Dans le journal Paris-Normandie de ce jour, Frédéric Sanchez, Président PS de la Métropole Rouen Normandie, Maire du Petit-Quevilly et Conseiller régional de Normandie, s’exprime sur les transformations pour bâtir une Métropole durable.

     Il évoque notamment le dossier LNPN et son contexte rouennais :

Frédéric Sanchez (PS) : « Le contournement Est de Rouen et la LNPN conforteront les transformations de la Métropole »

Paris-Normandie Publié le 20/09/2018 à 05:00 Mise à jour le 05:00

https://www.paris-normandie.fr/actualites/politique/frederic-sanchez-ps---le-contournement-est-de-rouen-et-la-lnpn-conforteront-les-transformations-de-la-metropole--OA13751816

Frédéric Sanchez, Président PS de la Métropole Rouen Normandie, Maire du Petit-Quevilly et Conseiller régional de Normandie, s’exprime sur les transformations pour bâtir une Métropole durable.

Frédéric Sanchez (photo Boris Maslard)

« Nous ne devons pas faire la fine bouche devant les annonces récentes de la ministre des Transports, Élisabeth Borne, lors de la présentation des grands choix de la France pour les mobilités du futur. Il était indispensable pour Rouen et la Normandie que les deux enjeux majeurs que représentent le contournement Est et la Ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) figurent bien parmi les projets priorisés par le gouvernement pour les grandes infrastructures du quotidien.

C’est chose faite, à l’issue d’un long débat dans lequel je me suis battu avec d’autres et avec vigueur : la reconnaissance concrète de nos besoins, la confirmation des engagements de l’État représentent un acquis précieux et confortent la trajectoire de la Métropole pour les dix années qui viennent.

Objectif : - 80 % de poids lourds sur le Pont Mathilde

Bien sûr, nous voudrions que les choses aillent encore plus vite, bien sûr, nous aurions tous aimé un cadrage budgétaire encore plus ambitieux, mais je préfère voir le verre à demi-plein que le verre à demi-vide, question de tempérament ! Chacun sait, sauf à être démagogue, combien l’argent public est rare, si l’on veut maîtriser l’endettement de l’État. C’est pourquoi il nous faut nous concentrer sur l’essentiel. Après avoir tant attendu, nous devons maintenant conforter, préciser les choix retenus à l’occasion de la discussion parlementaire qui interviendra lors de l’examen de la Loi d’Orientation des Mobilités, obtenir que s’engagent désormais rapidement les premières étapes de réalisation.

Pour le contournement routier qui manque à notre territoire depuis tant d’années, un des rares de France à être encore congestionné en son centre par le trafic de transit, l’accord sur le financement que nous avons conclu avec la Région Normandie et le Département de la Seine-Maritime a été décisif. Le projet de liaison vise à relier l’A28 au Nord à l’A13 au Sud en passant par l’Est de Rouen, en incluant un barreau de raccordement. Complété par les travaux, déjà programmés, sur la Sud III et les accès du pont Flaubert, cet investissement va changer le visage de notre Métropole, la connectera naturellement au Sud, vers l’Agglomération Seine-Eure, comme au Nord, permettra d’irriguer notre bassin de vie dans son entier, à travers un axe Calais-Bayonne fluidifié.

Le trafic envisagé sur le projet à son ouverture est de l’ordre de 20 000 véhicules par jour et jusqu’à 30 000 dans la liaison avec Rouen, permettant une réduction considérable du nombre de poids lourds sur les axes actuellement utilisés (ainsi, à titre d’exemple, le nombre de poids lourds dans le tunnel de la Grand Mare serait diminué de 83 %). Qu’on ne s’y trompe pas, pour la Métropole durable et respirable dont nous rêvons, et à laquelle nous travaillons ardemment, de la rénovation de notre cœur historique à l’élargissement des centralités de part et d’autre de la Seine ou aux propositions sur les formes contemporaines de mobilité, le contournement de Rouen est essentiel.

LNPN : l’urgent est de démarrer

De la même façon, il était temps de donner le top départ à la Ligne nouvelle Paris-Normandie après dix ans de lente maturation. J’ai bien conscience que l’horizon de l’achèvement de la LNPN paraît bien lointain. Le phasage de la Ligne nouvelle Paris-Normandie est une réalité avec laquelle nous devons composer depuis longtemps. Mais l’urgent est de démarrer, les habitants de la Métropole, utilisateurs au quotidien de ce service, le demandent.

Depuis 2009, la fréquentation des transports régionaux s’est accrue d’environ 2 % par an dans l’étoile rouennaise, 23 000 voyageurs transitent chaque jour à la gare de Rouen Rive Droite, entre 7 et 9 h de nombreux trains sont occupés à plus de 100 % ! Les études les plus récentes, menées par la Région et SNCF Réseau et partagées avec les équipes de la Métropole, le démontrent : les infrastructures actuelles ne sont absolument pas capables d’absorber la croissance du trafic dans de bonnes conditions à l’horizon 2030. Comment le pourraient-elles d’ailleurs, qui peinent à le faire en 2018 !

Gare Saint-Sever : continuer à se mobiliser pour le hub rouennais

C’est donc dès à présent qu’il faut lancer les premiers investissements sur la gare Saint-Lazare pour réserver des quais et des voies aux trains normands, qui passent trop souvent après les trains franciliens, réaliser la nouvelle ligne entre Paris et Mantes-la-Jolie, toutes choses qui auront un impact sur le temps de trajet entre Paris et Rouen, mais aussi sur la densification et le développement de l’offre ferroviaire, réponse au besoin croissant de mobilité de nos concitoyens.

Dans ce schéma, la réalisation de la nouvelle gare Saint-Sever est une évidence. C’est pourquoi nous voulons voir dans les annonces gouvernementales une invitation à poursuivre avec détermination les études sur ce projet, qui participe pleinement des transformations de la Métropole, qu’esquissent la promenade fluviale sur les quais Rive gauche, Grand Prix National du Paysage 2018, ou la future T4. On ne peut pas imaginer que les premières phases effectives de la LNPN n’intègrent pas la réalisation de ce projet urbain majeur. La discussion parlementaire devra le confirmer avec clarté.

À Rouen, nous savons d’expérience qu’il ne faut jamais rien lâcher. La cohérence, la dynamique et la convergence des projets sur notre territoire frappent les observateurs ! Soyons donc à la fois lucides, positifs et combatifs pour permettre la réalisation rapide de ces investissements indispensables. »


 

Commentaire :

     Nous ne pouvons que partager l'avis de Frédéric Sanchez sur les points suivants concernant la LNPN :

. ... " lancer les premiers investissements sur la gare Saint-Lazare pour réserver des quais et des voies aux trains normands, ... "

. ... " réaliser la nouvelle ligne entre Paris et Mantes-la-Jolie, ..."

      En revanche, la situation se complique dès lors que Frédéric Sanchez déclare : ... " la réalisation de la nouvelle gare Saint-Sever est une évidence. ... "

     Ce que Frédéric Sanchez se garde bien de mentionner, c'est que dans son esprit et dans celui de la communauté rouennaise, cette gare Saint Sever serait obligatoirement assortie d'un franchissement ferroviaire sous-fluvial d'un coût exorbitant qui fait partie de l'option de trajet Rouen-Yvetot retenue lors du débat public relatif à l'implantation de la LNPN, faussé avec le concours des services de l'Equipement et du Maître d'ouvrage ! ...


 Commentaire de Florestan:

1) Hervé Morin a fait savoir qu'il se mobiliserait pour que le principe de la gare de Rouen Saint-Sever-Rive-Gauche soit acté définitivement dans la prochaine loi d'orientation sur les transports qui va être votée au parlement: le président normand a alerté tous les parlementaires normands sur ce sujet par courrier.

Que l'on cesse de dire que Monsieur Morin est un "baaaas" normand qui se contreficherait des intérêts rouennais!

On peut même dire que le président Normand fait ce qu'un certain Edouard Philippe devenu Premier ministre n'ose plus faire à la tête de l'Etat, à savoir: favoriser un peu juste un tout petit peu son territoire régional comme le ferait un ministre... Breton ou Alsacien!

Lire, par exemple, cette brève parue dans la dernière édition de la Lettre Eco Normandie (N°1590 14 septembre 2018):

LEN contournement EST

2) La région Normandie va devenir, de fait, à partir de 2020 le premier financeur du système de transport régional: on vient de le voir pour le bouclage du contournement autoroutier Est de Rouen dont on parle depuis 1972 ou dans le plan de modernisation et d'achèvement du port du Havre (postes 11 et 12 de Port 2000, chatière vers la Seine). Cependant, il est évident que la région Normandie y regardera certainement à deux fois, si ce n'est pas plus, s'il s'agissait de financer un tunnel ferroviaire profond sous-fluvial de 11 km coûtant près de DEUX MILLIARDS entre Rouen Saint-Sever-Rive Gauche et le plateau cauchois sur la rive droite.

Il faut donc envisager, à nouveau, l'étude du SCENARIO C qui prévoyait la réalisation de la nouvelle gare de Rouen sur la rive Gauche mais assorti d'un passage ferroviaire sous-fluvial dans l'estuaire beaucoup moins coûteux que le méga-tunnel rouennais.

La Région Normandie finance déjà des études pour améliorer les accès routiers et ferroviaires du port de Rouen depuis la rive Sud... Ne faudrait-il pas aller jusqu'au bout? A savoir remettre le SCENARIO C à l'honneur?

A comparer: De deux maux, choisir le moindre...

L'impact environnemental du Scénario C de la LNPN avec passage ferroviaire sous-fluvial dans l'estuaire de la Seine. On sait que les Ecologistes ont fait condamner devant la justice administrative la possibilité de franchir la réserve naturelle de l'estuaire de la Seine classée Natura 2000...

environnement_C

L'impact environnemental du Scénario B de la LNPN (celui officiellement retenu après le débat de 2011 avec le tunnel profond à Rouen et contre lequel les élus du Pays de Caux s'opposent à commencer Monsieur le député PS Christophe Bouillon):

environnement_B

source: http://ecoloceane.free.fr/lnpn/scenarios/environnement_B.png