BILLET de FLORESTAN

Canayer, Le Bodo, Lemonnier, Philippe, Lemaire, Lecornu... Fourneyron, Mayer-Rossignol?

Voilà quelques noms d'hommes et de femmes politiques plus ou moins connus qui semblent s'aligner comme s'alignent les planètes des astrologues sur un axe bien déterminé et qui nous permet de deviner la météo politique des prochains mois... Cette affaire se passe dans le ciel étoilé entre Paris et la mer: certains appellent ça l'Axe Seine avec un fil d'or que d'aucuns voudraient tendre de clocher à clocher comme le dit le poète dans la perspective des prochaines élections européennes, municipales, voire, soyons fous, régionales!

Bien entendu, dans cette géopolitique il ne sera jamais question de la Normandie, de son projet, de son intérêt national ou de l'aménagement de son territoire. Il ne sera surtout pas question de savoir si l'enjeu national de l'Axe Seine peut être développé et piloté depuis la Normandie  alors que l'Axe Seine constitue le coeur même de la Normandie, notamment à Rouen là où se concentrent 25% des emplois normands...

En revanche, il semble que la "macronisation" de l'Axe Seine se mette... "en marche" avec pour objectif:

La chasse au Morin!

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Voici quelques éléments qui nous invitent sérieusement à y penser:

1) Contrairement à Stéphane Travert, le Normand viré du ministère de l'Agriculture pour s'être trop mis en travers de Nicolas Hulot, Sébastien Lecornu est un Normand qui y reste puisqu'il quitte l'Environnement pour prendre du galon et devenir le ministre associé d'un grand ministère dédié à la cohésion des territoires: depuis le gabion gouvernemental parisien,  Morin le girondin normand est clairement dans le viseur... Objectif? Les élections régionales de 2021.

La Taute 039

2) Christophe Castaner, l'homme qui dit toujours oui, est plus que jamais à l'intérieur: le poste idéal pour tripatouiller avant les prochaines élections afin d'aplanir le chemin où les Marcheurs s'essoufflent!

3) Nous avons appris, en outre, que Pascal Martin, le président LR du département de la Seine-Maritime qui reste encore la première collectivité territoriale normande par la masse de son budget recevra la médaille de l'ordre national du Mérite ce vendredi 19 octobre en son hôtel de département de Saint-Sever à l'occasion d'une cérémonie privée à laquelle un certain... Edouard Philippe a prévu de participer.

Tiens donc? On dirait que la tournée des popotes macronistes vient de commencer. Dans le même temps, celle qui est la voix de son maître, la préfète de région se fait la plus active des Seinomarines avec trois communiqués de presse par jour!  Pendant ce temps, le reste de la Normandie tend à ressembler à un désert non pas médical mais préfectoral. La dernière fois qu'on a vu Fabienne Buccio à Caen c'était... quand?

4) Et dans cette cuisine politicienne, nous avons la confirmation que l'étape gastronomique rouennaise est importante: il n'y a pas que la fête du Ventre à Rouen. Il y a aussi la... danse du ventre devant le buffet de la Macronie notamment chez certains élus socialistes rouennais qui s'interrogent quant à leur avenir dans une fabiusie finissante sinon crépusculaire. Manifestement, Rouen est une pomme bien mûre prête à tomber et entre Paris et Le Havre les Macronistes ou les Macronisés se verraient bien prendre la place rouennaise!

Lors du débat de politique général au début de la dernière assemblée plénière du conseil régional qui s'est tenue à Rouen le 15 octobre 2018, Hervé Morin a fait clairement allusion au fait que Nicolas Mayer-Rossignol était déjà en marche à Rouen pour les municipales de 2020 (à écouter sous le lien suivant à partir de 1h11). Dans le même débat, en réponse à une question plutôt pertinente de François Dufour le paysan écologiste du Sud-Manche, Hervé Morin régla aussi son compte au ci-devant ministre de l'agriculture Stéphane Travert sur la recentralisation de la gestion des fonds européens FEADER au risque de supprimer toute politique régionale agricole! (à écouter sous le lien suivant à partir d'1h16):

https://www.youtube.com/watch?v=U4LJNE3sQ9E

5) On se souviendra, enfin, que Valérie Fourneyron et Nicolas Mayer-Rossignol eurent les yeux de Chimène pour le regard clair de ce grand gaillard d'Edouard Philippe qui ne s'énerve jamais et que ce dernier le leur rend bien puisque ledit Edouard Philippe n'aime pas Hervé Morin, ce bouzeux qui élève des chevaux outre l'eau et qui parle de Normandie avec ses tripes... à la mode de Caen. On se souvient que le député-maire LR du Havre de l'époque avait d'abord salué la belle campagne du "socialiste" Nicolas Mayer-Rossignol avant de féliciter  le centriste Hervé Morin pour sa victoire lors des dernières élections régionales (décembre 2015). On avait trouvé le geste élégant, très républicain, nous aussi d'ailleurs...

Mais le "crotale normand" (c'est ainsi que Michel Onfray surnomme l'actuel Premier ministre) pensait déjà au coup d'après.

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Le coup d'après, nous y sommes:

Tenir l'Axe Seine entre Paris et Le Havre, le coeur battant de la Normandie, son centre de gravité qui fait tout l'intérêt national de notre région comme s'il s'agissait de mettre une belle pièce de viande au feu en l'enfilant sur une brochette!

Constituer un fief politique sur l'Axe Seine, mettre en marche une "bunkerisation" macroniste sur cet axe comme jadis Fabius l'avait fait autour de Rouen c'est le plus sûr moyen de faire... CREVER LA NORMANDIE!

Hervé Morin, en tant que président de l'association des régions de France, a rencontré mardi 16 octobre 2018 Emmanuel Macron qui a enfin compris qu'il avait vivement intérêt à se rabibocher d'urgence avec les territoires et les élus locaux. On peut être certain qu'il fut question, durant ce sommet entre les deux hommes, de l'avenir de l'Axe Seine et donc de l'avenir de la Normandie!

 Autre confirmation...

Dans les cabinets ministériels parisiens ça pavoise régional...

Mais pas à Matignon et encore moins dans les bureaux d'un ci-devant député-maire du Havre où l'on serait en peine de trouver un drapeau aux léopards normands entre deux pots à crayons siglés "L H". En revanche, dans l'ancien bureau occupé par Nicolas Hulot au ministère de l'Environnement, une demoiselle qui a travaillé aux relations publiques de quelques grands groupes agro-alimentaires se présente au ministre De Rugy afin de prendre la suite de Sébastien Lecornu parti chasser l'élu girondin dans les territoires (Nicolas Hulot appréciera...): une certaine Emmanuelle Wargon ici en pleine discussion avec François de Rugy et son petit drapeau breton qui s'était fait connaître comme député écologiste de Nantes militant en faveur de la réunification de la Bretagne avec Paul Molac et les amis de l'Union Démocratique Bretonne. C'était l'époque où François de Rugy avait des convictions... Comme aujourd'hui un certain... Hervé Morin!

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