Trois ans après sa réunification officielle, la Normandie impose, désormais à tous son évidence: ainsi cet article proposé par la Tribune qui insiste sur la réunification qui répare la Normandie et qui remet en route vers son avenir une ancienne province de France qui bénéficie du privilège rare et précieux d'une coïncidence quasi parfaite entre la région fonctionnelle et la région géo-historique culturelle et patrimoniale: cela donne une force incontestable au projet normand au point que l'on peut dire en toute modestie mais avec fierté et assurance que le retour à l'unité normande fut la seule et grande bonne nouvelle politique et collective arrivée pour les Normandes et les Normandes depuis la fin de la Seconde guerre mondiale... Enfin!

https://www.latribune.fr/regions/normandie-la-reunification-qui-fait-du-bien-793432.html

Normandie : la réunification qui fait du bien

 |  11/10/2018, 7:00  |  799  mots

normandie-pont-seine

Maillon de la stratégie Axe Seine, la Région Normandie se dit prête à porter le projet d'amélioration de la connexion mer-Seine. (Crédits : iStock)
Pour faire émerger une identité culturelle et économique normande, l'action menée depuis presque trois ans joue autant sur « l'exaltation » du sentiment régional que sur l'investissement massif dans des domaines clés. Les dispositifs d'aide et d'accompagnement des entreprises ont été regroupés ou créés sous forme de guichet unique.

« Mon objectif, c'est de faire en sorte qu'on soit fier d'être normand comme on est fier d'être breton. C'est un moteur pour booster l'économie régionale et la faire entrer dans une dynamique porteuse. » S'ils ont de quoi réjouir ses voisins armoricains, les mots d'Hervé Morin, président de la Région Normandie, unifiée dans le cadre de la réforme territoriale de 2015, résument assez bien l'action menée depuis presque trois ans.

C'est d'abord sur le plan de l'identité culturelle et économique, mais aussi sur le sentiment d'appartenance à un même territoire, que la Normandie, première région industrielle française en part de valeur (20% du PIB), « sacrifiée par le découpage de 1957 », (ndlr: 1956 confirmée en 1960) conduit sa stratégie du renouveau. Faire gagner "la team Normandie", à partir de deux anciennes régions complémentaires, l'une plus rurale (Basse- Normandie), l'autre centrée sur les villes du Havre et de Rouen (Haute-Normandie), c'est d'abord bâtir une « culture commune » et « se réapproprier son identité ».

(ndlr Florestan: l'identité normande est d'une autre nature que l'identité bretonne)

La création en avril 2016 de l'agence de développement AD Normandie (ADN), qui vise à construire l'identité économique du territoire en offrant un guichet unique aux entreprises, a été suivie un an plus tard par le lancement de l'agence Normandie Attractivité et de la marque territoriale Normandie. Forte de 2.200 ambassadeurs et de 250 partenaires, la marque anime le mouvement #NormandieRégionMonde et s'exprime au travers d'événements, tels que le Forum de la Paix, sorte de Davos thématique organisé à Caen en juin dernier.

Investissement massif

La Région appuie sa stratégie sur une politique d'investissement assumée. Sur un budget de 1,4 milliard d'euros en 2017, elle a investi 467 millions, soit 110 millions de plus qu'en 2015, avec, pour principaux postes, les transports (infrastructures ferroviaires et routières), l'action économique (103 M d'aides au total), l'enseignement et la formation. « En 2018, l'investissement s'élève à 570 millions d'euros. En 2019, il sera porté à 750 millions d'euros », assure Hervé Morin.

« Nous devons pallier notre faiblesse en termes d'infrastructures ferroviaires et routières, et de très haut débit. 300 millions d'euros vont aux territoires. » Maillon du développement Axe Seine, la Région se dit prête à porter le projet d'amélioration de la connexion mer- Seine, toujours au point mort.

Sur le plan économique, 1,2 million d'emplois sont essentiellement concentrés dans l'agriculture, l'industrie et la construction, avec une forte présence d'entreprises et de grands groupes (Agrial, Renault, Safran, Sanofi) sur les secteurs de l'automobile, du pétrole et ses dérivés, de l'aéronautique, des activités navales, de l'énergie.

Les outils mis en place pour accompagner l'écosystème portent une attention particulière à 12 filières stratégiques (aéronautique, chimie-cosmétique, agroalimentaire, filière équine, énergie, numérique). Soutenu par le pôle Normandie Équine Vallée, un campus équin de 35 millions d'euros doit voir le jour à Goustranville. À Cherbourg, dans le domaine des EMR, l'usine LM Wind Power, spécialisée dans l'éolien en mer, ouvrira en 2019, tandis que des discussions sont en cours pour la reprise du site Naval Énergies/OpenHydro après l'arrêt de l'hydrolien par Naval Group. (ndlr: la faute à un gouvernement parisien qui ne sait pas ce que c'est qu'un courant de marée...)

9.000 emplois

sauvegardés

Via l'AD Normandie, 850 entreprises ont été accompagnées en 2017 dans leur développement sous forme de subventions ou prêts, pour un montant supérieur à 61 millions d'euros. 116 autres en difficulté ont bénéficié du dispositif Arme (13,18 M de soutien), dont le bilan global revendique 9.000 emplois sauvegardés. L'an passé, 5 millions d'euros ont été versés aux pôles de compétitivité et aux filières.

« Avec son fonds Normandie Participations, doté de 100 millions d'euros, la Région est entrée au capital de 22 entreprises dans les secteurs majeurs de la région », ajoute Hervé Morin. « Pour aider les PMETPE à monter en puissance, elle a créé Normandie Horizon, avec Bpifrance et le Crédit Agricole. »

Pour la recherche, le dispositif Normandie Valorisation favorise le passage d'innovations dans le marché, et, début 2018, c'est Xport Box, dispositif commun de soutien à l'export, qui a été inauguré. Malgré des indicateurs sociaux toujours difficiles, le rebond de l'économie normande donne aux élus régionaux des raisons d'y croire. Selon l'Insee, l'année 2017 confirme l'embellie de 2016.

L'emploi salarié marchand a augmenté de 4.000 salariés (+0,6% sur un an, mais trois fois moins qu'au niveau national). La démographie d'entreprises affiche aussi du dynamisme, avec +3,5% de créations, 7,3% de défaillances, notamment dans l'industrie, et un chiffre d'affaires et une rentabilité des sociétés qui progressent. Les intentions d'embauche seraient en progression de 25% en 2018. Au-delà des chiffres, c'est un état d'esprit qui s'installe.

__

Par Pascale Paoli-Lebailly,
correspondante pour La Tribune en Normandie

___

Normandie : les données clés

  • Population totale : 3.342.467 habitants
  • PIB par habitant : 27.465 euros (2015)
  • Taux de chômage : 8,9% (4e trimestre 2017)
  • Présidente du conseil régional : Hervé Morin (LC)

Commentaire de Florestan:
Ce constat louangeur de la dynamique positive de l'unité normande est d'autant plus remarquable à noter que ce même hebdomadaire s'était fait l'écho des propos d'ivrogne d'un certain Antoine Grumbach qui court toujours derrière son rêve (et notre cauchemar) d'une annexion de la Normandie au Grand Paris pour précisément organiser, valoriser et piloter l'AXE SEINE:
https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/paris-rouen-le-havre-une-seule-ville-reliee-par-la-seine-532382.html
L'article date de 2015: ça date de l'ancien monde comme dirait l'autre...
Lorsque les Normands auront achevé la reconquête de la Normandie (c'est-à-dire, la reconquête d'eux-mêmes), le prochain objectif sera l'Axe Seine.