Comme nous l'avions écrit ici, Hervé Morin a eu un rendez-vous avec Elizabeth Borne, la ministre des transports, cette semaine... Et sans trop de surprise, se confirme ce que nous cessons de dire ici: la LNPN aura bien une borne sinon un terminus... à Mantes-la-Jolie puisque l'essentiel du financement sera absorbé par la création d'une nouvelle ligne dédiée aux trains normands dans l'Ouest Parisien et le Mantois afin d'éviter que les trafics franciliens et normands ne soient contraints d'emprunter les mêmes voies: c'est le fameux "bouchon" du Mantois qu'il s'agit de faire sauter et qui est en large partie responsable des retards chroniques des trains des grandes lignes normandes aux heures de pointe de la région parisienne.

Au delà de cette "borne" mise par la Ministre à Mantes-la-Jolie et confirmée selon les propos d'Hervé Morin à lire ci-dessous, il faut réaffirmer les réalités suivantes:

1) la géographie urbaine normande et la relative proximité de la Normandie avec Paris ne permettent pas la mise en oeuvre du modèle technique dominant du TGV circulant sur une LGV: on le sait depuis les années 1990 et l'échec du projet de Liaison Rapide Normandie Vallée de la Seine avec un Laurent Fabius qui plaida en vain auprès des technocrates de l'Etat central pour une solution normande spécifique à la suisse ou à l'allemande (un intercité circulant à 250 km/h).

2) L'aménagement ferroviaire en aval de Mantes sera à la charge de la région Normandie qui devra décider le financement du projet de modernisation ferroviaire le plus utile à l'intérêt général normand et le moins coûteux: il faut donc ressortir des cartons le fameux Scénario C du débat sur la LNPN de l'hiver 2011 car comment trouvera-t-on les quasi deux milliards nécessaires pour creuser un tunnel profond de près de 11 km entre la future gare de Rouen Saint Sever rive gauche et le plateau cauchois rive droite?

3) L'urgence est à l'amélioration sensible de la qualité de service, de la ponctualité et surtout à procéder au réaménagement des horaires et des correspondances entre les grandes villes normandes (cadencement), à commencer sur la déplorable ligne Caen- Rouen:

c'est urgent car le coeur battant de la Normandie est menacé d'un infarctus ferroviaire!

Grâce au volontarisme normand d' Hervé Morin qui a su négocier ce qu'il fallait avec Manuel Valls au printemps 2016, une amélioration sensible du service ferroviaire normand est prévue pour 2020...

Quant à la LNPN en tant que telle, mieux vaut l'enterrer au lieu que son achèvement ne nous enterre!


 https://www.francebleu.fr/infos/transports/transports-nous-serons-morts-avant-que-la-ligne-nouvelle-paris-normandie-soit-terminee-1536765912

Transports : "Nous serons morts avant que la ligne nouvelle Paris-Normandie soit terminée"

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mercredi 12 septembre 2018 à 17:34 Par Claire Briguet-Lamarre, France Bleu Normandie (Calvados - Orne), France Bleu Cotentin et France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Le président de la région Normandie s'avoue pessimiste sur l'avenir de la ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN) après son entrevue ce mercredi avec Elisabeth Borne, la ministre des Transports.

Ce mercredi matin, Hervé Morin prenait le petit-déjeuner avec Elisabeth Borne, la ministre des Transports. le président de la région Normandie en sort avec la confirmation que la ligne de trains rapides entre Paris et la Normandie se fera bien mais dans des délais extrêmement longs.

Ligne de trains prévue en 2050 ...

Interrogé par France Bleu Normandie, Hervé Morin explique : " très franchement, vous et moi serons morts avant que la totalité de la ligne Paris Normandie soit faite parce que le phasage est extrêmement long. Pour le moment, seul le segment autour de Mantes est assuré et probablement une partie à l'arrivée vers Rouen."

Le président de la région Normandie déplore que le financement de ce projet soit à la baisse et ne permette donc pas d'assurer  tous les segments à court terme. "Le Y de l'Eure permettant la connexion entre Caen et Rouen ou la partie entre Rouen et Le Havre ne sortiront pas de terre avant 2040-2050" ajoute Hervé Morin.

Le patron de la région se veut plus optimiste en revanche sur la construction du futur contournement est de Rouen. Ce tronçon de 40 kilomètres devant permettre d'alléger la circulation en centre-ville de Rouen. "J'ai obtenu  des assurances de l'Etat et l'échéance est fixée à 2020".

 


 

 Lire, par ailleurs, dans la dernière édition de la Chronique de Normandie (n° 550, 17 septembre 2018):

Chronique de Ndie LNPN