"Dessine moi un mouton!" demande le petit prince imaginé par Saint-Exupéry. "Dessine moi plutôt une métropole! et évite les acronymes abscons car je parle encore la langue de Molière et de Corneille" pourra demander le citoyen normand pas encore découragé dans son intérêt pour les affaires publiques et institutionnelles apparemment complexes qui concernent le quotidien et l'avenir de sa région...

Tout d'abord "POPSU" signifie: "Plateforme d'observation des projets et stratégies urbaines". PUCA signifie: Plan Urbanisme Construction Architecture. Il s'agit, ensuite, de mettre en oeuvre une observation scientifique des projets urbains métropolitains en France afin de mieux documenter le fait métropolitain et d'anticiper les évolutions comme les enjeux dont certains sont politiques sinon polémiques (par exemple: le rôle réel des métropoles dans la fracture sociale et territoriale qui traverse notre pays). Enfin, la métropole de Rouen Normandie présente des traits d'originalité ou des réalités plus marqués qu'ailleurs qui peuvent témoigner du fait qu'une grande partie de l'avenir du pays se joue dans les choix politiques faits par les élus des métropoles. Par exemple, à  Rouen, il s'agit d'innover non pas pour sortir de l'industrie mais pour créer l'industrie du XXIe siècle compatible avec les enjeux de la transition écologique: le technopôle du Madrillet est notamment très en pointe pour la mise au point du véhicule autonome et pour la recherche-développement sur les nouvelles motorisations...


 Première rencontre POPSU – Métropole Rouen Normandie : le lancement d’une démarche de recherche originale articulée à un programme national sur l’observation des métropoles

publié le 29 octobre 2018
La Métropole Rouen Normandie a choisi de s’engager avec d’autres métropoles françaises dans le programme national de recherche de la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines, initié par les Ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales (Plan Urbanisme Construction Architecture).

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Voir aussi le communiqué de presse officiel diffusé après cette réunion:

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/cp_popsu_261018.pdf


On vous invite à lire surtout le texte de synthèse qui présente la démarche "POPSU" à Rouen dont la première partie s'intitule: "Rouen la métropolisation et les autres: le contexte institutionnel et territorial":

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/guidepopsu4_003_.pdf

 De ce texte de présentation, on a prélevé, bien entendu, le paragraphe à lire ci-après qui nous semble assez symptômatique d'une triple difficulté:

1) Dans la norme de la géographie urbaine française écrasée par le modèle dominant de l'hypermétropolisation centrale (Paris réplique son modèle à toutes les échelles: ce sont les fameux "petits Paris de province" reliés au Grand Paris par la toile d'araignée du TGV) le cas normand structurellement polycentrique est une originalité.

2) C'est plus difficile d'être original et de penser l'originalité que de faire et de penser comme partout ailleurs... Ainsi ce qui serait vraiment "artificiel " ce serait de continuer à Rouen d'ignorer Le Havre et Caen et le reste du réseau urbain normand tout comme il serait tout autant "artificiel" et illusoire d'ignorer à Caen et au Havre le poids relatif (sinon le premier poids relatif régional avec 25% des emplois normands) de la métropole de Rouen en Normandie!

3) Rouen ne se pense pas ENCORE comme une vraie métropole régionale (la Normandie? ça vous dit quelque chose? Non?) mais comme une agglomération que l'on dira, excusez ce néologisme géographique... corridorienne: certes, il ne s'agit pas de nier la réalité la plus prégnante. A moins d'une heure d'autoroute de Rouen, depuis les hauteurs de Chambourcy, surgissent des horizons verdoyants de la forêt de Saint- Germain tant les hautes tours de La Défense que la Tour Eiffel. Mais les décideurs Rouennais doivent de toute urgence sortir de leur cuvette car au fond de toutes les cuvettes, il y a une bonde reliée à un tuyau, une canalisation, un corridor, comme ils disent.

On leur conseille d'élargir la rive gauche de la Seine jusqu'à Cherbourg et la rive droite jusqu'à Dieppe ou Le Tréport pour que la métropole de Rouen soit ENFIN la métropole régionale d'équilibre du Nord-Ouest que les plombiers de l'Etat central aménageur ont refusé de mettre en oeuvre dans les années 1960 pour préférer l'idée simple au point d'en être grandiose (un lieu commun à la Flaubert) d'une tuyauterie reliant Paris à la Mer...

Citation:

LA MÉTROPOLE ET LES AUTRES
La relation aux autres s’inscrit dans un cadre paradoxal.
Moins peuplée que la Ville du Havre, la Ville de Rouen
compte autant d’habitants que la Ville de Caen, ce qui nourrit
-chez certains – dans une logique d’équilibre géographique
et politique- l’idée d’une Métropole normande, unique et
à trois têtes, Caen- Rouen- Le Havre, dans une forme de
continuité urbaine et routière fédérant agglomérations et
villes moyennes. Cette vision qui a été largement portée au
moment des élections régionales de 2015 et de la
« réunification »
de la Normandie a été confortée symboliquement
par les arbitrages de la nouvelle Région installant le siège du
nouvel exécutif à Caen et répartissant l’organisation de ses
séances plénières entre les 3 villes. Cette vision – encore très
artificielle aujourd’hui- ne rend néanmoins pas compte de
dynamiques profondes en cours.
Ainsi, le territoire est engagé depuis bientôt 10 ans dans un travail de plus en plus dense autour du développement de
la vallée de la Seine, débouché maritime et fluvial naturel et corridor (sic!) portuaire de Paris à la mer, doté d’un réel potentiel
économique, touristique et paysager. Apparue dans le cadre des
des travaux de l’AIGP, au travers des propositions de l’architecte- urbaniste Antoine Grumbach, qui projette
« la vallée de la
la Seine comme le cadre d’une grande métropole mondiale,
où l’urbain et la nature seraient réconciliés, Paris, Rouen,
Le Havre enrichissant cette région capitale de leurs identités
propres »,
cette séquence nouvelle de développement a été
consolidée par la nomination d’un Délégué Interministériel
au développement de la vallée de la Seine et la conclusion
d’un Contrat de Projet Interrégional confortant une série
d’investissements d’infrastructures stratégiques (900 M€)
indispensables aux Ports de Rouen et du Havre en particulier.
La construction de cette action publique a permis également
de renforcer de nombreuses collaborations, notamment celle
des agences d’urbanisme, de fédérer des initiatives et un dis
-
cours partagés, esquisses d’une collaboration plus profonde
qui pourrait être nouée entre les EPCI le long de la Seine et
que commencent à envisager conjointement le Pôle Mé
-
tropolitain de l’Estuaire de la Seine et le Pôle Métropolitain
Rouen-Seine-Eure

 

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