière Plasturgie enregistre de beaux succès (Polytechs, à Cany-Barville – filère du polystyrène en Caux Vallée de Seine, etc.)

Dans le domaine de la chimie, le centre de recherche d’Arkema, à Serquigny, devient un « leader mondial », mais il peine à recruter.

Quant à Qwant, le moteur de recherche développé à Rouen, il vient de confirmer sa notoriété en inaugurant un partenariat avec le Conseil Economique, Social et Environnemental (C.E.S.E.).

 Au plan du tourisme, outre les bons résultats évoqués plus haut, nous notons que le vélotourisme est en nette croissance, qu’un chemin de grande randonnée suit maintenant les 650 km de côtes, du Tréport au Mont-Saint-Michel. Lequel vient de se voir doté d’un nouveau pilotage par le Gouvernement, qui semble satisfaire toutes les parties prenantes (à comparer avec les criailleries d’il y a deux ans où l’on avait reproché à Hervé Morin de mettre les pieds dans le plat : il avait raison…). On notera enfin que le dossier des plages du Débarquement en vue de leur classement à l’UNESCO paraît en bonne voie.

 Bref, tout cela (et nous n’avons pas tout évoqué, on s’en doute) donne le résultat suivant, modeste, mais significatif, de 1400 emplois en plus en Normandie durant le premier semestre 2018.

Mais cela ne doit pas masquer des chiffres du chômage, qui restent inquiétants :

- Catégorie A ; 167 420. En baisse faible de – 0,2 % au second trimestre ( - 2,4 % sur un an), plus sensible en Seine-Maritime (- 1,3%) et dans la Manche (- 0,3%), alors que les autres départements connaissent une hausse du chômage (Calvados + 1,1 %, Eure + 1 %, Orne + 0,3%)

- Toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emplois atteint 289 220. C’est trop, d’autant que certaines branches ne trouvent pas de salariés suffisamment motivés ou formés.

 

UNE FILIERE ENERGETIQUE DANS L’EXPECTATIVE

Secteur déterminant de l’activité normande, la filière énergétique traverse une crise assez incompréhensible.

L’E.P.R. de Flamanville est encore retardé d’un an : on n’en voit pas le bout et les coûts s’envolent… Des députés s’en émeuvent…

D’autres manifestent leur trouble devant les errances de la filière des éoliennes (cf Le Figaro, 20 juin). Parmi eux, deux députés de Normandie : Xavier Batut et Syra Sylla.

Quant aux éoliennes off-shore, les atermoiements gouvernementaux ont troublé les opérateurs. Cela n’empêche pas la plate-forme Excalibur de travailler en face de Dieppe, ni le projet de plus grande éolienne du monde à Cherbourg. A suivre…

Plus grave : « L’État coule la filière hydrolienne » (plusieurs titres dans la presse). Naval Group jette l’éponge à Cherbourg. L’hydrolien n’est plus dans les priorités de l’État. Pourtant le Raz Blanchard est l’endroit le plus propice d’Europe pour installer des hydroliennes.

 

LA MER, PREOCCUPATION NORMANDES

            L'ETAT ANNONCE UN INVESTISSEMENT DE 180 MILLIONS D'EUROS DANS LA BASE NAVALE DE CHERBOURG

            Les responsables d’HaRoPa, le G.I.E. qui regroupe les G.P.M. du Havre et de Rouen et le Port Autonome de Paris, réaffirment les ambitions de la principale façade maritime française : on est cependant loin de la stratégie développée par les grands ports du Northern Range, dont la gouvernance est plus souple et le savoir-faire commercial plus grand : ne serait-il pas temps de changer de modèle ? Passer du carcan administratif à des conceptions plus autonomes (au sens vrai du terme), plus opportunistes, plus réactives, plus enracinées. On en est loin.

            La pollution marine est un fléau. Que s’est-il passé azu large de la Côte fleurie où, pendant quelques jours, une nappe d’hydrocarbures a fait craindre pour les plages ? D’où venait-elle ? La surveillance est pourtant très acérée. Qu’on nous permette une hypothèse : il y a eu, durant la dernière guerre, un certain nombre de torpillages. Pourquoi ne pas penser qu’une épave, au bout de sept décennies, ne se déleste de sa cargaison de fuel à partir de ses cuves érodées ?

            Le maire de Cabourg - est-ce pour se faire mousser, car il n’en est pas à son coup d’essai – a accusé Le Havre et le problème de la décharge Dollemard d’être responsables de l’afflux de déchets sur la plage de cette station balnéaire. Rien ne le prouve. Les courants seraient contraires, disent les édiles havrais. Il reste que la mer est une poubelle. Il reste aussi que le maire de Cabourg est toujours prêt à dénoncer tout ce qui vient de l’ex haute – Normandie (se souvenir du hourvari qu’il a provoqué à propos du délestage en mer des sédiments provenant du dragage de la Seine pour améliorer les accès au port de Rouen). M. LE Maire de Cabourg devrait en prendre son parti : la réunification de la Normandie est un fait et toute dégogie localiste n’est plus de saison…

 

PERSPECTIVES DEMOGRAPHIQUES AFFLIGEANTES

 Nous avons connu un temps où les départements normands étaient, avec ceux du Nord de la France, des terroirs « naisseurs » (sic!). L’accroissement naturel y était plus intense que dans le reste de la France. Ce n’est plus le cas : les chiffres le prouvent. En Normandie, on vieillit plus qu’ailleurs. Entre 1999 et 2004, l’âge moyen a augmenté de 3,4 ans (en France, 2,4). Une projection statistique indique qu’en 2050, il y aura plus d’anciens que de jeunes en Normandie (in Couurier Cauchois, 6 juillet). La cause en est l’écrémage systématique des jeunes diplômés cherchant leur avenir professionnelailleurs en France ou à l’étranger. A la longue, celaz produit un véritable collapsus démographique. Nos élus, depuis 40 ans, n’ont pas à se vanter de ce triste constat : qu’ont-ils fait pour enrayer ce déclin du dynamisme démographique normand ?

Il paraît que le littoral normand deviendrait attractif pour les seniors. Notre avenir serait-il celui des retraités ? Cela aussi est un fait dont il faut prendre conscience et la « silver economy » peut devenir un atout si les Elus prennent les bonnes décisions.

Cela passe évidemment par une amélioration de la prise en charge santé de la Région. L’Agence Régionale de la Santé de Normandie vient de publier un Plan pour lutter contre la désertification médicale (entre autres). Attendons de voir : la Région et les départements doutent de l’efficacité de ce Plan. Souhaitons qu’ils se trompent…

En attendant, félicitons les équipes médicales caennaises qui viennent de lancer un traitement innovant des tumeurs cancéreuses par le froid (cryoablation).

 

PUISQU’ON PARLE RECHERCHES…

Universitaire ou privée, la Recherche a besoin de lourds investissements. Nos universités viennent de recevoir 14 millions d’euros pour financer des projets.

On annonce la fusion des Académies de Caen et de Rouen : malgré les criailleries syndicales, cette fusion, qui s’inscrit dans le sillage de la réunification administrative de la Normandie, devrait donner une meilleure vision d’ensemble des mondes scolaire et universitaire normands et éviter certains doublonnages. Cette fusion devrait se faire sans à-coups parce que la Normandie à cinq départements constitue une collectivité à teille humaine (il n’en est pas de même dans les monstruosités régionales nouvelles qui n’ont pas la cohérence normande).

On apprend que le Label CFA Numérique normand a été accordé à un certain nombre d’établissements de la Manche. Sans doute en est-il de même dans les autres départements normands ?

 

LE FEUILLETON FERROVIAIRE CONTINUE

Douze parlementaires normands protestent auprès de Mme Borne, Ministre des Transports, contre l’insuffisance ferroviaire normande. Ils ont raison… mais cela fait combien de fois que de telles démarches sont entreprises, et avec quel succès ?

A titre d’exemple, on estime à 636 heures de retard sur la ligne Paris Caen au cours du premier semestre. Et les retards ne comptablilisent pas les suppressions de train…

On a trouvé des crédits d’État pour rénover la ligne Abbeville – Le Tréport.

Puisqu’on parle « mobilités », notons une relative bonne santé du transport aérien normand, Caen faisant figure, dit Paris-Normandie, de « chef d’escadrille ».

 

LES SUCCES DE LA FILIERE VERTE

Hâtons-nous de signaler les succès de la filière agricole et agro-alimentaire avant que n’arrivent les mauvaises nouvelles de récoltes compromises par la canicule de juillet – août…

D’abord, parce c’est passé, la récolte de colza est bonne cette année et, pour le lin, la qualité est au rendez-vous… Qu’en sera-t-il pour les céréales ? Ouest-France du 13 juillet publie un palmarès des pays européens producteurs de céréales : la France, avec 72,6 millions de tonnes / an, devance largement l’Allemagne (48,3), la Pologne (28), le Royaume-Uni (24,7) , la Roumanie (19,2), l’Italie (17,5), etc. Evidemment, on ne parle pas de l’Ukraine ou de la Russie, qui ne font pas partie de l’Union Européenne. Ce rappel des positions est important : il montre que, pour la France, la P.A.C. - souvent remise en cause par nos partenaires – est un sujet sensible. Pour la Normandie, on retiendra que le port de Rouen reste le grand port européen d’exportation des produits céréaliers.

 Au passage, notons les inquiétudes des betteraviers à cause du déséquilibre mondial du marché du sucre et de la fin des quotas imposée par Bruxelles.

Restons dans l’optimisme :

- Le lait 100 % normand cartonne (Paris-Normandie, 9 juillet)

-Isigny – Sainte- Mère fait un tabac en Chine (La Manche Libre, 14 juillet)

- La race bovine normande s’impose en Colombie (Paris-Normandie, 6 juillet).

La filère hippique normande reste un fleuron de notre ruralité. Il suffit de consulter le calendrier des courses sur les hippodromes normands pour s’en convaincre. Cette filière concerne plus de 17 000 emplois et son dynamisme s’illustre par ses programmes de recherche concernant le bien-être des chevaux. Il n’est pas indifférent de constater que la Région elle-même encourage cette recherche fondamentale et appliquée : le CIRALE, à Goustranville, lieu unique en Europe d’imagerie et de recherche sur les affections locomotrices des équidés, vient d’être agrandi avec le concours financier de la Région. Cependant, des nuages planent sur le devenir de la filière hippique avec la décision de l’État de privatiser la Française des Jeux, qui participe à son financement : affaire à suivre attentivement car, là encore, c’est la Normandie qui est visée…

Nous avons apprécié ces placards publicitaires dans nos journaux – en partie financés par la Région – vantant la récente A.O.C. des cidres du Cotentin.

Paris-Normandie (26 juillet) consacre une double page à la structuration de la filière bière en Normandie, dont le succès étonne. Il paraît, il est vrai, que la Normandie est la première région consommatrice de bière par habitant…

Nous avons noté aussi que des Normands se lançaient dans la production de whisky (?) et de rhum…

 

AVANT LA RENTREE POLITIQUE

L’Orne vient de donner un nouveau sénateur : M. Vincent Ségouin. Cette élection partielle fait suite à l’invalidation de Sébastien Leroux. Le Maire de Bellême (Lesq Républicains) a nettement battu Alain Lambert, qui tentait un « come back » hargneux…

Anne – Marie Cousin (U.D.I.) vient d’être élue présidente des Maires de la Manche : lot de consolation compensant l’inélégante éviction de cette élue de terrain de la liste des sénateurs de la Manche.

Le leader du Rassemblement National (ex – F.N.) en Normandie, par ailleurs député européen et conseiller régional vient d’être mis en examen pour le financement intempestif de militants de son parti sous couvert du titre d’attachés parlementaires européens. M. Bay conteste : « Je suis un combattant. Je vais me défendre ». Cela empêchera-t-il qu’il prenne la tête de liste du parti de Marine Le Pen aux élections européennes ?

La session du Parlement s’achève : les journaux ont dressé un palmarès des « bons » et « moins bons » députés de l’Assemblée nationale. Tous les députés normands sont ainsi testés. Que valent ces études et ces statistiques de présences en séances ou en commissions ? Nous sommes dubitatifs sur les critères retenus.

Nous avons noté que Christophe Bouillon, député PS de Seine – Maritime, avait été très déçu de la tenue de la C.N.T. (Conférence Nationale des Territoires) : l’État jacobin ne semble pas vouloir desserrer son étreinte. Il rejoint en cela la position d’Hervé Morin, le Président de la Normandie et, aussi, Président de l’Association des Régions de France

 

LE CONSEIL REGIONAL DANS SES POMPES ET DANS SES OEUVRES

Hervé Morin disait ces jours derniers à la TV qu’il parcourait plus de 10 000 km par mois sur les routes de Normandie (il râlait contre les 80 km / heure sur les routes départementales). On veut bien le croire car il est partout et semble avoir un don d’ubiquité.

- Il a visité Technolin, dans le Pays de Caux, et encourage la filière lin.

- Il signe des contrats avec les territoires (Cingal – Suisse Normande – Yvetot – Normandie – Caux Vallée de Seine, etc.)

- C’est l’anniversaire de l’Agence Normandie Attractivité

- Avec le dispositif Impulsion – Innovation, il encourage les Lampes Berger, à Bourgtheroulde,, et des start-up.

- Il aide le CIRALE à Goustranville.

- Avec le dispositif X – Port, 86 entreprises normandes amplifient leur présence à l’étranger.

Sophie Gaugain, vice – présidente de la Région en charge du développement économique a dressé, à Trouville sur mer, un premier bilan de l’action menée depuis deux ans et demi :

- Omniprésence sur le terrain.

- Développement d’une pédagogie auprès de tous les acteurs économiques.

- Visites d’entreprises.

- Détermination d’une identité économique normande commune pour atteindre une visibilité à l’échelon national.

- Création de l’A.D.N. (Agence de Développement de la Normandie).

- Instauration d’un Fonds Normandie Participation.

- Dispositifs d’aides ciblées (ARME, Impulsion numérique, Impulsion – Innovation, etc.)

            Les résultats sont là, dit la Maire de Dozulé :

- Forte diminution de défaillances d’entreprises ( - 7 %, en France : - 5%)

- Intentions d’embauche en 2018 : + 25 % (en France : 17%).

- 9000 emplois sauvegardés par le dispositif ARME ( Anticipation – Redressement – Mutations Economiques – Aides au Conseil)

            Sa conclusion nous va droit au coeur :

  « En économie comme ailleurs la réunification de la Normandie a fait du bien à la notion d’identité commune. Maintenant, c’est un fait ! »

           

            Amis lecteurs normands, bonnes vacances !

            5 août 2018

           Guillaume LENOIR