Nous venons de l'apprendre:

Capture Dormoy


 Commentaire de Florestan:

On peut considérer qu'il s'agit d'une sage décision car on ne saurait avoir le don de l'ubiquité, les journées n'ayant que 24 heures. La Normandie qui achève sa réunification, en pleine renaissance après des années d'un certain manque d'ambition ou de rayonnement en matière culturelle, à commencer par la promotion de la culture régionale spécifiquement normande, mérite que l'on s'y consacre pleinement parce que l'on croit authentiquement au projet normand...

De même, à Caen, les enjeux culturels et patrimoniaux sont importants sinon sensibles pour le présent et l'avenir d'une ville qui doit tourner la page de l'Après Guerre, qui doit pouvoir s'affirmer comme une destination de premier plan du tourisme culturel, ce qu'elle n'est toujours pas alors que la cité fondée par Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre en a tous les atouts: cela mérite, là aussi, de s'y consacrer à temps plein.

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Comme la Sénatrice de la Seine-Maritime et conseillère régionale de Normandie Catherine Morin-Desailly joue déjà un rôle important dans les institutions culturelles régionales en tant que présidente de la commission culture de la Commission permanente de la région et présidente de l'Opéra régional de Rouen, la démission d'Emmanuelle Dormoy sonne comme une nécessaire clarification... quand bien même une sénatrice, en tant qu'élue de la Nation, ne saurait participer à un exécutif régional afin de respecter le principe de non cumul entre un mandat national et un mandat local: en clair, Catherine Morin-Desailly ne pourra pas succéder à l'élue démissionnaire à moins de démissionner de son mandat de Sénatrice et, partant, de la présidence de la commission de la Culture du... Sénat, fonction prestigieuse qui n'est pas, pour autant, une sinécure bien au contraire!

Ainsi, l'idée d'équilibrer le dossier sensible des politiques publiques régionales entre une élue caennaise, Emmanuelle Dormoy en l'occurrence, officiellement chargée de la Culture dans l'exécutif régional en tant que vice-présidente et l'élue rouennaise, Catherine Morin-Dessailly, était certainement nécessaire il y a trois ans pour faciliter la réunification normande. Mais elle s'est révélée concrètement assez inefficace:

A qui la faute?

Serait-ce parce l'élue rouennaise avait plus de pouvoir et d'influence sur les questions culturelles tout en n'étant pas officiellement dans l'exécutif régional?

Ou parce que celle qui était officiellement chargée de mettre en oeuvre le projet culturel normand voulu et présenté en mai 2017 par Hervé Morin n'a pas eu la volonté ou la force de le faire faute de croire vraiment à l'idée d'unité normande?

Nous n'avons pas assez d'informations pour répondre à ces questions. On peut seulement dire que l'élue caennaise n'était pas une militante historique de l'unité normande et que son passage à l'exécutif régional pour  mettre en oeuvre l'unité normande lui aura donné l'occasion de découvrir toute une Normandie qu'on ne saurait connaître si l'on devait rester à... Caen ( ou à Rouen...)

En tout cas, une chose est sûre: le localisme est incompatible avec la mise en oeuvre d'un projet régional normand.

En conséquence: on souhaitera donc un bon retour d'Emmanuelle Dormoy à Caen.