Débat surréaliste jeudi 4 octobre 2018 à l'assemblée départementale de la Seine-Maritime où l'opposition socialiste s'en est prise violemment au président de la collectivité seino-marine, Pascal Martin, accusé d'opérer des coupes claires dans les finances consacrées aux politiques sociales. Nicolas Rouly, si l'on en croit l'article de Paris-Normandie (Franck Boitelle) à lire ci-dessous se trompe de cible quand il accuse Pascal Martin de faire de la Seine-Maritime un laboratoire du "macro-philippisme" (sic!) alors que la cause du problème c'est "en même temps", le retrait de l'Etat central "en régions" via l'Agence Régionale de la Santé de certains dispositifs avancés de prévention médicale et la réduction continue des dotations financières de l'Etat vers les départements obligés de se recentrer sur le coeur de leurs compétences spécifiques en laissant tomber des pans entiers de politiques publiques relevant de la compétence générale (notamment dans le domaine culturel et social).

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Nicolas Rouly a raison de parler de laboratoire du Macro-philippisme mais ce laboratoire n'est pas à Saint Sever Rive Gauche mais à Bercy Rive Droite!


 

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/la-politique-sociale-de-la-seine-maritime-remise-en-cause-KK13916408

La politique sociale de la Seine-Maritime remise en cause

Seine-Maritime. La fermeture des Centres de dépistage départementaux a allumé, hier, la mèche de vifs échanges entre majorité et opposition sur la politique sociale.

La rencontre entre Nathalie Lecordier, vice-présidente en charge de l’enfance et de la famille, et les représentants de la délégation normande de Médecins du Monde, n’aura pas suffi à désamorcer la crise : hier, l’annonce de la fermeture prochaine des CeGIDD (centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) départementaux a provoqué de violentes passes d’armes quant à la politique sociale du Département, victime selon l’opposition de « coups de rabot » à répétition. « Les équipes de Médecins du Monde sont extrêmement inquiètes, comme le sont tous les acteurs de la santé dans le département », affirmait l’élue socialiste, Caroline Dutartre, alertée, comme l’ensemble de ses collègues, par une lettre adressée aux élus fin septembre.

« Carton rouge »

Dans ce courrier, l’ONG fait part de la « grande incertitude » quant à l’avenir des cinq sites de CeGIDD soutenus par la Seine-Maritime, dans le centre-ville de Rouen, à Dieppe, Fécamp, Elbeuf et au Havre, et de ses doutes quant à la capacité des centres du CHU et de son antenne à Saint-Julien, d’absorber la file active couverte actuellement par les centres départementaux.

Or, les besoins en matière de prévention des IST (infections sexuellement transmissibles), du VIH et des hépatites, sont en progression constante auprès d’une population en grande précarité, vulnérable : SDF, mineurs non accompagnés, prostituées, jeunes en rupture avec leur famille. « Ces personnes sont éloignées des dispositifs de santé, pour beaucoup sans droits sociaux et n’ont jamais fait de dépistage ou y ont difficilement accès », note MdM. « En fermant ces centres, vous abandonnez les publics les plus précaires », accusait Caroline Dutartre, qui attribuait un « carton rouge » à la majorité.

Pourtant, comme le rappelait Nathalie Lecordier tout en louant la qualité du travail réalisé par les équipes en place, ce dispositif de santé publique ne relève pas des compétences du Département, mais de celles de l’État par le biais de l’Agence régionale de Santé. Maintenu jusqu’à présent dans le giron de la collectivité, il fait désormais l’objet d’un appel à candidature lancé par l’ARS pour recruter de nouveaux opérateurs. Le choix devrait être fait le 23 novembre, pour une passation de témoin au 31 décembre. « Nous avons décidé de nous recentrer sur les compétences du Département », indique l’élue, qui explique que la collectivité n’abandonnera pas tout à fait le champ de la prévention des IST, par des campagnes d’information des élèves des collèges, ces derniers s’inscrivant dans le cadre des compétences départementales.

Pour autant, la majorité départementale n’en avait pas terminé avec les critiques de sa politique sociale : au terme des prises de parole de Dominique Métot, et de Stéphane Barré pour le groupe communiste, qui avaient tous deux choisi de s’exprimer sur le Plan pauvreté dévoilé dernièrement par Emmanuel Macron, le chef de l’opposition, Nicolas Rouly, dénonçait le « plan anti-pauvres déroulé avec méthode » depuis l’accession de Pascal Martin à la présidence de la Seine-Maritime, « et qui monte tragiquement en puissance en cette rentrée 2018 ». « Vous êtes en train de faire de notre département non plus la collectivité des solidarités, mais un laboratoire du macronisme, ou plutôt du macro-philippisme tant l’ombre du Premier ministre plane sur votre majorité et pèse sur vos décisions », accusait-il.

Il n’en fallait pas davantage pour déclencher une réponse virulente du président de la Seine-Maritime, en appelant à la « vérité des chiffres et des comptes », convoquant l’histoire de la précédente mandature et du creusement de la dette du Département. « Pendant dix ans, vous avez fait les poches des habitants de la Seine-Maritime », lançait-il, se disant pour sa part prêt à défendre son bilan « avec fierté et pugnacité » lorsque le moment sera venu. Ce sera au printemps 2021. Mais déjà, chaque camp fourbit ses armes.