Le 23 octobre 2018 on pouvait lire dans l'édition quotidienne du Monde l'intégralité de l'article dont on pourra découvrir le début ci-après:

Cet article est la notice nécrologique de la "Fabiusie" à savoir, la transformation, à partir des années 1980, du département de la Seine-Maritime et du territoire de la métropole de Rouen en fief électoral voire en "bunker" politique inexpugnable pour en faire une véritable pépinière de jeunes dirigeants socialistes dévoués et obligés pour le seul profit de la carrière nationale d'un certain Laurent Fabius amateur de Ferrari rugissante, sauf à Rouen où il préférait rouler en 4L Renault locale...

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4 RL rouge "socialiste" sur un parking seino-marin: la Fabiusie, plus qu'un fief électoral, fut le parking où l'avenir normand fut abandonné des années durant...

Avec le recul du temps et de l'histoire, l'existence de la Fabiusie prorogée dans la Satrapie demi-régionale Levern jusqu'en 2013, a été probablement ce redoutable "château adultérin" qui a empéché des années durant toute idée de retour à l'unité régionale normande, surtout à partir de 2004 avec l'arrivée en Basse-Normandie d'une majorité politique partisane pourtant identique à celle qui régnait dans la ci-devant Haute. Laurent Beauvais ancien président de région socialiste en Normandie en sait quelque chose...

La Fabiusie est morte et c'est un certain... François Hollande, né à Rouen en 1956, qui a décidé de la mettre à mort quelques jours avant la commémoration internationale du 70ème anniversaire du Débarquement de 1944, le 6 juin 2014. Ce fut, assurément, une décision plus morale que politique: pour pouvoir commémorer le 6 juin devant le Monde entier avec l'âme tranquille, François Hollande a choisi la Normandie et le retour historique à son unité plutôt que de maintenir la boutique partisane d'un grand baron du "socialisme"...

La Normandie est désormais réunifiée depuis trois ans. Un projet normand se met en place avec une solution originale d'aménagement régional équilibré entre les trois principales agglomérations urbaines normandes. Rouen, gràce à Laurent Fabius, est devenue une métropole, à l'arrachée...

Mais Rouen n'est plus dans Rouen: la commune centre rive droite est dirigée depuis son agglomération rive gauche ce qui créé un problème original de gouvernance que l'on ne trouve qu'à Rouen. Certes, il existe d'autres métropoles où l'élu qui préside aux destinées de l'intercommunalité métropolitaine n'est pas l'élu de la commune centre. Mais dans tous les cas, la commune centre est la plus puissante, la plus peuplée et la plus étendue des communes de l'agglomération dont la présence est justifiée par la commune centre SAUF dans le cas de la métropole de Rouen où, tout à la fois, on trouvera le plus grand nombre de communes membres de la métropole et la commune centre la plus faible de toutes les métropoles françaises.

Voilà encore un héritage empoisonné de la Fabiusie  puisque le grand abbé commendataire très présent mais non résident divisait pour mieux régner...

Cependant, pour éviter que Rouen ne devienne définitivement un "espace interstitiel" (dixit Laurent Fabius lui-même au colloque du Havre sur le Grand Paris en mai 2010),  il faudra bien fusionner des communes autour de celle de Rouen pour renforcer le coeur même de la métropole rouennaise.

Et il faudra faire vite car après le démantèlement du "château adultérin" de la Fabiusie, voici qu'il s'en édifie un autre... Non plus depuis Rouen ou Paris. Non plus à partir du cumul des mandats entre le local et le national ce béton à prise rapide pour mouler un "baron" ou un "notable" mais depuis un smartphone ou un réseau social d'affinités ambitieuses à Paris, au Havre ou dans le département de l'Eure au profit d'une nouvelle clique partisane qui profite d'être aux affaires gouvernementales avec l'objectif de plus en plus clair et évident de transformer l'Axe Seine en fief électoral:

Edouard Philippe, Bruno Lemaire, Sébastien Lecornu et quelques autres encore, jadis habitués de quelques brasseries parisiennes branchées où les ambitions du nouveau monde politique ont pu s'exprimer en réemployant d'assez larges morceaux de l'ancien et peuplant, désormais, les cabinets ministériels du pouvoir parisien, mettent en péril l'unité normande comme autrefois Fabius et ses "Fafa boys"!

https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/10/23/en-seine-maritime-le-crepuscule-des-fafaboys_5373171_823448.html?fbclid=IwAR3p_1LQCfuiz3fm-u7YXxHBruuHHPNhtWUUKqOfYS6zmPA5JdpTOuC84JQ

Le délitement de l’empire fabiusien en Seine-Maritime

En trois décennies, Laurent Fabius s’était construit un fief électoral. A l’image du Parti socialiste, ce bastion périclite.

ls avaient mis près de trente ans pour construire cet empire de Seine-Maritime où Laurent Fabius régnait en maître. La débâcle du mandat de François Hollande et l’ampleur du tsunami macronien ont ruiné ce bel édifice, patiemment échafaudé. Alors que le PS national est au plus mal, avec la scission organisée par Emmanuel Maurel, suivi par plusieurs centaines de militants et d’élus, la Fabiusie se délite elle aussi.

Après avoir perdu, en 2015, le conseil départemental puis la région, les socialistes sont sortis laminés des législatives de 2017. Ils n’ont plus qu’un siège de député sur les dix qu’ils détenaient au temps de leur superbe. Ils ont surtout vu leur échapper « l’imperdable » circonscription de Grand-Quevilly (Seine-Maritime), celle que Fabius avait léguée à Guillaume Bachelay en 2012.

Redoutable machine de guerre

A l’aube des années 2000, les fabiusiens avaient tout conquis. Villes, cantons, conseil départemental, conseil régional, sièges de députés et de sénateurs…

Le curieux mélange entre élite parisienne et militants syndicaux concocté par l’ancien premier ministre de François Mitterrand s’était transformé au fil des années en une redoutable machine de guerre électorale. Et même si lui s’était éloigné, ses lieutenants géraient l’héritage. La vague de défaites socialistes les a mis à terre. Comme si leur bonne fortune les avait abandonnés.

Fin mars 1989, la journée est humide en ce printemps normand. Dans la salle du conseil municipal de Rouen, les socialistes ont le sourire. Sous les plafondsà la géométrie moderne imaginés par le designer Maxime Old, se déroule un moment historique : la fin de l’ère du « Roi Jean ».Jean Lecanuet, maire centriste de la capitale normande passe la main à un jeune énarque, ancien secrétaire particulier de François Mitterrand.