Le 9 octobre 2018 à Lyon dans l'hémicycle de l'hôtel de région de "l'Avernorhodalpie" (région Rhône-Alpes-Auvergne) Hervé Morin était invité, au titre des Régions de France, à venir clôturer aux côtés du Président du Sénat Gérard Larcher les premières assises régionales des élus locaux organisées à l'initiative de Laurent Wauquiez, Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Dans sa conclusion, Hervé Morin souhaite le maintien et l'approfondissement de la décentralisation pour que le "pacte girondin" présenté par Emmanuel Macron lors de son discours au Sénat en juin 2017 en soit véritablement un...

Voir la captation video du discours pugnace d'Hervé Morin à Lyon: un certain Stéphane Travert en prend sérieusement pour son grade... Tant pis pour lui!

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https://www.youtube.com/watch?v=Y40ujfcO0J4&feature=youtu.be

De ce discours du président normand des régions de France, on retiendra les cinq points suivants:

1) Respect du principe de subsidiarité!

2) Ne surtout pas recentraliser la gestion des fonds FEADER: ce serait supprimer toute politique agricole régionale!

3) Clarifier les compétences: le handicap, le logement, l'environnement ne peuvent pas être gérés depuis Paris.

4) Finances: les collectivités territoriales réclament la stabilité de leurs finances!

5) Mener des politiques différenciées au plus près des réalités territoriales.

Hervé Morin rappelle qu'il veut la réussite de la France: il faut confier les politiques publiques aux élus en responsabilité sur les territoires pour plus d'efficacité c'est la solution pour redresser le pays. A l'heure où  partout menace la colère populiste contre la faiblesse des Etats européens face aux effets pervers de la Mondialisation néo-libérale, on n'a pas encore assez essayé dans notre belle France toujours autant marquée par le jacobinisme arrogant des inspecteurs des finances du XIIème arrondissement de Paris (Bercy), les solutions girondines...


 Les régions, laboratoires pour approfondir la démocratie?

"On ne peut pas interroger les citoyens, ce serait un aveu de faiblesse."

Fabienne Buccio, préfète de Normandie

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 Nous ne cessons pas de le dire et de l'expliquer ici et ce d'autant plus que l'identité normande a une dimension politique forte: dans le patrimoine normand, on trouve, en effet, le souci du droit et des libertés, le goût pour les réalisations concrètes et le souhait de prendre le temps d'une bonne et vraie discussion avant de décider.

Les politiques publiques régionales devraient donc faire l'objet d'un arbitrage collectif des citoyens de même que les grands projets de l'aménagement du territoire régional en développant, enfin, d'authentiques expériences de maîtrise d'usage démocratique: l'arrogance technocratique jacobine est en train de saboter la modernisation du pays car tous les grands projets sont plantés faute de mettre en oeuvre une véritable maîtrise d'usage démocratique. Dans notre pays, les débats publics, les enquêtes d'utilité publique, les concertations sont bidons car le préfet, les élus locaux, les haut-fonctionnaires ont toujours le dernier mot mais aussi parce que trop souvent, le projet présenté au départ de la concertation est déjà considéré comme définitif.

Cette panne de la démocratie française commence, d'ailleurs à inquiéter, les acteurs et décideurs qui portent des projets qui n'arrivent pas à se faire: l'acceptation sociale est dangereusement sous-estimée par les "institutionnels" de même que l'information du public avec, trop souvent, une infantilisation de ce dernier alors que dans la plupart des cas les citoyens veulent co-construire le projet pour l'améliorer.

A l'instar des pays de l'Europe du Nord, notamment les pays scandinaves qui disposent d'un Etat de droit plus mature que le nôtre et d'une pratique démocratique plus profonde que la nôtre, certaines régions françaises font en ce moment des expériences de démocratie réellement participative.

On vous présente deux exemples:

1) Le projet "Rev3" (pour 3ème Révolution industrielle) lancé en 2017 par la région des Hauts-de-France (sic!) à partir d'un diagnostic proposé par Jérémy Rifkin. Le projet s'est d'abord appuyé sur le réseau consulaire puis s'est élargi aux associations. Un livret d'épargne régional géré par le crédit coopératif du Nord a été lancé pour financer l'innovation. L'objectif est de lancer les projets industriels innovants dont on aura besoin pour faire la transition écologique avec le savoir-faire et les propositions de la population.

https://rev3.fr/

https://www.lesechos.fr/07/11/2017/lesechos.fr/030839666920_les-hauts-de-france--laboratoire-de-la-troisieme-revolution-industrielle.htm

2) Le projet d'une coopérative démocratique et participative nommée "Breizh cop" qui a pour but, bien évidemment, de fédérer les énergies, les savoir-faire et les initiatives innovantes pour lancer la transition écologique en Bretagne:

http://www.breizhcop.bzh/?oaq%5Bpassed%5D=0

Voici la présentation du projet breton:

Pourquoi une COP régionale ?

 

© L’oeil de Paco

La Région s’investit dans un grand chantier pour construire un nouveau projet de territoire pour la Bretagne. Tous les partenaires institutionnels, acteurs socio-économiques et citoyenne·s sont invité·e·s à s’y associer et à participer au processus inédit pour élaborer ce projet. L’ambition : maîtriser et accélérer la mise en œuvre de toutes les transitions en Bretagne : transition écologique, transition climatique, transition économique, transition sociétale mais aussi transition méthodologique.

Pour parvenir à fédérer et construire ce grand projet régional, la méthode retenue est celle de la Cop 21 (« Conférence des parties » en anglais), qui a abouti à l’accord de Paris sur le climat en 2015 : il s’agit d’associer toutes les parties prenantes autour d’un projet de développement durable et d’aller chercher une large participation citoyenne. La Région souhaite porter un projet pour toute la Bretagne et tous les Breton·ne·s.

Pour faire bouger les choses, ce projet s’appuiera aussi sur un « cahier des engagements », qui ouvrira à chacun·e la possibilité de contribuer à construire la Bretagne de demain. Lancée en 2017 par trois temps forts – le carrefour des transitions, le carrefour des territoires, le forum des mobilités -, la co-construction de ce nouveau projet pour la Bretagne se clôturera par un grand rendez-vous citoyen.

La Breizh COP s’inspire largement de la méthode et du fonctionnement des COP internationales. Pour cela, plusieurs pistes de réflexion sont à déterminer, à partir des principes initiaux de la COP, tels que :

  • La COP, c’est d’abord un espace de dialogue ouvert et permanent;
  • La COP, ce sont des objectifs chiffrés et une ambition commune, avec un principe de responsabilité commune mais différenciée ;
  • La COP, ce sont des dispositifs de solidarité à l’égard des acteurs les plus vulnérables dans la transition ;
  • La COP, ce sont des engagements volontaires, révisables à la hausse sur un temps long, parce que la transition ne s’exercera qu’avec les acteurs et citoyens du territoire.

 COMMENTAIRE DE FLORESTAN:

Nous aurions aimé vous présenter un projet normand de coopérative participative et démocratique sur le même sujet, à savoir, la mise en oeuvre d'une transition écologique grâce à une démocratie locale et régionale aussi authentique que concrète...

Hélas, nous n'en avons pas trouvé!

Hervé MORIN serait bien avisé de s'emparer assez rapidement du sujet pour proposer à la société civile normande de se mobiliser, elle-même, sur un grand projet d'avenir régional en mettant en oeuvre une vraie expérience de maîtrise d'usage.

Ainsi nous ferions coup double sinon triple:

1) refonder concrètement la démocratie

2) mettre en route une transition écologique régionale

3) renforcer l'identité normande