La Normandie va retrouver le périmètre académique dont elle disposait jusqu'en 1964 avant la confirmation de la déplorable division régionale entre Haute et Basse-Normandie, à savoir l'académie de Caen qui rayonnait autrefois sur les cinq départements normands plus la Sarthe (et encore aujourd'hui l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_de_Caen_(%C3%A9ducation)

Capture

C'est la logique géopolitique de l'évidence normande qui s'applique: les périmètres régionaux normands doivent correspondre au périmètre normand en tant que tel puisque la Normandie est la seule région de France où la coïncidence entre la région fonctionnelle et la région géo-historique culturelle est réalisée ce qui donne une force et une légitimité au projet de la Normandie réunifiée.

Mais qui dit fusion de tous les périmètres régionaux normands dans l'unité normande n'implique pas pour autant fusion de toutes les institutions normandes entre elles dans l'idée aussi malheureuse que maladroite de reproduire à l'échelle normande la centralisation parisienne à l'échelle nationale car la géographie normande, notamment urbaine, qui est une géographie fondamentalement polycentrique, s'y oppose totalement.

Revenir à une seule académie normande pilotée principalement depuis Caen comme ce fut le cas jusqu'en 1964 c'est logique. En revanche, fusionner les trois universités de Caen, Rouen et Le Havre pour n'en faire qu'une seule n'est pas une bonne idée: la logique normande serait plutôt de construire une communauté normande de l'enseignement supérieur dans un esprit fédératif qui doit se déployer sur l'ensemble de l'académie normande.

Bien entendu, le retour à une seule académie normande va boulverser les habitudes de quelques fonctionnaires dans les bureaux des rectorats à Caen et à Rouen comme cela inquiète aussi les enseignants sur le terrain pour d'évidentes questions de mobilité compte tenu de l'état plus que préoccupant du système des transports publics (notamment la SNCF) au coeur même d'une Normandie à ce point coupée en deux qu'il reste encore plus facile d'aller à Paris que d'aller à Rugles, Mortain, Orbec ou Gournay en Bray depuis une grande ville normande...

Autre inquiétude:

L'instrumentalisation politicienne par l'actuel gouvernement du trop bel exemple de la fusion normande pour imposer le modèle normand partout ailleurs en France, notamment dans ces grands machins néo-régionaux qui ne ressemblent à rien sortis de la réforme régionale jacobine de 2015. Le retour à l'académie de Caen d'avant 1964 en phase avec une vraie région à taille humaine et clairement identifiée par l'histoire et la géographie c'est une chose. Mais le massacre académique du "Grand Est" ou de la "Nouvelle Aquitaine" au profit de Strasbourg, d'une part, et de Bordeaux d'autre part, c'est autre chose au point qu'un rapport de l'inspection interministérielle du printemps 2018 avait mis en garde le Gouvernement et le Ministre de l'Education Nationale de faire coïncider "à la normande" la carte académique avec la carte des 13 nouvelles "régions" métropolitaines.

On voit bien que ce n'est pas l'aménagement du territoire qui préside aux arbitrages mais bel et bien le jacobinisme comptable du Ministère du Rabot qui vérifie la taille du copeau selon la norme de Bruxelles: pas plus de 3%!!!

Cela rend donc l'exemple normand encore plus exceptionnel sinon précieux puisqu'un projet régional académique authentique peut y être élaboré avec l'ensemble des acteurs régionaux.

On espère que c'est bien l'objectif recherché par la consultation publique ouverte à tous les citoyens normands (pas seulement les enseignants, les parents d'élèves ou la jeunesse scolarisée) que met en oeuvre, ces jours-ci, Denis Rolland, le recteur de Caen pour permettre l'élaboration d'un projet académique normand:

https://projet-avenir-e-normandie.ac-caen.fr/

Capture académie normande


 

Commentaire de Florestan:

Tout à chacun peut contribuer librement sur ce portail selon les différentes thématiques proposées. Pour notre part, nous avons fait remonter la triste réalité que nous constatons régulièrement, à savoir, la très faible connaissance des lycéens "normands" de leur région et l'image très dégradée qu'ils peuvent en avoir faute de la connaître vraiment.

Autre sujet: nous avons dénoncé le monopole de fait qu'exerce le groupe de presse Ouest-France sur l'information des lycéens de l'académie de Caen concernant l'avenir de leur formation ou leur avenir professionnel

Pour la première fois depuis 1964, la rentrée scolaire de septembre 2019 se fera dans une seule académie normande.