La République, au sens romain du mot c'est la "chose" publique dont l'intérêt général doit s'imposer aux intérêts privés fussent-ils plus puissants que la force publique.

La question est clairement posée à Caen... place de la République à l'occasion d'un projet immobilier commmercial très controversé imposé par le premier promoteur-bétonneur de la ville et le premier commerçant du centre-ville, à savoir le groupe Sedelka-Europrom (Malek Rezgui) et JEL Diffusion Le Printemps (Laurent Chemla).

Le maire de Caen, Monsieur Joël Bruneau a donc pris la responsabilité d'arbitrer en faveur de ces deux puissants intérêts privés contre l'intérêt général avec le vain espoir que les premiers pourraient, à moindre frais et avec plus d'efficacité, se subsituer au second.

Ainsi, au nom de l'objectif douteux d'assurer par le seul commerce l'avenir de l'attractivité du centre-ville de Caen notoirement concurrencé par une périphérie commerciale dévorante, le maire de Caen prend le risque:

1) De détruire le dernier carré de verdure encore présent dans la densité urbaine du centre-ville de Caen au moment où est scientifiquement démontré l'utilité des arbres pour climatiser naturellement les villes en période de canicule.

2) D'augmenter sciemment le risque d'inondation et d'ébranlement des immeubles anciens en soutenant la construction d'un nouveau parking souterrain cuvelé dans une zone très sensible et fragile après être intervenu auprès des services de l'Etat régalien en charge de veiller sur l'intérêt général républicain en dernier ressort...

Après la Faute sur Mer, la faute sur Caen l'amer?

Après intervention du maire de Caen, la version définitive du nouveau plan de prévention des risques multiples qui date de juin 2018 (qui en fut informé? Que font les journalistes?) autorise la construction du parking souterrain souhaité par Sédelka Europrom place de la République dans une zone où il était, d'abord, prévu d'interdire toute construction en sous-sol MAIS où l'interdiction de construire des sous-sols restera, cependant, maintenue!

Le jeu du deux poids deux mesures est très risqué puisque le gros pavé en béton cuvelé à jeter dans la boue du sous-sol caennais que l'on concède royalement à MONSIEUR Rezgui ne fera qu'augmenter le risque d'inondation  et le risque d'ébranlement des fondations chez tous les riverains... y compris chez MONSIEUR le préfet du Calvados qui loge dans le bel hôtel de Manneville classé MH situé rue Saint-Laurent, tout juste derrière...

Cherchez l'erreur!

C'est la raison pour laquelle quelques citoyens Caennais qui comme le conseille Paul Valéry s'occupent des affaires qui ne les regardent pas, ont décidé de jeter un pavé d'esprit public sinon républicain dans la boue du marigot des affaires locales...

Lire ci-après, les éclairages très... éclairants de Rudy L'Orphelin, conseiller municipal écologiste sur ce qui peut être considéré comme un véritable scandale:


 La municipalité veut-elle construire en sous-sol au mépris du risque d'inondation ?

 

Le plan de prévention multirisques de la basse vallée de l'Orne (PPR BVO), en cours d'élaboration, est un document d'ensemble qui doit venir se substituer à l'actuel PPRi (plan de prévention des risques d'inondation) en traitant à la fois du risque d'inondation par débordement des cours d'eau, du risque de submersion marine et du risque d'érosion. Il concerne 23 communes dont la ville de Caen. Son élaboration a été prescrite en 2016 par le préfet. Un premier projet de règlement, transmis par les services de l'État à la ville de Caen le 30 août 2016, prévoit l'interdiction de la création de caves et de sous-sols afin de se prémunir contre les conséquences des inondations dans différents secteurs de la ville de Caen dont celui de la Place de la République.

 

À cette date, nul n'ignore que le centre commercial annoncé par le maire de Caen sur cette place suppose la construction d'un parking souterrain de 450 places. Pourtant, le public ne sera jamais informé de son incompatibilité potentielle avec les projets de prescription du PPR BVO. Avec plusieurs de mes collègues, nous avions déjà eu l'occasion de soulever les risques que comporte un tel ouvrage dans une zone vulnérable aux inondations et par surcroît déjà suréquipée en parkings souterrains. Joël Bruneau avait toujours balayé un tel argument et s'était manifestement bien gardé d'évoquer le projet de PPR BVO.

 

Pire encore, dans un courrier en date du 22 décembre 2017, au beau milieu de l'opération de concertation engagée par ses soins sur la place de la République, Joël Bruneau s'adresse aux services de l'État  et leur demande de faire machine arrière : « L'interdiction de caves, sous-sols, parkings sous-terrains, activités en niveau inférieur (autorisés dans le PPRi actuel) doit être revue, s'agissant d'équipements indispensables au bon développement et aménagement de certains quartiers, sous réserve bien entendu de prescriptions correspondantes (enveloppe étanche, système d'avertissement etc...) » Sont particulièrement visées la zone B3 qui couvre la place de la République et la zone B4 qui couvre notamment le boulevard maréchal Leclerc et la presqu'île (voir plan ci-dessous).

 

De telles prises de position font malheureusement l'économie de questions pourtant cruciales qui auraient largement mérité un débat public et transparent quant à nos choix collectifs en matière de développement urbain. Ne doit-on pas prendre avec sérieux les prescriptions visant la protection de la sécurité des personnes et des biens face au risque d'inondation à l'heure où les experts ne cessent de nous alerter sur la multiplication probable des phénomènes climatiques extrêmes ? Au 30 août 2017, date à laquelle le projet du plan multirisques est transmis à la ville de Caen, le projet de parking sous le futur centre commercial de la place de la République était parfaitement connu. Pour quelles raisons Joël Bruneau a-t-il décidé de ne pas verser au débat des informations essentielles quant à la faisabilité d'un tel projet et ce, alors que les occasions de le faire n'ont pas manqué ?

 

La réponse à cette seconde question transparaît nettement à la lecture de la version 2 du projet de règlement du PPR BVO datée de juin 2018. On y constate que la plupart des prescriptions de nature à perturber les projets de la municipalité ont depuis lors été revues et corrigées. Ainsi en zone B3 (zone de la place de la République), l'interdiction des sous-sols est maintenue mais la création de parkings souterrains devient autorisé ! La pression mise sur les services de l'État aura donc été payante. Quant à savoir si ces prescriptions, à l'évidence contradictoires, sont bien à la hauteur des objectifs d'un tel plan de prévention et permettront de faire face aux effets attendus du changement climatique, la question reste entière.

 

Rudy L'Orphelin, 
Conseiller municipal de Caen

Conseiller communautaire de Caen la Mer


 

 

Voir l'extrait du plan cadastral avec les zonages des servitudes en terme de prévention des risques d'inondation dans la version définitive du plan de prévention des risques multiples (PPR BVO) datée de juin 2018:

 

En rouge: zone inondable déclarée inconstructible (la Prairie)

 

En bleu rayé: zone soumise à risque d'inondation  avec interdiction de construire des sous-sols et des parkings souterrains (Presqu'île portuaire et île Saint -Jean)

 

En bleu clair: zone soumise à risque d'inondation avec interdiction de construire seulement des sous-sols. Cela veut dire que seuls les parkings souterrains dûment étanches et cuvelés y sont autorisés: le cercle rouge indique l'emplacement du futur projet de centre commercial Sedelka avec son parking profond de trois niveaux avec 450 places qui est donc autorisé dans une zone où la nappe phréatique affleure déjà à - 2 mètres du sol carrossable et où les fondations et caves des immeubles historiques dont certains sont classés seront encore plus soumises à la pression ainsi exercée sur la nappe phréatique avec un risque accru d'inondation voire de fissures et d'ébranlement des bâtiments.

 

Les élus de la majorité municipale ont beau jeu de rassurer les citoyens habitants du centre ville de Caen en nous disant que les futurs parkings souterrains et sous-sols imposés par les promoteurs-bétonneurs  (pour assurer l'équilibre financier des opérations immobilières qu'ils engagent) seront sécurisés (cuvelage étanche, alarmes, seuils d'accès placés au dessus de la cote d'alerte) mais il n'en sera pas de même pour les immeubles plus anciens voire historiques riverains, notamment autour de l'actuel place de la République...

 

On remarquera, enfin, que les services techniques de la municipalité anticipent l'impact du futur bâtiment sur le circuit des eaux pluviales en éventrant les rues entourant la parcelle aux tilleuls avec d'imposants travaux de réseaux avec, en particulier, la pose d'un énorme bassin souterrain de rétention (33 mètres de long) au prix de la destruction définitive des ultimes vestiges archéologiques de la façade de l'ancien hôtel de ville/ séminaire des Eudistes datant du XVIIe siècle et détruit en 1944...

 

RISQUE: vengeance de la réalité qui survient quand on refuse de voir le réel que l'on n'aime pas voir au point de ne pas en parler pour mieux se convaincre qu'il n'existe pas.

 

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Lire ci-après le bulletin officiel de communication de crise de la municipalité proposé par Ouest-France (édition caennaise du 27/28 octobre 2018):

On précisera à nos lecteurs que ce journal a été alerté par Rudy L'orphelin de la gravité de ce sujet depuis le 15 octobre 2018...

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Commentaire de Florestan:

De cet article qui évite de facher personne et oublie de rappeler le fait essentiel qui est de savoir quels seraient les conséquences d'un nouveau parking souterrain cuvelé dans le sous-sol caennais, on retiendra cette citation au sujet de la place éminente de l'eau dans la géographie caennaise de l'inénarrable Ludwig WILLAUME, l'élu de la majorité municipale en charge de suivre le dossier de la place de la République:

"Les Caennais connaissent ce risque et savent que les élus sont responsables..."

... Devant la justice?