Christine GARDEL la directrice de l'Agence Régionale de la Santé croquée en gendarme sévère interdisant l'accès de la commune de Bernay aux nourrissons... Brigitte MACRON en femme parturiante accouchée sur le capot d'une "deux chevaux" par un médecin de garde nommé "Manu": tout est dit avec humour sur la colère des territoires ruraux déménagés pour raisons comptables ou sur les réalités concrètes du désert médical lorsqu'on parle de "médecine ambulatoire" au sens propre de l'expression, c'est-à-dire, prendre le risque d'accoucher dans sa voiture ou dans une ambulance sur le trajet entre le domicile et la maternité... la plus proche!

Lire l'article proposé par Paris-Normandie:

https://www.paris-normandie.fr/newsletters/les-opposants-a-la-fermeture-de-la-maternite-de-bernay-plus-que-jamais-determines-a-la-sauver-MI13938646

Les opposants à la fermeture de la maternité de Bernay plus que jamais déterminés à la sauver

Mobilisation. Venus en grand nombre, les opposants à la fermeture de la maternité de Bernay ont occupé la pelouse et le toit de l’hôpital pour rappeler leur détermination, dans une ambiance festive. (Pierre Schaeffer)
   

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Hier mercredi, à l’entrée du centre hospitalier de Bernay, le ton était donné avec un dessin humoristique accroché sur la grille. Celui-ci met en scène Christine Gardel, directrice de l’Agence régionale de santé de Normandie, en uniforme d’agent de la circulation, interdisant l’entrée des femmes venant accoucher... Plus loin, une femme en détresse accouche en urgence sur le capot d’une voiture en maugréant !

Dès 9 h, dans une ambiance très festive, le combat pour la défense de la maternité de Bernay - et plus largement du service public de proximité - s’est néanmoins poursuivi avec une détermination sans failles.

« Un combat humain et sociétal »

Une vingtaine de bénévoles se sont affairés pour animer la pelouse du centre hospitalier. Chamboule-tout, structure gonflable, jeux de plein air, salon de maquillage pour les enfants, démonstration de chiens dressés, balades en poneys, etc, ont assuré une ambiance conviviale autour d’un front commun : le sauvetage de la maternité de Bernay et de tous les services de l’hôpital (urgences et chirurgie) qui pourraient disparaître par effet domino.

Également mobilisé pour cette journée exceptionnelle, le syndicat FO a annoncé que le combat engagé par ses militants se poursuivrait jusqu’à demain vendredi.

Juchés sur le toit de la maternité, les syndicalistes ont reçu le renfort du secrétaire national FO, Denis Basset, qui a passé la journée à leurs côtés. Il a fait savoir qu’il était inacceptable que, partout en France, des situations identiques se reproduisent. « Il y a plein de Bernay en France ! Au total, 865 structures semblables à celles de votre ville, qui proposent des services de médecine, chirurgie et obstétrique, sont appelées à se transformer en 135 grosses structures centralisées dans une pure logique comptable. En tout cas, je suis impressionné par cette grande mobilisation, ici à Bernay. C’est un beau combat qui dépasse le combat syndical car c’est aussi un combat humain et sociétal », a déclaré le syndicaliste.

Annabelle Vincent, psychologue hospitalière qui exerce à la maternité, et qui a pris récemment les rênes de l’association ELP (Égalité, liberté, proximité) en remplacement du collectif de citoyens formé il y a sept mois, le rejoint dans ses propos : « Je ne me vois par pour ma part travailler dans de grosses structures pour accompagner efficacement les mères qui viennent accoucher ici », souligne-t-elle.

Après plusieurs prises de parole, Pierre Jalet, avocat bernayen qui défend gracieusement l’association, et qui a engagé deux actions judiciaires contre la fermeture de la maternité - lire notre édition du 9 octobre- évoque « une décision qui relève du caprice ou de la plus totale incohérence ».

« Des bébés à Bernay ! »

Dans le même temps, poursuit-il en s’interrogeant, « comment va-t-on pouvoir, par exemple, à la maternité de Lisieux gérer un afflux supplémentaire de parturientes sans les mettre en danger puisque cette structure n’a pas reçu de renforts matériels et humains ? »

Parmi les élus présents, Pierre Chauvin, maire (SE) de Chamblac et ancien agent hospitalier de l’établissement bernayen, a évoqué des temps qui ont bien changé : « Je me souviens qu’à cette époque, la direction de l’hôpital faisait corps avec tous les personnels pour défendre les services. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas... ».

Enfin, avant de repartir à Paris, Denis Basset s’est engagé à réclamer l’organisation d’une réunion spécifique pour défendre le dossier bernayen au ministère de la Santé. Non sans avoir envoyé une grosse bouffée d’espoir aux centaines de personnes présentes dans la cour de l’hôpital : « À Vierzon dans le Cher, la bataille a été gagnée grâce à une mobilisation citoyenne similaire à la vôtre. »

La foule a ensuite entonné le slogan « Tous ensemble ! Des bébés à Bernay ! » comme meilleure preuve que le combat pour la vie de l’hôpital tout entier n’est pas près de s’essouffler.

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